Opération Barbarossa . L’hiver est-il responsable de la défaite d’Hitler en Russie ? « L’hiver russe a brisé la Wehrmacht » ; « Le froid et la neige stoppent l’avancée allemande ». Le « Général Hiver », terme employé par les historiens, ne serait-il pas un mythe propre aux grandes batailles ?
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Barbarossa est le nom de code, choisi par Hitler, pour l’invasion de l’Union soviétique. « Barberousse » était le surnom de l’empereur allemand Frédéric Ier (1122-1190) qui partit en croisade contre les Turcs.
Mars 1941. Hitler au premier plan. A l'arrière, Göring. (Deutsches Bundesarchiv) La date du 22 juin n’est probablement pas un hasard puisque Napoléon Ier a envahi la Russie un 22 juin. L’opposition entre l’Allemagne nazie et la Russie communiste avait été largement soulignée par Hitler dans Mein Kampf, écrit en prison entre 1923 et 1924. Les principes du national-socialisme y sont exposés : antisémitisme, supériorité de la race germanique, qui a besoin pour s'épanouir d'un « espace vital » et culte de la force. L’offensive a été soigneusement préparée plusieurs mois avant l’attaque.
Aout 1941. Ukraine. Officiers de l'armée allemande. (Deutsches Bundesarchiv) Endormi par le Pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939, Staline s’est laissé surprendre par la rapidité de l’offensive allemande. Pourquoi Hitler a t-il rompu ce pacte ? On peut mettre en avant trois causes principales :
Si on s’en réfère aux décisions prises par Hitler qui ont d’ailleurs conduit l’armée allemande à la défaite, il semble évident que les richesses du sous-sol caucasien, principalement le pétrole, représentent la principale motivation du führer.
En ce 22 juin 1941, l’été commence lorsque plus de 3 millions de soldats allemands, appuyés par 3 350 chars et 2 815 avions, pénètrent en territoire soviétique. Les 152 divisions allemandes déferlent sur une ligne de front de la mer Baltique à la mer Noire.
Septembre 1941. Russie. Un soldat soviétique fait prisonnier. (Deutsches Bundesarchiv) Staline est surpris par l’attaque. L’armée soviétique, désorganisée, est balayée. Les Allemands font des centaines de milliers de prisonniers. Les chars soviétiques sont techniquement dépassés. En deux jours, la Luftwaffe écrase au sol et dans les airs la vétuste aviation soviétique. L’avancée allemande est foudroyante avec des blindés qui parcourent plus de 40 km chaque jour. Devant ce désastre, Staline ordonne la politique de la terre brulée.
Juin 1941. Russie. Des soldats tués à côté d'un char en flammes. (Deutsches Bundesarchiv) Les principaux évènements entre juin et août 1941 La Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et l’Italie participent à la guerre aux côtés des Allemands.
Juin 1941. Russie. Prisonniers russes. Auteur: Hähle, Johannes. (Deutsches Bundesarchiv)
Le 27 juillet, alors que le général Guderian continue son avancée vers Moscou, Hitler lui ordonne de descendre vers le sud. La marche vers Moscou ne reprendra que début octobre. Cependant, entre temps, la défense soviétique s’est organisée et l’hiver est là.
22 décembre 1941. Russie. (Deutsches Bundesarchiv) C’est la première grosse erreur stratégique d’Hitler qui n’écoute pas ses officiers. L’armée allemande est stoppée à environ 30 km de Moscou. La défense est acharnée et le froid glacial. C’est à partir de ce premier échec que le « vent » va tourner en faveur des Russes. Si Hitler n’avait pas ordonné à Guderian de fléchir sa route, il serait arrivé à Moscou bien avant l’hiver et sans que la défense ait eu le temps de s’organiser.
Selon les termes de l’Ostplan (plan pour l’Est), élaboré par Himmler, l’armée allemande doit faire preuve d’un « manque total de pitié » à l’égard des populations civiles. Pour préparer l’implantation des Allemands sur les territoires de l’Est, les sinistres Einsatzgruppen font régner la terreur et la destruction.
Juillet 1941. Déportation des juifs en Russie. (Deutsches Bundesarchiv) Ce sont de petites unités de la police et de la SS. Elles ont pour ordre d’exterminer tous les individus jugés indésirables. A Babi Yar, près de Kiev, 33 771 Ukrainiens juifs sont massacrés dans un ravin en deux jours. On estime qu’entre juin 1941 et janvier 1942, les Einsatzgruppen ont tué environ 750 000 personnes. Plus de 3 millions de prisonniers russes sont morts en captivité. A la chute de Kiev, le 19 septembre 1941, les 65 000 prisonniers sont laissés sans soins et sans nourriture.
