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La bande dessinée est-elle en danger ?

Apparemment tout va très bien dans le monde de la bande dessinée. Les derniers chiffres montrent que ce support ne connaît pas la crise. Avec une hausse des ventes de 10% environ par rapport à 2007, l’économie de la bande dessinée fait surement pâlir de jalousie d’autres secteurs moins chanceux.
Pourtant, les excellents chiffres annoncés ne cachent-ils pas un véritable malaise ? La bande dessinée ne serait-elle pas menacée à cause d’une surproduction et des contraintes commerciales qui tuent la créativité ?

Le marché de la bande dessinée

En 2008, 4 750 titres environ ont été publiés en France. Si on analyse les statistiques annuelles fournies par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), on s’aperçoit que sur les 265 maisons d’édition, 15 éditent 70% des titres.
Il y a donc un véritable monopole pour quelques maisons d’édition comme Media Participation (Dupuis, Dargaud …) ou les éditions Delcourt.

On constate également que les tirages moyens pour chaque album sont en baisse. Peu d’albums ont été tirés à plus de 50 000 exemplaires.
Parmi les plus gros tirages, on trouve le dernier Titeuf, le dernier Black et Mortimer ou le dernier Largo Winch.

Largo Winch. Couverture du tome 16

Largo Winch. Couverture du tome 16

La plupart des titres ont du mal à dépasser les 5000 exemplaires.

Autrefois, le nombre de titres publiés chaque année était beaucoup plus réduit mais par contre, le tirage moyen était plus important. Il était tout à fait banal pour une série connue de tirer à plus de 50 000 exemplaires.

Cela implique bien sûr que les auteurs pouvaient vivre de leur travail sans être contraints à surproduire et donc à privilégier la quantité au détriment de la qualité.

Les meilleures ventes de la bande dessinée en 2008

Toujours d’après le rapport annuel, 40% des titres vendus sont des mangas. L’autre grande part de marché est tenue par les grands classiques comme Astérix, Tintin, Black et Mortimer  ou Titeuf.

En 2008, les titres les plus vendus, outre les grands classiques déjà cités, sont Le tome 16 de Largo Winch, le dernier volume de XIII et le Petit Spirou.

XIII. Couverture

On assiste également à une montée en flèche d’un nouveau genre, les romans graphiques, qui cartonnent depuis 2 ans.

Actuellement, la mode est aux bandes dessinées inspirées des séries TV, des films et des jeux vidéo.
Toutes les grandes surfaces ont en rayon des titres comme Disparitions aux éditions Glénat, B.D  inspirée de la série T.V, World of Warcraft , Bienvenue chez les Ch’tis ou Star Wars.

Le marché des meilleures ventes se traduit en statistiques ainsi :

Albums école franco-belge : 43%
Mangas : 40%
Romans graphiques : 9,8 %
Comics américains : 6,7%

Quel avenir pour la bande dessinée ?

Au vu des chiffres, on peut se demander si la bande dessinée ne part pas un peu dans tous les sens.

On trouve des bandes dessinées sur tout et surtout sur n’importe quoi : le sexe, la cinquantaine, les bébés, les anniversaires et j’en passe.

Que dire de ces romans graphiques ? A part quelques exceptions, c’est du très mauvais. Un roman culte comme la Guerre des Mondes se transforme en une B.D insipide et ennuyeuse. C’est quand même le comble quand on sait que l’objectif est de donner envie aux plus jeunes de lire.

Une bonne partie de la production est bâclée. Manifestement, le seul objectif est de faire de l’argent.

Le pire c’est que vous ne trouverez que ce type de bandes dessinées  ainsi que les titres phares dans les grandes surfaces qui ne mettent en rayon que ce qu’elles sont sures de vendre ou ce qu’on leur demande de vendre.

Où sont passées les bonnes bandes dessinées ?

Doit-on mettre en cause la créativité des auteurs ? Je suis persuadée que non. Et je suis également persuadée qu’ils ne demandent qu’à s’exprimer, à condition qu’on leur laisse le temps sans faire pression et sans leur imposer des conditions commerciales.

Les maisons d’édition devraient se demander pourquoi une bande dessinée comme Astérix qui a maintenant plus de 50 ans continue à être au top des ventes dans de nombreux pays.

Qu’est-ce qui rend une bande dessinée indémodable ?

Astérix le Gaulois n’est pas un simple personnage de bande dessinée. C’est un personnage à part entière dans lequel on peut s’identifier.
Quand on lit ses aventures, on a envie d’y participer et nous aussi, on aimerait bien donner des baffes aux Romains, faire un pied de nez à Jules César puis manger du sanglier en compagnie de cette joyeuse équipe.

Ces héros, on les aime et on connaît par cœur leurs qualités et leurs petits défauts.

Chaque album est un véritable petit bijou qu’on peut relire des dizaines de fois et on redécouvre à chaque fois des petits détails qui nous ont échappé.

Je me souviens que quand j’étais gosse, chaque nouvel album était un véritable évènement. Il nous fallait attendre un an avant de connaître les nouvelles aventures.

Aujourd’hui, nous sommes noyés sous les titres dont la plupart sont sans grand intérêt.
Non pas que Largo Winch soit une mauvaise bande dessinée bien que la série connaisse un net essoufflement sur les derniers titres.
La licence est certes juteuse mais il serait temps d’arrêter avant qu’elle ne sombre dans la médiocrité.

Il est évident que la bande dessinée a besoin de se repositionner et de retrouver un nouveau souffle. Elle ne pourra pas éternellement vivre sur des titres qui ont au moins 15 ans.

V. Battaglia (01.02.2009)

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