Cannibalisme au 19e siècle Des cannibales exposés dans des foires Le fait de manger des êtres de sa propre espèce s’appelle le cannibalisme. On emploie souvent ce terme quand ils ‘agit d’espèces animales sans ressentir ni mépris, ni répugnance. Cette attitude très tolérante vis-à-vis d’animaux se montrant cannibales à l’occasion est due à notre sentiment de supériorité face à toutes les autres espèces.
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Le 19e siècle se caractérise par un désir d’expansion des Européens. Comme le chante Michel Sardou « c’est le temps des colonies ». La France et l’Angleterre sont les deux pays européens les plus expansionnistes. Au 19e siècle, la religion et tout particulièrement le Christianisme est encore très puissant. La supériorité de la civilisation occidentale est associée aux enseignements de l’Eglise.
Pahouin. Photo parue dans Le Miroir le 3 mai 1914. Licence Partant de cette « évidence », les colonisateurs ne peuvent qu’avoir un regard méprisant face aux peuplades indigènes d’Océanie, d’Amérique ou d’Afrique. Ce mépris, fortement teinté de paternalisme, est particulièrement exacerbé quand ils ‘agit de peuplades cannibales. Officieusement, il s’agit avant tout de s’approprier des nouveaux territoires et leurs richesses. Officiellement, l’Eglise se doit de civiliser ces « sauvages » qui ne réagissent qu’en fonction d’instincts primitifs indignes du statut d’être humain.
Affiche de l'Exposition Coloniale de Paris en 1931. Licence Pour comprendre les exhibitions qui ont eu lieu tout au long du 19e siècle et jusque dans les années 1930, il faut comprendre le contexte. L’indigène est bien plus assimilé à un animal qu’à un être humain.
Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) est un célèbre naturaliste. On lui doit notamment l'Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, en 36 volumes parus de 1749 à 1789. Buffon est un homme du 18e siècle. A ce titre, l’homme a une âme douée de raison ce qui le place au sommet de la création
Niam-Niam (1877-1880). By Richard Buchta . Licence Pourtant, Buffon a commis certains « dérapages ». Il a mis en avant une théorie prônant l’infériorité des Indigènes du Nouveau Monde par rapport aux civilisations occidentales.
Illustration du cannibalisme au Brésil. 1557. By Hans Staden. Licence Il n’empêche qu’au 19e siècle, d’autres grands scientifiques se posent à peu près les mêmes questions. On peut notamment citer Georges Cuvier. Ce naturaliste français (1769-1832) est tenu pour le fondateur de l'anatomie comparée et de la paléontologie.
Papous cannibales (1875). Licence Le célèbre explorateur et missionnaire écossais, David Livingstone (1813-1873), présentent les Noirs africains comme un maillon primitif de l’espèce humaine à l’origine simiesque incontestable. La plupart des intellectuels de l’époque partagent ces idées et n’hésitent pas à les diffuser auprès du public.
De soi-disant anthropophages exhibés au Jardin des Plantes à Paris (vers 1878-1880). Licence De plus, les explorateurs ramènent de leurs expéditions en Afrique ou en Océanie de terribles histoires sur ces peuplades cannibales qui marquent l’esprit de leurs contemporains. Les journaux de l’époque font leur Une en détaillant les combats menés contre les sauvages tels les Niam-Niam (terme péjoratif qui signifie grands mangeurs). Il s’agit en réalité des Zandés, un peuple d’Afrique centrale, les Fangs du Gabon ou les Kanaks de Nouvelle-Calédonie.
Guerriers Niam-Niam « Au coeur de l'Afrique. trois ans de voyages et d'aventures dans les régions inexplorées de l'Afrique centrale». G. Schweinfurth (1868-1871). Licence Les missionnaires savent qu’il s’agit de cannibalisme rituel plutôt épisodique mais mettent surtout en avant de prétendus besoins alimentaires.
Le cannibale n’étant pas considéré comme un homme, nul à cette époque ne voit d’objection à exhiber dans des cages ces « animaux exotiques ». Le public est horrifié et fasciné par ces cannibales.
Néo-calédoniens anthropophages (Vers 1900). Licence Dans toute l’Europe, des spectacles sont organisés. On exhibe dans des baraques ou des cirques des soi-disant cannibales ramenés de pays lointains. En 1870, le Jardin d’Acclimatation de Paris propose un spectacle de cannibales. Il s‘agit d’une famille.
Pavillon de la Nouvelle-Calédonie à l'Exposition Coloniale de PARIS en 1931. Licence En 1931, l’Exposition coloniale internationale est organisée à Paris. L’objectif est de montrer au public tout ce qui a été rapporté en France lors des colonisations de l'Afrique noire, de Madagascar, de l'Afrique du Nord, de l'Indochine, de la Syrie et du Liban.
Pavillon de l'Afrique Equatoriale Française à l'Exposition COloniale de Paris en 1931. Licence Et bien sûr, elle propose son spectacle de cannibales. Une centaine de Kanaks de Nouvelle-Calédonie sont présentés comme « d’authentiques cannibales ». V. Battaglia (30.01.2010) |