3 juillet 1942. Soldats russes tués. Auteur: Hermann. (Deutsches Bundesarchiv) Il faut souligner le fait que de nombreux officiers de la Wehrmacht ont protesté contre ses massacres qui dressent les populations contre l’occupant alors qu’au départ, elles étaient bien disposées. Au début de l’invasion elles sont prêtes à coopérer mais déchantent vite devant la barbarie des Einsatzgruppen. Les atrocités allemandes provoquent le revirement des populations conquises. Les perturbations commises par les partisans sur les communications et le ravitaillement ralentissent considérablement l’avancée des troupes allemandes.
Janvier 1943. Des partisans russes sont pendus . Auteur: Koch. (Deutsches Bundesarchiv) Une fois de plus, Hitler n’écoute pas ses généraux et se laisse aveugler par sa haine raciale. C’est la deuxième grosse erreur commise et pas la moindre car on peut se demander ce qui se serait passé si une majorité des populations avait aidé l’occupant.
Le 8 septembre 1941, l’armée allemande est aux portes de Leningrad. Hitler a donné l’ordre de mettre en place un blocus complet afin que la famine provoque la réédition de la population. Mais Leningrad va devenir un symbole de résistance. La ville sera libérée par l’Armée rouge le 27 janvier 1944 après un blocus de 872 jours.
Juin 1942. Artillerie allemande. Auteur: Nieberle. (Deutsches Bundesarchiv) La chute de Moscou aurait peut-être entraîné la capitulation de l’Union soviétique. Mais, l’opération « Tempête d’hiver » lancée par Hitler le 20 octobre 1941 sera un échec.
Aout 1941. Russie. Police militaire allemande. (Deutsches Bundesarchiv) La résistance soviétique est acharnée. Après des pertes énormes, Hitler se décide à arrêter l’offensive le 5 décembre 1941.
En juin 1942, l’offensive allemande continue dans le Caucase. Aidés des Roumains, des Italiens et des Hongrois, les Allemands franchissent le Don (un fleuve) et le général Paulus lance ses troupes à l’assaut de Stalingrad.
23 septembre 1942. Infanterie allemande près de Stalingrad. (Deutsches Bundesarchiv) 125 000 civils volontaires sont enrôlés dont beaucoup d’adolescents, de femmes et de vieillards.
Stalingrad. 22 décembre 1942. Auteur: Gehrmann, Friedrich. (Deutsches Bundesarchiv) Fin novembre 1942, 270 000 soldats allemands sont encerclés à Kalatch. Paulus a ordre de ne pas se rendre.
Stalingrad. Octobre 1942. Auteur: Rothkopf. (Deutsches Bundesarchiv) En 1942, le froid est arrivé de manière précoce. Entre décembre et février, la température est régulièrement descendue en dessous de 30°C.
Je ne nie pas que les conditions climatiques exécrables ont joué un rôle dans le déroulement de ce conflit mais ce rôle n’a pas été décisif. Le plus gros handicap des allemands était d’être très éloignés de leurs bases. Les premières chutes de neige ont commencé dès la mi-septembre 1941 alors que les soldats étaient en tenue d’été.
Novembre 1942. Général Paulus . Auteur: Jesse. (Deutsches Bundesarchiv) L’approvisionnement a été retardé par le temps (gel puis dégel) mais surtout par les attaques des partisans. En définitive, le seul véritable responsable de la débâcle allemande est Hitler lui-même. Persuadé de son génie, il a pris plusieurs décisions qui se sont avérées catastrophiques. Par contre, à l’inverse de son modèle, il a préféré le suicide plutôt que d’affronter ses juges.
Minsk. Civils russes tués. (Deutsches Bundesarchiv) Ce dossier n’engage que moi et l’on pourrait en débattre plus longuement car 5 pages ne peuvent résumer l’offensive allemande en Union soviétique. Véronique Battaglia (09.06.2009)
Les photos proviennent des Archives Fédérales Allemandes (Deutsches Bundesarchiv). Les photos sont sous licence Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0 Germany (CC-BY-SA).
Philippe (10.06) Au-delà du froid qui a joué un rôle important dans la débâcle allemande, il y a d'autres points qui sont tout aussi important. La plupart des véhicules allemands n'étaient pas adaptés à circuler dans de la boue trop profonde. Avec les pluies sont aussi arrivées les premières épidémies. Du coup le front était beaucoup trop grand et aucun des 3 corps d'armée n'a rempli son objectif. < Histoire |















