Au
sein des baleines à fanons, ou Mysticètes,
la baleine bleue est la plus longue. Le rorqual
bleu (ou baleine bleue) est d’ailleurs le
plus gros animal de tous les temps.
La baleine bleue fait partie de la famille des
balenoptéridés qui comprend six
espèces :
Le
rorqual bleu ou baleine bleue (Balaenoptera musculus)
Le rorqual commun (Balaenoptera physalus)
Le rorqual boréal ou rorqual de Rudolphi
(Balaenoptera borealis)
Le rorqual de Bryde (Balaenoptera eden)
Le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata)
La baleine à bosse ou jubarte ou Mégaraptère (Megaptera
novaeangliae)
Performances de la Baleine Bleue
La
baleine bleue peut atteindre 33 m de long et
peser 150 tonnes. Le record absolu est de 190
tonnes et 33,58 m
Elle
peut rester de 5 à 50 minutes en apnée.
Lorsqu’elle remonte à la surface,
elle rejette un souffle de 6 à 9 m de
haut
Sa
longévité est de 65 à 80
ans. Age record estimé de 110 ans
Son
cœur, à lui tout seul, pèse
500 kilos et son foie une tonne
Portrait de la baleine bleue
La
baleine bleue se déplace surtout en eau
profonde car son métabolisme lui permet
alors une consommation minimum d’oxygène,
vingt fois inférieure à celle de
surface.
Son allure de croisière est de 8 km/h.
Sa
tête, massive, représente près
d’un tiers de sa longueur totale. Son museau
est orné d’une faible pilosité. La gorge comprend entre 50 et 90 sillons gulaires (plis).
La
peau de la baleine bleue est lisse afin de faciliter
l’écoulement de l’eau. C’est
une silhouette hydrodynamique, profilée
comme une torpille qui se termine par un museau
assez arrondi par rapport aux autres rorquals.
By Pingnews.com
La
baleine bleue préfère croiser en
haute mer et s’approche rarement des côtes
que ce soit sous les tropiques ou en Antarctique.
By Seabass
London
Comme
chez toutes les baleines, la baleine bleue possède
un évent. C’est une fente arrondie
protégée par un repli de fibres
graisseuses et de puissants muscles en actionnent
l’ouverture. Lorsqu’elle descend en
plongée, la baleine inspire un volume d’air
suffisant pour remplir ses poumons et l’évent
se ferme automatiquement.
Un appétit gargantuesque
Son
plat préféré est le krill
qu’elle filtre grâce à ses
fanons. Ses fanons mesurent environ 75 cm et leur
nombre varie entre 250 et 320 rangées.
La
baleine bleue peut ainsi ingurgiter jusqu’à
4 tonnes de krill par jour.
By The Partycow
Les rorquals tiennent leur nom du mot norvégien
rorbval qui signifie « baleine rayée
». Cette appellation fait référence
aux nombreuses cannelures qui ornent la gorge
de ces baleines.
Leur fonction est liée à leur mode
d’alimentation.
Fanons d'une baleine
bleue
En
effet, les rorquals ont des fanons plus courts
que les autres espèces de baleines. Ils
doivent donc absorber une quantité d’eau
supérieure pour trouver une quantité
de nourriture équivalente.
Les plis cutanés de la gorge agissent comme
les soufflets d’un accordéon et augmentent
l’amplitude d’ouverture de la bouche.
Lorsque
la baleine bleue ouvre la bouche, l’eau
chargée de nutriments, s’y engouffre.
Gonflant sa langue, le cétacé expulse
l’eau mais ses fanons retiennent un maximum
de nourriture.
La route du Krill
Pour
trouver les quantités suffisantes de micro-organismes,
les baleines entreprennent de longues migrations
selon un cycle bien réglé.
C’est
durant l’été polaire, lorsque
l’ensoleillement est à son maximum,
que le plancton marin s’épanouit
le plus.
Mais avec l’arrivée de l’hiver,
la zone d’alimentation devient trop froide.
L’exode vers des eaux plus tempérées
s’impose alors.
Toutes les baleines sont de formidables nageuses.
Leur morphologie est totalement adaptée
à leur environnement. Les pavillons externes
des oreilles et la pilosité ont disparu
; les organes reproducteurs sont internes et n’affleurent
qu’en période sexuelle.
Elles
ont opté pour une propulsion à l’aide
de battements verticaux de la nageoire caudale.
Les mouvements de cette palette natatoire dépasse
10m² ce qui leur assure une bonne vitesse
de croisière.
Du
fait de leur spécialisation dans une nourriture
qui est saisonnière et concentrée
dans les régions polaires, chaque année,
les baleines viennent sous des latitudes élevées
faire le plein d’énergie.
Puis, elles repartent vers des eaux plus chaudes
mais moins riches en nourriture.
Squelette
d'une baleine bleue. By Matt (mistergoleta)
Le
krill est en fait une appellation globale. Il
se compose en réalité de différentes
sortes de crevettes.
Elles se déplacent en essaim de plusieurs
milliards d’individus. Les crevettes se
nourrissent du plancton.
On estime que la masse totale du krill en Antarctique
avoisine les 650 millions de tonnes.
Il
n’y a qu’une telle abondance de nutriments
qui est capable de subvenir aux besoins des baleines.
Durant les quatre mois d’été
polaire, les baleines consomment environ 4% de
leur poids en krill.
