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Blaireau

C’est surtout la nuit qu’il est possible d’observer le blaireau émerger de son terrier. Le blaireau fait partie de la famille des Mustélidés (Mustelidae) au même titre que le putois, la loutre, le ratel, le glouton ou la belette.

Parmi les blaireaux, l’espèce la plus répandue est le blaireau commun ou blaireau d’Eurasie (Meles meles).

En Amérique du Nord, vit le blaireau américain (Taxidea taxus) et on trouve également plusieurs espèces de blaireaux en Asie dont le blaireau à collier (Arctonyx collaris) ou le blaireau-furet de Chine (Melogale moschata).

L’origine des blaireaux se trouve d’ailleurs en Asie. Ce sont ces colons qui ont colonisé l’Amérique du Nord pour fonder le genre de l’actuel blaireau américain.
Il est vraisemblable que la branche, apparue en Chine, le genre Melodon, est à l’origine des blaireaux d’Europe.

Portrait des blaireaux

 Les blaireaux sont puissamment bâtis. Le corps est robuste et ramassé, porté par de courtes pattes griffues, ce qui confère à l’animal un dandinement caractéristique dans sa démarche et des mouvements parfois gauches.

Néanmoins, quand il le faut, le blaireau est capable de réelles performances. Il peut galoper à  25 km/h.

La tête de l’animal est l’élément distinctif le plus marquant du blaireau, en raison de sa coloration bicolore, noire et blanche.

Tous les blaireaux partagent la forme et la bichromie de la tête. Cependant, des nuances d’envergure et de pigmentation permettent de situer avec exactitude l’origine géographique des espèces.

Le blaireau eurasien est le plus imposant de tous, avec un poids qui peut atteindre  20 kg. La femelle est plus petite avec un poids d’environ 10 kg. Il vit dans la plupart des pays d’Europe, en Russie et au Japon. Il affectionne les régions boisées.

Blaireau d'Europe

Blaireau d'Europe. © dinosoria.com

Il peut monter aux arbres en s’agrippant à l’écorce des troncs. La forêt de Fontainebleau, près de Paris, abrite une grande population de blaireaux.

La silhouette du blaireau américain est proche de son cousin européen, mais le marquage de la robe est différent : présence de taches noires sur le pelage blanc des joues et d’une mince raie blanche qui prend naissance au museau et peut se prolonger jusque sur le dos.

Blaireau américain

Blaireau américain. © dinosoria.com

Son aire de répartition comprend le centre et le sud-ouest du continent américain jusqu’au Nouveau-Mexique.
Cette espèce se sent plus à l’aise en plaine ou dans un champ cultivé. Il semble plus apprécier l’eau que les autres espèces et aime se baigner les jours de grosse chaleur.
Il peut s’associer avec le coyote pour « lever » les rongeurs de leurs terriers. Partenaires, ils peuvent devenir ennemis mais c’est souvent le blaireau qui prend le dessus.

Les blaireaux asiatiques sont moins massifs (environ 12 kg) et leur tête effilée, terminée par une large truffe, leur a valu le surnom de blaireau-cochon.

Les blaireaux de Java et de Palauan ont la même carrure que les blaireaux-furets (2 kg environ). Leur capacité à projeter sur l’ennemi les sécrétions musquées de leurs glandes anales leur vaut l’appellation de blaireaux-puants.

Blaireau à collier

Blaireau à collier. © dinosoria.com

Les blaireaux-furets d’Asie, très légers, sont de bons grimpeurs qui débusquent facilement les œufs et les oisillons au nid.
Les autres blaireaux d’Asie sont très discrets et vivent à haute altitude. Dans l’île de Sumatra, iles blaireaux peuvent vivre à plus de 3 500 m.

Principales caractéristiques morphologiques :

  • Lorsqu’il creuse la terre, le blaireau peut obturer ses oreilles en rabattant leur pavillon vers l’avant
  • Le museau est très mobile. En bon fouisseur, l’odorat est excellent. Une fine membrane interne clôt les narines quand il creuse
  • Pattes puissantes équipées de 5 doigts griffus
  • Les glandes anales et sous-caudales (sous la queue) sécrètent un liquide jaune, huileux et très musqué. Chaque blaireau possède une odeur spécifique

Vie sociale du blaireau

Le blaireau mène une vie pacifique au sein d’un groupe. Son sens social est très développé. Un clan de blaireaux est une vraie structure familiale avec environ 6 individus, souvent un couple d’adultes et leur progéniture.

A la tête du clan se trouve le mâle dominant. La femelle est appelée blairelle et les petits, blaireautins.

Sédentaires et nocturnes, les blaireaux vivent sur un territoire délimité. Normalement pacifiques, les blaireaux peuvent se transformer en guerriers si des congénères envahissent leur territoire. Le combat territorial peut être très violent.

Blaireau

Blaireau américain camouflé dans les hautes herbes. © dinosoria.com

La taille du territoire dépend des disponibilités alimentaires. Il s’étend d’une vingtaine d’hectares à plus de cent hectares.

C’est le terrier du blaireau qui constitue le cœur du groupe social. Il est constitué d’un réseau complexe de tunnels et de chambres ainsi que de plusieurs entrées.
Certains grands terriers peuvent s’étendre sur près d’un hectare.

