Portrait des blaireaux
Les blaireaux sont puissamment bâtis. Le corps est robuste et ramassé, porté par de courtes pattes griffues, ce qui confère à l’animal un dandinement caractéristique dans sa démarche et des mouvements parfois gauches.
Néanmoins, quand il le faut, le blaireau est capable de réelles performances : galoper à 25 km/h.

Blaireau . By Keith Marshall
La tête de l’animal est l’élément distinctif le plus marquant du blaireau, en raison de sa coloration bicolore, noire et blanche.
Tous les blaireaux partagent la forme et la bichromie de la tête. Cependant, des nuances d’envergure et de pigmentation permettent de situer avec exactitude l’origine géographique des espèces.
 Le blaireau eurasien est le plus imposant de tous, avec un poids qui peut atteindre 20 kg. La femelle est plus petite avec un poids d’environ 10 kg. Il vit dans la plupart des pays d’Europe, en Russie et au Japon. Il affectionne les régions boisées.

Blaireau d'Europe. © Terra Nova
Il peut monter aux arbres en s’agrippant à l’écorce des troncs. La forêt de Fontainebleau, près de Paris, abrite une grande population de blaireaux.
 La silhouette du blaireau américain est proche de son cousin européen mais le marquage de la robe est différent : présence de tâches noires sur le pelage blanc des joues et d’une mince raie blanche qui prend naissance au museau et peut se prolonger jusque sur le dos.

Blaireau américain. © Terra Nova
Son aire de répartition comprend le centre et le sud-ouest du continent américain jusqu’au Nouveau-Mexique.
Cette espèce se sent plus à l’aise en plaine ou dans un champ cultivé. Il semble plus apprécier l’eau que les autres espèces et aime se baigner les jours de grosse chaleur.
Il peut s’associer avec le coyote pour chasser pour « lever » les rongeurs de leurs terriers. Partenaires, ils peuvent devenir ennemis mais c’est souvent le blaireau qui prend le dessus.
 Les blaireaux asiatiques sont moins massifs (environ 12 kg) et leur tête effilée, terminée par une large truffe, leur a valu le surnom de blaireau-cochon.
 Les blaireaux de Java et de Palauan ont la même carrure que les blaireaux-furets (2 kg environ). Leur capacité à projeter sur l’ennemi les sécrétions musquées de leur glandes anales leur vaut l’appellation de blaireaux-puants.

Blaireau à collier. © Terra Nova
 Les blaireaux-furets d’Asie, très légers, sont de bons grimpeurs qui débusquent facilement les œufs et les oisillons au nid.
Les autres blaireaux d’Asie sont très discrets et vivent à haute altitude. Dans l’île de Sumatra, il peut vivre à plus de 3 500 m.
Principales caractéristiques morphologiques :
- Lorsqu’il creuse la terre, le blaireau peut obturer ses oreilles en rabattant leur pavillon vers l’avant
- Le museau est très mobile. En bon fouisseur, l’odorat est excellent. Une fine membrane interne clôt les narines quand il creuse
- Pattes puissantes équipées de 5 doigts griffues
- Les glandes anales et sous-caudales (sous la queue) sécrètent un liquide jaune, huileux et très musqué. Chaque blaireau possède une odeur spécifique
Vie sociale du blaireau
Le blaireau mène une vie pacifique au sein d’un groupe. Son sens social est très développé. Un clan de blaireaux est une vraie structure familiale avec environ 6 individus, souvent un couple d’adultes et leur progéniture.
A la tête du clan se trouve le mâle dominant. La femelle est appelée blairelle et les petits, blaireautins.
Sédentaires et nocturnes, les blaireaux vivent sur un territoire délimité. Normalement pacifiques, les blaireaux peuvent se transformer en guerriers si des congénères envahissent leur territoire. Le combat territorial peut être très violent.

Blaireau qui prend la pose. By Local Surfer
La taille du territoire dépend des disponibilités alimentaires. Il s’étend d’une vingtaine d’hectares à plus de cent hectares.
C’est le terrier du blaireau qui constitue le cœur du groupe social. Il est constitué d’un réseau complexe de tunnels et de chambres ainsi que de plusieurs entrées.
Certains grands terriers peuvent s’étendre sur près d’un hectare.
Un terrier familial peut être utilisé par plusieurs générations. Les chambres servent de latrines, de cimetière et surtout de dortoir.
Ces terriers sont parfaitement organisés à plusieurs mètres de profondeur : fosses d’aisance, chambre-nurserie où la blairelle élève ses petits, une ou plusieurs chambres de repos.

Clan de blaireaux qui part en quête de nourriture. By Local Surfer
La litière d’herbes séchées est régulièrement changée et les galeries sont régulièrement inspectées.
Le blaireau ne sort de sa tanière qu’à la nuit tombée. Les adultes vont explorer leur territoire et les jeunes se détendent sur les aires de jeux. En effet, les blaireautins sont des joueurs invétérés disposant de lieux dédiés à leurs ébats et surveillés par des adultes.

