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Découverte d’un nouvel hominidé bipède

Des scientifiques américains et éthiopiens viennent de déterrer le squelette du plus ancien hominidé bipède de la planète, un nouvel ancêtre de l'homme vieux de 3,8 à 4 millions d'années. Les ossements ont été découverts au nord-est de l'Ethiopie dans la région d'Afar, à seulement 60 km du site où Lucy, l’australopithèque a été retrouvée.

Le spécimen qui va révolutionner le tableau de nos origines se déplaçait exclusivement sur ses deux pieds. Il ne grimpait pas aux arbres contrairement à l'espèce qui l'a précédé, l'Ardipithecus ramidus vieux de 4,4 millions.

 

Les paléontologues ont eu la chance de trouver un tibia complet, des parties d'un fémur et de côtes, des vertèbres, la clavicule, le bassin et l'omoplate d'un adulte : douze fossiles en tout de ce pré-humain.
« Et nous n'avons pas encore fini de tout déterrer », prévient le découvreur, Johannes Haile Selassie, paléontologue au musée national d'Addis Abeba (Ethiopie).

C'est l'os de la cheville qui a parlé le premier, laissant indiquer que cet être primitif, qui n'a pas encore été baptisé, était un bipède exclusif.

Les spécialistes vont « autopsier » le squelette afin de déterminer son sexe et l'espèce précise à laquelle il appartient. Ils ont déjà observé que cet arrière-grand-père de l'homo sapiens était plus grand que Lucy.

A ce sujet, Yves Coppens a précisé : « Il devait être essentiellement végétarien, s'alimentant de fruits et de racines. En même temps, il ne crachait sûrement pas sur la viande quand les petits gibiers étaient à sa portée. Il vivait en société. En étant incapable de se réfugier dans les arbres, donc contraint de rester à terre, il devenait plus vulnérable. Il avait ainsi tout intérêt à s'associer avec d'autres êtres. Il communiquait par sons et par gestes », pense-t-il. Selon lui, la fouille va faire avancer l'état des connaissances actuelles sur l'arbre généalogique de l'homme. Sans pour autant « tout révolutionner », comme l'affirme l'équipe afro-américaine. « Cela va nous permettre d'avoir une lecture de l'environnement de l'époque. Si cette espèce ne grimpe pas aux arbres, c'est peut-être parce qu'il n'y avait plus d'arbres sur lesquels grimper, que la savane n'était plus boisée. C'est un indice important pour comprendre l'évolution des climats ».

Mars 2005

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