La reproduction de la baleine bleue
Après
avoir accumulé d’énormes réserves
de graisse, les baleines migrent vers
des eaux plus chaudes.
Leurs réserves énergétiques
qui représentent jusqu’à 70%
de leur poids total, leur permettent de commencer
ce long voyage.
Arrivées à destination, elles ont
perdu la moitié de leurs réserves.
Dans les eaux tempérées, elles consomment
jusqu’à dix fois moins de nourriture
par jour.
Si toutes les baleines effectuent ce jeun migratoire,
c’est essentiellement lié aux nécessités
de la reproduction.
L’accouplement
a lieu alors que la baleine bleue se situe dans
les eaux chaudes ou tempérées. L’acte
sexuel s’effectue ventre contre ventre.
La
période de gestation dure 12 mois. Durant
ce délai, la mère peut faire le
trajet jusqu’aux zones d’alimentation
pour emmagasiner des réserves puis revenir
vers des eaux plus chaudes afin de mettre au monde
son petit.
Le
cycle est donc calculé pour que le petit
ne naisse pas dans des eaux glacées. Sa
protection thermique est moins importante à
la naissance.
Le
petit baleineau mesure déjà de 5,9 à 6,5 m
de long à sa naissance et pèse 2
à 3 tonnes. Ses poumons ne contenant pas
d’air, le nouveau-né ne flotte pas.
Sa mère le porte jusqu’à la
surface où son évent se débloque
pour une première prise d’air.
Le petit est allaité une à deux
fois chaque jour. La mamelle, cachée dans
un repli cutané, est découverte
avant la tétée.
Les glandes mammaires propulsent un jet de 100
à 200 litres de lait très riche
dans la gorge du baleineau.
Son taux de croissance est fulgurant. Il prend
environ 3,6 kg par heure !
L’adulte n’a aucun prédateur
mais par contre, les jeunes craignent les orques.
Un crâne
impressionnant. By Icathing
La
mère allaitera son petit tout le long du
voyage de retour vers les zones d’alimentation.
Mais quand le baleineau arrivera à destination,
la température de l’eau sera supportable
et la nourriture abondante.
Son sevrage intervient dès la fin de l’été.
Il peut, à ce moment là, accomplir
seul la longue migration.
La
femelle ne met au monde qu’un seul petit
tous les deux à trois ans. C’est
ce qui explique que, malgré leur protection,
les effectifs augmentent que très lentement.
La Migration des baleines
Les
baleines n’ont pas de structure sociale
à proprement parler. Ce sont les femelles
qui rythment les déplacements collectifs
et suscitent les chants des mâles.
Chaque
espèce de baleine a son propre calendrier
de migration. C’est généralement
la baleine bleue qui part la première.
Les migrations se font par petits groupes de deux
à dix individus. Les femelles ouvrent la
marche, accompagnées des plus vieux individus.
Suivent des groupes plus importants composés
de mâles solitaires et de jeunes immatures.
Si
toutes les espèces de baleines ne migrent
pas en même temps, c’est simplement
en rapport avec leurs besoins alimentaires.
En effet, ce sont les plus gros spécimens
comme la baleine bleue qui ont les plus gros besoins.
Or, la nourriture est plus abondante près
des pôles.
Partant de plus loin, il est normal que ces baleines
entreprennent en premier le voyage de retour.
Leur
précision dans leur navigation est incroyable.
La sensibilité de la peau des baleines
leur permet d’apprécier les différences
de température et donc d’identifier
les zones qu’elles traversent.
On sait également que l’attraction
terrestre est une force magnétique qui
varie subtilement tout autour du globe.
On pense que les baleines sont capables de repérer
ces variations. Elles disposent de minuscules
fragments minéraux à l’intérieur
et en périphérie du cerveau.
Baleine à
bosse. By Matthew Hull
On suppose, sans l’avoir jamais prouvé,
que ces fragments servent à détecter
les lignes de champs magnétiques qui entourent
la Terre.
Une sorte de boussole intégrée.
La protection des baleines
En
1930, les deux tiers des baleines bleues avaient
disparu. Mais ce n’est qu’en 1945
qu’on tira la sonnette d’alarme.
La Commission Baleinière Internationale
a vu le jour en 1946. La baleine à bosse
a été totalement protégée
en 1963 et la baleine bleue en 1966.
Cette
réglementation n’a pas toujours été
respectée. Certains se souviennent sûrement
des interventions de Greenpeace, s’interposant
entre les canons harpons et les baleines.
La pression de l’opinion publique décida
de nombreux pays à partir de 1970 à
interdire l’importation des produits issus
de baleines.
By Ryugs
Par
contre, le Japon, la Russie, la Norvège
et l’Islande ont continué la chasse
de manière clandestine.
En 1994, le sanctuaire des baleines a été
officialisé. Depuis, les eaux de l’Antarctique
sont interdites aux baleiniers.
Mais, il faut savoir que cette mesure incite le
Japon à chasser depuis cette date les petits
rorquals qui, eux aussi, seront bientôt
menacé d’extinction.
Encore
aujourd’hui, malgré l’interdiction,
les pays cités ne respectent pas cette
protection. On peut penser qu’ils se décideront
à laisser ces admirables mammifères
vivre en paix le jour où leurs effectifs
auront été totalement décimés.
La population totale en 2006 de la baleine bleue était estimée entre 6 000 et 14 000 individus contre 250 000 à l'origine.