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Vipère fer-de-lance

Bothrops lanceolatus est communément appelé vipère fer-de-lance de la Martinique. Le Trigonocéphale est en effet endémique à la Martinique. C'est d'ailleurs ce serpent qui est présent sur le drapeau non officiel martiniquais, imaginé par la Marine marchande en 1766.

Portrait du fer de lance de la Martinique

Il existe deux populations distinctes, une au sud de l'île et l'autre au nord. Ce serpent évolue dans les forêts tropicales humides, jusqu'à 1 300 m d'altitude.
Les plus grands spécimens peuvent atteindre 2 m de long. La taille moyenne est d'1,50 m.
La couleur de la robe est variable : grise, brune ou jaune.

On ne sait pas pourquoi ce serpent a autant prospéré sur cette île alors qu'il n'a jamais été observé sur la plupart des autres îles des Caraïbes. Une population beaucoup plus limitée existe en Guadeloupe.

Drapeau Martinique

Drapeau des serpents. Drapeau de la Martinique (Public Domain Dedication)

Bothrops lanceolatus est très proche de Bothrops caribbaeus, qui vit sur l'île de Sainte-Lucie. Ces deux espèces ont un ancêtre commun.

Cette vipère peut vivre jusqu'à environ 13 ans en captivité.

Le Trigonocéphale et l'homme

Cette vipère possède un venin très toxique et différent de celui des autres vipères. En fonction de la quantité de poison injectée et de la résistance de la proie, la mort peut intervenir en quelques minutes et jusqu'à quelques heures.

Le venin libère la bradykinine, un puissant agent hypotenseur. Ce venin a été largement étudié depuis la fin du 19e siècle, principalement par des scientifiques brésiliens qui ont travaillé sur les premiers médicaments.

Bothrops lanceolatus

Bothrops lanceolatus. Enquête sur le serpent de la Martinique 1859. Biodiversity Library

La morsure provoque une très intense douleur suivie d'un oedème important. Les propriétés uniques du venin peuvent entraîner une thrombose, un accident vasculaire cérébral, une embolie pulmonaire ou un infarctus du myocarde.
Un traitement homéopathique est vendu sans prescription médicale : Bothrops lanceolatus 5 CH (Hémorragie) et 15 CH (Thrombose).

Si aujourd'hui, le fer de lance ne constitue plus un réel danger pour l'homme, cela n'était pas le cas jusqu'à la moitié du 20e siècle.
Au 19e siècle, le fer de lance était particulièrement redouté de la population. Aucun sérum n'existait et la morsure, fréquente, était mortelle. L'homme a donc eu l'idée d'importer des Indes des mangoustes pour lutter contre ce prédateur.
Mais, l'expérience a totalement échoué.

Leur implantation aux Antilles et à Hawaï au XIXe siècle par l’homme a déséquilibré les écosystèmes et répandu la rage.

Le sérum a été fabriqué par l'institut Pasteur.

Au 19e siècle, Bothrops lanceolatus n'avait pas encore été étudié et faisait l'objet de nombreux mythes. Je vous propose un extrait très évocateur d'un ouvrage publié en 1859 et intitulé Enquête sur le serpent de la Martinique.

Lorsque je publiai ces recherches, pour la première fois, dans le journal des Antilles, j'étais à la Martinique, en présence du Fer de lance, qui y règne féodalement. De là, cette forme
et ce titre d'enquête. Mes renseignements étaient recueillis, de la bouche des témoins oculaires, des méfaits de ce serpent et souvent même de celle de ses victimes : Des veuves et des orphelins, des mutilés d'un bras ou d'une jambe ; ou, chose plus horrible encore, d'aveugles, de muets, de paralysés, par l'elïet du terrible venin !

Même, ces affreux serpents, sur la tête desquels j'appelle la vindicte du genre humain, n'ont pas manqué de défenseurs !
Ils ont trouvé dans la doctrine des causes finales un refuge aussi impénétrable que celui que leur offrent les épaisses forêts qu'ils habitent. On les a placés sous la protection de cette idée
de sagesse et de bienveillance infinies, sans laquelle nous ne pouvons concevoir Dieu. On leur a assigné un rôle nécessaire dans la création. Ils ont été considérés comme l'un des agents les plus actifs de cette grande et incessante élaboration de la vie dont le monde est le théâtre. Dans le roulement des êtres, ils seraient destinés à arrêter la nombreuse fécondité des petits rongeurs si funestes à nos récoltes ; c'est à ce titre que les habitants de nos îles, malgré les dangers que leur fait courir le Fer de lance, n'osent point se plaindre de sa présence dans leurs plantations de cannes à sucre.

Qu'est-ce à dire, les serpents auraient aussi leur mission ! Les supprimer, ce serait déranger l'équilibre du monde, d'où la moindre pièce ne peut être enlevée sans laisser un vide ! Car tout est connexe dans les actes de la nature ; rien n'est estimé mauvais qui, d'un autre point de vue, ne puisse paraître bon !

Classification: Animalia. Chordata. Reptilia. Squamata. Viperidae. Crotalinae. Bothrops

V. Battaglia (07.08.2013)

Fer de lance . (Bothrops atrox)

Références

Enquête sur le serpent de la Martinique [vipère fer-de-lance, bothrops lancéolé, etc.] de Rufz, E.1859 . Biodiversity Library
Bothrops lanceolatus. Homéopathie conseils
Bothrops lanceolatus sur The Reptile Database
Bothrops lanceolatus. The Ultimate Pitviper. Juan Timms Rangel
Bothrops Lanceolatus. Betascript Publishing 2011

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