Le pelage d'été est plus terne. By Slambo 42
L’hiver, le rythme de vie du blaireau se ralentit. Il n’hiberne pas au sens strict du terme mais tout le clan sombre dans un long engourdissement.
Ils restent inactifs dans leur terrier, vivant sur les réserves de graisse accumulées pendant le printemps et l’été.
L’alimentation du blaireau
Bien que classés dans l’ordre des Carnivores, les blaireaux sont omnivores. Ils se nourrissent de tout ce qu’ils peuvent trouver sur leur territoire.
Opportuniste, c’est un chasseur médiocre.

Ce blaireau fouille le sol pour trouver des vers. By Nat Bat
La nourriture favorite du blaireau eurasien est le vers de terre, et plus particulièrement le lombric.
Pendant la saison sèche, il change son menu et se tourne vers les batraciens. Il les dépèce car il sait que leur peau est toxique.
En été, la consommation de céréales est élevée. Le reste de l’année, il complète ses repas avec des escargots, de jeunes rongeurs ou des lapereaux.
Ses menus sont toujours agrémentés d’insectes ou de leurs larves.

L'odorat est prépondérant chez le blaireau. By Kiwêhowin
Opportuniste, le blaireau mange ce que son environnement lui offre en fonction des saisons : fruits dans les vergers ou raisins dans les vignobles.
Le blaireau américain est plus carnivore. Il accumule d’importantes quantités de gras pour se préparer aux hivers rigoureux.
Outre les céréales, les fruits ou les insectes, il s’attaque également aux serpents, aux volatiles et aux petits vertébrés.

Blaireau d'Amérique face à un crotale. By Nick Lawes
Il constitue des réserves avec les proies importantes en les stockant dans des trous.
La reproduction
Les premiers accouplements s’effectuent en avril mais parfois dès février. En principe, le mâle dominant est prioritaire mais pour éviter toute consanguinité, femelles et mâles indépendants s’accouplent.
Les accouplements déclenchent l’ovulation mais la gestation proprement dite ne débute qu’en décembre. L’ovule fécondé reste dans l’utérus sans s’implanter dans la paroi utérine pour entamer sa croissance.
Si la gestation ne dure que 7 semaines, elle est différée de 7 à 8 mois et les naissances ont lieu au mois de février.
La femelle met au monde entre 2 et 5 petits dans une chambre du terrier. Aveugles à la naissance, ils restent dans le terrier pendant environ un mois.
A 6 mois, les blaireautins jouent et font de fréquentes sorties nocturnes sous la surveillance de leur mère.

Un bébé blaireau. By Duncan
Vers 7 mois, ils atteignent leur taille adulte, pour devenir sexuellement matures vers un an. A 18 mois, ils sont totalement indépendants.
Leur espérance de vie dépasse 10 ans mais la moitié des jeunes meurent avant leur première année.
Le blaireau et l’homme
Les blaireaux d’Europe et d’Asie ont peu d’ennemis naturels à part l’homme. Par contre, les parasites tels que les tiques, les poux ou les puces, leur causent de nombreux problèmes.
Leur pelage est infesté de ces parasites. Ces derniers peuvent leur inoculer un virus de la tuberculose, capable de foudroyer les animaux d’élevage.
Les éleveurs tuent les blaireaux pour éviter la contamination.

Un blaireau qui se détend. By Nick Lawes
Les blaireaux ont hérité de la tuberculose bovine en Angleterre dans les années 70. Ils ont ensuite retransmis cette maladie aux cheptels.
La circulation routière tue énormément de blaireaux chaque année, surtout en Europe.
Le blaireau a toujours été chassé. Sa graisse a été utilisée comme lubrifiant dans le tannage du cuir. Elle servait également à fabriquer des onguents et des savons.

Que c'est bon les gratouilles ! By Keith Marshall
Le pelage dense de l’animal est surtout connu pour la confection des ustensiles de rasage. C’est par centaines de milliers que les blaireaux ont été massacrés pour cette utilisation, interdite dans les années 70, sauf au Japon.
En Amérique du Nord, la fourrure du blaireau a été largement exploitée pour confectionner notamment des pelisses à col de blaireau.
En Angleterre, le blaireau est souvent domestiqué. Cette domestication a été réglementée afin d’éviter la propagation de certaines maladies.
Le blaireau est en effet un animal docile qui se laisse facilement approcher et apprivoiser.

Blaireau apprivoisé qui veut un calin. By Keith Marshall
En Amérique du Nord et en Europe, les populations sont assez stables. Par contre, les espèces asiatiques sont beaucoup plus menacées.
Les blaireaux-furets d’Asie du Sud-Est sont inscrits sur la Liste rouge de l’IUCN comme espèces vulnérables.
V.B (11.02.2008)
Classification
Règne : Animalia
Phylum : Chordata
Sous-phylum : Vertebrata
Classe : Mammalia
Sous-classe : Theria
Infraclasse : Eutheria
Ordre : Carnivora
Sous-ordre : Caniformia
Famille : Mustelidae
Sous-famille :Mustelinae
15 genres et 46 espèces
Références principales et Crédit photographique
Le Blaireau. Collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux. Les Mustélidés ; pp.134 et 136. Editions Larousse 2006
Les photos (sauf copyright) sont sous licence creative commons
En savoir plus sur les Mustélidés
Le putois et le furet
Le putois d'Europe
Le glouton
Le ratel
La loutre
< Encyclopédie
du Monde Animal |