Un terrier familial peut être utilisé par plusieurs générations. Les chambres servent de latrines, de cimetière et surtout de dortoir.
Ces terriers sont parfaitement organisés à plusieurs mètres de profondeur : fosses d’aisance, chambre-nurserie où la blairelle élève ses petits, une ou plusieurs chambres de repos.

Blaireau asiatique

Blaireau photographié au Japon. By world_waif

La litière d’herbes séchées est régulièrement changée et les galeries sont régulièrement inspectées.

Le blaireau ne sort de sa tanière qu’à la nuit tombée. Les adultes vont explorer leur territoire et les jeunes se détendent sur les aires de jeux. En effet, les blaireautins sont des joueurs invétérés disposant de lieux dédiés à leurs ébats et surveillés par des adultes.

L’hiver, le rythme de vie du blaireau se ralentit. Il n’hiberne pas au sens strict du terme mais tout le clan sombre dans un long engourdissement.
Ils restent inactifs dans leur terrier, vivant sur les réserves de graisse accumulées pendant le printemps et l’été.

L’alimentation du blaireau

Bien que classés dans l’ordre des Carnivores, les blaireaux sont omnivores. Ils se nourrissent de tout ce qu’ils peuvent trouver sur leur territoire.
Opportunistes, ce sont des chasseurs médiocres.

La nourriture favorite du blaireau eurasien est le vers de terre, et plus particulièrement le lombric.
Pendant la saison sèche, il change son menu et se tourne vers les batraciens. Il les dépèce car il sait que leur peau est toxique.
En été, la consommation de céréales est élevée. Le reste de l’année, il complète ses repas avec des escargots, de jeunes rongeurs ou des lapereaux.
Ses menus sont toujours agrémentés d’insectes ou de leurs larves.

Blaireau

L'odorat est prépondérant chez le blaireau. By Just chaos

Opportuniste, le blaireau mange ce que son environnement lui offre en fonction des saisons : fruits dans les vergers ou raisins dans les vignobles.

Le blaireau américain est plus carnivore. Il accumule d’importantes quantités de gras pour se préparer aux hivers rigoureux.
Outre les céréales, les fruits ou les insectes, il s’attaque également aux serpents, aux volatiles et aux petits vertébrés.

Il constitue des réserves avec les proies importantes en les stockant dans des trous.

La reproduction

Les premiers accouplements s’effectuent en avril mais parfois dès février. En principe, le mâle dominant est prioritaire mais pour éviter toute consanguinité, femelles et mâles indépendants s’accouplent.

Les accouplements déclenchent l’ovulation mais la gestation proprement dite ne débute qu’en décembre. L’ovule fécondé reste dans l’utérus sans s’implanter dans la paroi utérine pour entamer sa croissance.
Si la gestation ne dure que 7 semaines, elle est différée de 7 à 8 mois et les naissances ont lieu au mois de février.

La femelle met au monde entre 2 et 5 petits dans une chambre du terrier. Aveugles à la naissance, ils restent dans le terrier pendant environ un mois.
A 6 mois, les blaireautins jouent et font de fréquentes sorties nocturnes sous la surveillance de leur mère.

Vers 7 mois, ils atteignent leur taille adulte pour devenir sexuellement matures vers un an. A 18 mois, ils sont totalement indépendants.

Leur espérance de vie dépasse 10 ans mais la moitié des jeunes meurent avant leur première année.

Le blaireau et l’homme

Les blaireaux d’Europe et d’Asie ont peu d’ennemis naturels à part l’homme. Par contre, les parasites tels que les tiques, les poux ou les puces, leur causent de nombreux problèmes.
Leur pelage est infesté de ces parasites. Ces derniers peuvent leur inoculer un virus de la tuberculose, capable de foudroyer les animaux d’élevage.
Les éleveurs tuent les blaireaux pour éviter la contamination.

Les blaireaux ont hérité de la tuberculose bovine en Angleterre dans les années 70. Ils ont ensuite retransmis cette maladie aux cheptels.

La circulation routière tue énormément de blaireaux chaque année, surtout en Europe.

Le blaireau a toujours été chassé. Sa graisse a été utilisée comme lubrifiant dans le tannage du cuir. Elle servait également à fabriquer des onguents et des savons.

Blaireau

Blaireau domestiqué en Angleterre. By aburt

Le pelage dense de l’animal est surtout connu pour la confection des ustensiles de rasage. C’est par centaines de milliers que les blaireaux ont été massacrés pour cette utilisation, interdite dans les années 70, sauf au Japon.

En Amérique du Nord, la fourrure du blaireau a été largement exploitée pour confectionner notamment des pelisses à col de blaireau.

En Angleterre, le blaireau est souvent domestiqué. Cette domestication a été réglementée afin d’éviter la propagation de certaines maladies.
Le blaireau est en effet un animal docile qui se laisse facilement approcher et apprivoiser.

En Amérique du Nord et en Europe, les populations sont assez stables. Par contre, les espèces asiatiques sont beaucoup plus menacées.
Les blaireaux-furets d’Asie du Sud-Est sont inscrits sur la Liste rouge de l’IUCN comme espèces vulnérables.

V.Battaglia (11.02.2008)

Classification: Animalia. Vertebrata. Mammalia. Carnivora. Caniformia. Mustelidae. Mustelinae
15 genres et 46 espèces

Putois et furet . Glouton . Ratel

Références principales

Le Blaireau. Collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux. Les Mustélidés ; pp.134 et 136. Editions Larousse 2006

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