Histoire de la bande dessinée
Les gravures satiriques anglaises de la fin du XVIIIe siècle, les images d’Épinal, les Histoires en estampes (1846-1847) de Rodolphe Toepffer ou les aventures de la Famille Fenouillard (1889), de Christophe, appartiennent à la préhistoire de la bande dessinée. A la fin du 19e siècle, la bande dessinée naît aux Etats-Unis sous la forme de comics trips, des récits en quatre ou cinq images qui paraissent de façon quotidienne dans les journaux. Yellow Kid « le Gamin jaune » et Pim, Pam, Poum en sont les premiers héros.
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Au début des années 1890, le dessinateur
Richard Outcault donne au journal New York World
des dessins mettant en scène les gamins
des quartiers populaires de Manhattan.
Yellow Kid En 1896, Outcault quitte le New York World pour
le New York Journal où il continue à
produire sa bande dessinée.
La Famille Fenouillard (1889-1893), par Christophe L’ère réelle de la bande dessinée débute en fait à la veille du XXe siècle, avec la lutte que se livrent les deux magnats de la presse américaine, à travers le supplément dominical de leurs journaux : The Yellow Kid, The Katzenjammer Kids (1897), Buster Brown (1902) et Little Nemo in Slumberland (1905) ont en commun l’humour, d’ou leur nom de comics.
Little Nemo in Slumberland (1905), bande dessinée de Winsor McCay Le 12 décembre 1897, le New York Journal
publie les aventures des Katzenjammer Kids, qui
deviendront en France, Pim, Pam et Poum. Les héros
sont deux garnements en lutte contre l’autorité.
Pim, Pam et Poum Ils font de Pim, Pam et Poum la première bande dessinée au sens strict du terme. Les premières bandes dessinées sont rapidement produites en masse. Les journaux se livrent alors à une âpre concurrence pour vendre les feuilles du dimanche, en publiant des dessins amusants. La bande dessinée est alors lue aussi bien par les grands que les petits. En revanche, une fois réunis en livres, les comic books sont destinés aux jeunes. L’âge d’or de la bande dessinée va alors débuter à partir des années 1920.
Pogo . Un comic books . Zoom image Les comic books envahissent le marché
européen dès 1930. Le Journal de
Mickey est lancé en 1935, en France.
Tarzan 1951 Popeye (1929), Betty Boop (1931), Flash Gordon (1934), Mandrake (1934)
et Superman (1938). La bande dessinée est devenue une véritable industrie.
Extrait de Flash Gordon (Guy l'Éclair), bande dessinée d'Alex Raymond
L’intérêt majeur de la bande dessinée réside dans le fait qu’elle enregistre avec une fidélité remarquable les événements sociaux et économiques contemporains : l’Amérique se console de la Grande Dépression avec l’humour vigoureux de Popeye (1929),
Extrait de Popeye le marin, bande dessinée créée en 1929 par Elzie Crisler Segar de Mickey Mouse (1930) ou de Donald Duck (1934) de Walt Disney, les fantastiques exploits de Superman (1938) ou de Batman (1938).
Zig, Puce et la petite princesse, par Alain Saint-Ogan. Album publié chez Hachette en 1934 Pendant la Seconde Guerre mondiale, les héros de bande dessinée soutiennent le moral des G. I.’s avec The Sad Sack (1942) et surtout Male Call (1942). L’idéologie doucereuse du soap opera (l’« opéra savonneux ») illustré par Stanley Drake (The Heart of Juliet Jones, 1953) tente de faire oublier les bouleversements politiques et culturels de l’après-guerre, mais la crise sociale apparaît, d’une part dans les horror comics books, rapidement interdits pour leur violence et qui sont à l’origine de législations sévères dans tous les pays du monde, d’autre part dans les bandes « intellectuelles » : Pogo (1949), Peanuts (1950),
Peanuts . Zoom image le magazine satirique Mad (1952) ou les publications de l’Underground.
En 1929, le jeune reporter Tintin apparaît pour la première fois dans le Petit Vingtième, supplément hebdomadaire du quotidien catholique de Bruxelles.
