Blaireau C’est surtout la nuit qu’il est possible d’observer le blaireau émerger de son terrier. Le blaireau fait partie de la famille des Mustélidés (Mustelidae) au même titre que le putois, la loutre, le ratel, le glouton ou la belette. Parmi les blaireaux, l’espèce la plus répandue est le blaireau commun ou blaireau d’Eurasie (Meles meles). En Amérique du Nord, vit le blaireau américain (Taxidea taxus) et on trouve également plusieurs espèces de blaireaux en Asie dont le blaireau à collier (Arctonyx collaris) ou le blaireau-furet de Chine (Melogale moschata). L’origine des blaireaux se trouve d’ailleurs en Asie. Ce sont ces colons qui ont colonisé l’Amérique du Nord pour fonder le genre de l’actuel blaireau américain.
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Les blaireaux sont puissamment bâtis. Le corps est robuste et ramassé, porté par de courtes pattes griffues, ce qui confère à l’animal un dandinement caractéristique dans sa démarche et des mouvements parfois gauches. Néanmoins, quand il le faut, le blaireau est capable de réelles performances. Il peut galoper à 25 km/h. La tête de l’animal est l’élément distinctif le plus marquant du blaireau, en raison de sa coloration bicolore, noire et blanche. Tous les blaireaux partagent la forme et la bichromie de la tête. Cependant, des nuances d’envergure et de pigmentation permettent de situer avec exactitude l’origine géographique des espèces.
Blaireau d'Europe. © dinosoria.com Il peut monter aux arbres en s’agrippant à l’écorce des troncs. La forêt de Fontainebleau, près de Paris, abrite une grande population de blaireaux.
Blaireau américain. © dinosoria.com Son aire de répartition comprend le centre et le sud-ouest du continent américain jusqu’au Nouveau-Mexique.
Blaireau à collier. © dinosoria.com
Principales caractéristiques morphologiques :
Le blaireau mène une vie pacifique au sein d’un groupe. Son sens social est très développé. Un clan de blaireaux est une vraie structure familiale avec environ 6 individus, souvent un couple d’adultes et leur progéniture. A la tête du clan se trouve le mâle dominant. La femelle est appelée blairelle et les petits, blaireautins. Sédentaires et nocturnes, les blaireaux vivent sur un territoire délimité. Normalement pacifiques, les blaireaux peuvent se transformer en guerriers si des congénères envahissent leur territoire. Le combat territorial peut être très violent.
Blaireau américain camouflé dans les hautes herbes. © dinosoria.com La taille du territoire dépend des disponibilités alimentaires. Il s’étend d’une vingtaine d’hectares à plus de cent hectares. C’est le terrier du blaireau qui constitue le cœur du groupe social. Il est constitué d’un réseau complexe de tunnels et de chambres ainsi que de plusieurs entrées. Un terrier familial peut être utilisé par plusieurs générations. Les chambres servent de latrines, de cimetière et surtout de dortoir.
Blaireau photographié au Japon. By world_waif . Licence La litière d’herbes séchées est régulièrement changée et les galeries sont régulièrement inspectées. Le blaireau ne sort de sa tanière qu’à la nuit tombée. Les adultes vont explorer leur territoire et les jeunes se détendent sur les aires de jeux. En effet, les blaireautins sont des joueurs invétérés disposant de lieux dédiés à leurs ébats et surveillés par des adultes. L’hiver, le rythme de vie du blaireau se ralentit. Il n’hiberne pas au sens strict du terme mais tout le clan sombre dans un long engourdissement.
Bien que classés dans l’ordre des Carnivores, les blaireaux sont omnivores. Ils se nourrissent de tout ce qu’ils peuvent trouver sur leur territoire. La nourriture favorite du blaireau eurasien est le vers de terre, et plus particulièrement le lombric.
L'odorat est prépondérant chez le blaireau. By Just chaos . Licence Opportuniste, le blaireau mange ce que son environnement lui offre en fonction des saisons : fruits dans les vergers ou raisins dans les vignobles. Le blaireau américain est plus carnivore. Il accumule d’importantes quantités de gras pour se préparer aux hivers rigoureux. Il constitue des réserves avec les proies importantes en les stockant dans des trous.
Les premiers accouplements s’effectuent en avril mais parfois dès février. En principe, le mâle dominant est prioritaire mais pour éviter toute consanguinité, femelles et mâles indépendants s’accouplent. Les accouplements déclenchent l’ovulation mais la gestation proprement dite ne débute qu’en décembre. L’ovule fécondé reste dans l’utérus sans s’implanter dans la paroi utérine pour entamer sa croissance. La femelle met au monde entre 2 et 5 petits dans une chambre du terrier. Aveugles à la naissance, ils restent dans le terrier pendant environ un mois. Vers 7 mois, ils atteignent leur taille adulte pour devenir sexuellement matures vers un an. A 18 mois, ils sont totalement indépendants. Leur espérance de vie dépasse 10 ans mais la moitié des jeunes meurent avant leur première année.
Les blaireaux d’Europe et d’Asie ont peu d’ennemis naturels à part l’homme. Par contre, les parasites tels que les tiques, les poux ou les puces, leur causent de nombreux problèmes. Les blaireaux ont hérité de la tuberculose bovine en Angleterre dans les années 70. Ils ont ensuite retransmis cette maladie aux cheptels. La circulation routière tue énormément de blaireaux chaque année, surtout en Europe. Le blaireau a toujours été chassé. Sa graisse a été utilisée comme lubrifiant dans le tannage du cuir. Elle servait également à fabriquer des onguents et des savons.
Blaireau domestiqué en Angleterre. By aburt . Licence Le pelage dense de l’animal est surtout connu pour la confection des ustensiles de rasage. C’est par centaines de milliers que les blaireaux ont été massacrés pour cette utilisation, interdite dans les années 70, sauf au Japon. En Amérique du Nord, la fourrure du blaireau a été largement exploitée pour confectionner notamment des pelisses à col de blaireau. En Angleterre, le blaireau est souvent domestiqué. Cette domestication a été réglementée afin d’éviter la propagation de certaines maladies. En Amérique du Nord et en Europe, les populations sont assez stables. Par contre, les espèces asiatiques sont beaucoup plus menacées. V.Battaglia (11.02.2008)
Règne : Animalia
Le Blaireau. Collection Marshall Cavendish 1994 Larousse des Animaux. Les Mustélidés ; pp.134 et 136. Editions Larousse 2006
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