Calmar de Humboldt Le calmar de Humboldt (Dosidicus gigas) ne doit pas être confondu avec le calmar géant (Architeuthis dux) qui est beaucoup plus grand. Cependant, ce calamar atteint quand même une longueur de près de 2 mètres. Le calmar de Humboldt fait partie de la famille des Ommastrephidae. Cette famille comprend 21 espèces de calmars.
|
Ce calmar peut mesurer 1,80 m bien que la moyenne soit plutôt d’1,60 m. Les populations évoluent dans les eaux du Pacifique, du nord de Tierra del Fuego à la Californie. La tête est dotée de deux énormes yeux qui peuvent atteindre deux fois la taille des yeux humains. Leur acuité visuelle très sophistiquée en fait de redoutables prédateurs. Les yeux sont sensibles à la lumière polarisée ce qui améliore la détection des proies.
Comme tous les calmars, il possède 8 bras et deux tentacules qui sont dispersé autour d’une bouche vorace dotée d’un bec très acéré. Vient ensuite la partie charnue : le manteau. Ce dernier est très musclé et protège les organes internes. Avec sa forme profilée, le calmer de Humboldt semble toujours en mouvement, virevoltant dans l’eau à très grande vitesse. Les deux nageoires triangulaires sont attachées au manteau et servent à « planer » et à manœuvrer.
Les Céphalopodes peuvent changer de couleur. Le calmar de Humboldt envoie fréquemment des sortes de flash lumineux en changeant tout simplement la couleur de sa peau. Peut-être est-ce un moyen de défense vis-à-vis des prédateurs ? Les scientifiques qui étudient les calamars sont persuadés que ces animaux communiquent entre eux. Les éclairs lumineux font peut-être partie de ce mode de communication dont nous ne savons rien.
Calmar de Humboldt échoué sur une plage californienne. By drgflyorng . Licence Comme les autres Céphalopodes, ce calmar laisse une traînée d’encre derrière lui pour dissimuler sa fuite. Cette encre contient de la mélanine, un pigment semblable à celui qui teinte la peau humaine.
Le mode de vie du calmar de Humboldt conserve de nombreux points d’interrogation. Il n’est pas possible de l’étudier en captivité car un individu captif meure au bout de quelques jours. L’étudier dans son environnement naturel est très difficile car la plupart du temps, il évolue à des profondeurs inaccessibles pour un plongeur. Ces calmars voyagent en grandes colonies. La journée, ils restent à des profondeurs d’au minimum 200 m et descendent à environ 700 m.
Spécimens étudiés en 2007 en Californie. (Capture d'écran TV) C’est à ce moment là qu’ils peuvent être observés. En 2003, le National Geographic a réalisé un documentaire passionnant sur ce calmar. Bob Cranston, caméraman et photographe, a eu quelques frayeurs en essayant de les filmer. Ce type de plongée est très difficile et nécessite un matériel spécifique. Rien que la remontée prend environ une heure en respectant les paliers. On peut observer dans ce documentaire que le calmar de Humboldt porte bien son nom de diable rouge. Ces calmars pratiquent le cannibalisme.
Calmar de Humbolt en Californie. By drgflyorng . Licence Pendant la mission financée par le National Geographic, 1000 calmars ont été marqués afin d’en apprendre plus sur leur migration. Les déplacements des calmars de Humboldt restent à ce jour bien mystérieux. Les pêcheurs mexicains du Golf de Californie vivent de cette pêche qui s’avère cependant très aléatoire. Nous savons qu’ils fréquentent la côte américaine du Pacifique depuis le nord de l’Oregon jusqu’au sud du Chili où nous perdons leurs traces. Les scientifiques ont constaté que les calmars migrent de plus en plus vers le Nord, jusqu’à l’Alaska. La reproduction de cette espèce est très mal connue. Les accouplements se font très probablement à des profondeurs inaccessibles aux observateurs.
La longévité de la plupart des céphalopodes est très courte, un an par exemple pour la seiche. La longévité des calmars est à peu près identique.
Ce calmar est pêché de manière industrielle par le Mexique. Pour ce pays, l’espèce a un poids économique important. La population mondiale n’est pas connue. On peut simplement constater que l’activité humaine a un impact sur leurs migrations.
Gros plan sur les tentacules lors de l'invasion de 2007 en Californie. (capture d'écran TV) Cette invasion était très probablement due à la diminution de leurs principaux prédateurs, chassés eux-mêmes par l’homme ainsi qu’aux changements climatiques. V.Battaglia (03.05.2008)
Règne : Animalia
Documentaire du National Geographic « Diables des profondeurs » 2003 |