Hergé se lance très vite dans la publication d’albums. Le Journal de Tintin existe sous deux formes :
Le Journal de Tintin est le premier à rivaliser avec les productions américaines, et lance, outre son héros, les aventures d’Alix (Jacques Martin, 1948) et d’Oumpa-Pah (Uderzo et Goscinny, 1958).
A travers Alix, on revit l’époque romaine, grâce à une documentation minutieuse L’école belge, avec Edgar Pierre Jacobs (Blake et Mortimer, 1946) ou Greg (Achille Talon), s’impose sur tout le Vieux Continent, particulièrement en France, ou elle stimule la concurrence.
Achille Talon En 1938, l’éditeur imprimeur belge Jean Dupuis décide de lancer un journal de bandes dessinées comportant, à côté des aventures de Superman, des bandes européennes. La même année, le journal donne naissance à Spirou, Tif et Tondu, Bill l’albatros.
Dupuis édite également Lucky Luke de 1947 à 1968 et Gaston Lagaffe à partir de 1957. En France, en 1945, les éditions Vaillant publient l’hebdomadaire Vaillant qui devient le journal de Pif en 1965 et Pif Gadget en 1969. Pif est une pépinière d’auteurs que l’on retrouve dans Pilote. Lancé en 1959, Pilote publie notamment Astérix de Goscinny et Uderzo qui connaît un succès foudroyant.
Planche d'Astérix le Gaulois, le premier album . Zoom Image
La libération des mœurs et le vieillissement du public originel facilitent l’arrivée massive de bandes dessinées « adultes ». Le journal « bête et méchant » Hara-Kiri, créé en 1960, regroupe Wolinski (Histoires lamentables, 1965), Gébé (Il est fou, 1971), Reiser (Gros dégueulasse) et Cabu (Mon beauf). Des revues nouvelles (l’Écho des Savanes, Métal Hurlant, Fluide Glacial, À suivre) imposent des dessinateurs nouveaux.
L'écho des Savanes de 1972 Des journaux non spécialisés s’ouvrent à la bande dessinée (Rock and Folk popularise le Hamster Jovial de Gotlib, le Nouvel Observateur recrute Bretécher et ses Frustrés), et les auteurs s’essaient avec succès au dessin de presse (Wolinski à l’Humanité, Cabu au Canard enchaîné). Jean-Claude Forest crée Barbarella, en
1964, Georges Pichard et Wolinski inventent Paulette
en 1970.
Barbarella . Zoom Image (B.D réservée aux adultes) Le salon de la bande dessinée d’Angoulême, fondé en 1978, coïncide avec la mode des albums directs, non parus dans une revue. La bande dessinée renoue dans les années 1980 avec le roman-feuilleton, en inventant des séries qui courent sur plusieurs albums, fidélisant un nouveau public :François Bourgeon, les Passagers du vent ; Hugo Pratt, Corto Maltese ; Moebius, Vance et Jean Van Hamme, XIII …
Corto Maltese Au cours de ces dix dernières années, les mangas, reflet de la culture japonaise, ont largement conquis les lecteurs français.
Sakura Facilement reconnaissables par leur graphisme, ils abordent un large éventail de thèmes satisfaisant ainsi aussi bien un public enfantin qu’adulte: Otomo Katsuhiro, Akira ; Shirow Masamune, Appleseed ; Tesuka Osamu, le Roi Léo, Astro le petit robot, Black Jack ; Toriyama Akira, Dragon Ball ...
Dragon Ball Z Il est à noter que l’Algérie, Cuba et la Chine utilisent la bande dessinée à des fins didactiques. A en croire les sondages effectués, les
lecteurs actuels de bandes dessinées sont
en majorité des garçons de 10 à
14 ans. A en croire les spécialistes, Tintin, par exemple, serait le « support des contre-valeurs racistes et misogynes ».
Les Mangas sont particulièrement critiqués pour la violence que ces bandes dessinées véhiculent dans la plupart des cas. Guerre et conflits seraient trop idéalisés à travers un héros immortel et invincible qui banalise la mort et la violence. Faut-il pour autant condamner la bande dessinée ? Comme pour tout autre support, les enfants doivent surtout apprendre à déceler les éventuelles allusions douteuses. Il appartient donc aux parents d’analyser si nécessaire les textes en compagnie de leurs enfants. V.B (18.05.2006)
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