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Les paléontologues ont eu la chance de trouver un tibia
complet, des parties d'un fémur et de côtes, des vertèbres,
la clavicule, le bassin et l'omoplate d'un adulte : douze fossiles
en tout de ce pré-humain.
« Et nous n'avons pas encore fini de tout déterrer
», prévient le découvreur, Johannes Haile Selassie,
paléontologue au musée national d'Addis Abeba (Ethiopie).

C'est l'os de la cheville qui a parlé le premier,
laissant indiquer que cet être primitif, qui n'a pas encore
été baptisé, était un bipède
exclusif.
Les spécialistes vont « autopsier » le squelette
afin de déterminer son sexe et l'espèce précise
à laquelle il appartient. Ils ont déjà observé
que cet arrière-grand-père de l'homo sapiens était
plus grand que Lucy.
A ce sujet, Yves Coppens a précisé : « Il devait
être essentiellement végétarien, s'alimentant
de fruits et de racines. En même temps, il ne crachait sûrement
pas sur la viande quand les petits gibiers étaient à
sa portée. Il vivait en société. En étant
incapable de se réfugier dans les arbres, donc contraint
de rester à terre, il devenait plus vulnérable. Il
avait ainsi tout intérêt à s'associer avec d'autres
êtres. Il communiquait par sons et par gestes », pense-t-il.
Selon lui, la fouille va faire avancer l'état des connaissances
actuelles sur l'arbre généalogique de l'homme. Sans
pour autant « tout révolutionner », comme l'affirme
l'équipe afro-américaine. « Cela va nous permettre
d'avoir une lecture de l'environnement de l'époque. Si cette
espèce ne grimpe pas aux arbres, c'est peut-être parce
qu'il n'y avait plus d'arbres sur lesquels grimper, que la savane
n'était plus boisée. C'est un indice important pour
comprendre l'évolution des climats ».
Mars 2005
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Hominidé
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