Les pêcheurs du Delta du Gange, lorsqu’ils
rament, sur leurs embarcations de bois, au
sein des mangroves, portent derrière la tête
un masque représentant un visage humain.
C’est l’unique moyen de défense
dont ils disposent contre le tigre du Bengale qui,
dit-on, n’attaque que de dos.
Danger : tigre du Bengale
On l’appelle ici « le mangeur d’hommes »,
non sans raison, il faut l’avouer. Lors des quatre premiers
mois de 2000, les tigres ont tué 65 personnes.
Le danger « tigre » s’ajoute aux conditions déjà
très précaires des habitants du Bangladesh. La pauvreté
atavique est aggravée par les inondations cycliques des terres
du delta du Gange.
Ce problème a été pris en charge par plusieurs
organisations. Des vies humaines sont en jeu et en parallèle,
il faut également sauver le tigre du Bengale dont le delta
du Gange est le dernier sanctuaire.
Les zoologues estiment que dans la région deltaïque
de l’Etat du Bangladesh, il ne reste que 400 à 450 tigres. L’espèce
est d’ailleurs classée dans la liste des espèces
en danger établie par l’UICN.
La seule manière d’atténuer la menace pour
la population est de préserver l’équilibre de
l’écosystème.
Il faut éviter que des parcelles de territoire sauvage ne
soient transformées en terres agricoles. 139 699 hectares
sont officiellement protégés depuis 1977.
La réserve des Sundarbans
Le delta du Gange, où confluent les eaux du Brahmapoutre
et du Meghna, formant le bassin du Bengale, est le plus vaste de
la planète.
Le climat est tropical et humide. Les précipitations annuelles
avoisinent 2 790 millimètres, essentiellement concentrées
lors des moussons de juin à octobre.
La région comporte une considérable variété
d’espèces. Le rhinocéros de Java, le buffle
d’eau et le gaur ont disparu des Sundarbans au début
du 20e siècle.
Outre le tigre, on a répertorié 49 espèces
de mammifères.
Les principales proies du tigre sont les sangliers (20 000 environ)
et les cerfs axis (80 000 environ).
On trouve également trois espèces de chats sauvages
et des loutres. Ces dernières ont été domestiquées
par les pêcheurs. Attachées à une corde, elles
rabattent les poissons vers les filets.
Les Sundarbans sont également un sanctuaire ornithologique
riche de 315 espèces d’oiseaux, dont 95 espèces
aquatiques.
Un Héron vert (Butorides virescens)
Les amphibiens et reptiles sont nombreux dont 19 espèces
de serpents. Le python molure est l’une des espèces.
La faune marine revêt bien sur un grand intérêt
pour la population. La vente de crabes, de homards et de langoustes
est l’une des premières activités commerciales
de la ville côtière de Chittagong.