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1933 : L’avènement d’Hitler

C’est le 30 janvier 1933, qu’Hitler atteint son but. Le Président Hindenburg l’a enfin appelé à la chancellerie et le charge de former un nouveau gouvernement.
La crise économique de 1929 est venue à point nommé pour servir les desseins d’Hitler. Soudainement privés des capitaux américains investis après-guerre, les économies allemandes et autrichiennes sont durement touchées.
Depuis sa défaite aux élections présidentielles de 1932, Hitler a pactisé avec les milieux d’affaires, très insatisfaits des politiques menées par les chanceliers successifs.
Ce sont bien les barons du capitalisme allemand qui incitent Hindenburg à nommer Hitler chancelier du Reich, le 30 janvier 1933.

 

Vers la terreur

Afin d’enterrer définitivement la République de Weimar, Hitler va très vite instaurer une dictature et mettre en place un gigantesque programme de conquêtes militaires.

Le 1er février 1933, Hitler obtient d’Hindenburg la dissolution du parlement, le Reichstag.

Hitler est reçu par Paul von Hindenburg en janvier 1933 (Photo collection Viollet)

Alors que les élections se préparent, les nazis arrosent d’essence les sous-sols du Reichstag et poussent un pyromane, communiste notoire, à mettre le feu à l’étage.
Le Parlement brûle dans la nuit du 27 février.

Le Reichstag en feu (Photo Bundesarchiv, Coblence)

Cet incendie volontaire est l’occasion d’éliminer l’opposition. Dès le lendemain, 4000 militants du KPD, le parti communiste, et de nombreux leaders de gauche, sont arrêtés puis assassinés ou déportés vers les premiers camps de déportation.

Le KPD est dissous et les journaux d’opposition interdits.

Nuit de victoire à Berlin en janvier 1933 (Photo Bundesarchiv, Coblence)

Aux élections du 5 mars, les nazis obtiennent 44% des voix, faute d’opposition et grâce également à une alliance avec le centre catholique.

Le 23 mars, le Reichstag vote « l’Acte d’habilitation », qui donne pour 4 ans, les pleins pouvoirs au chancelier.

Hitler en compagnie d'Hindenburg (Photo Bundesarchiv, Coblence)

Tout s’enchaîne alors très vite. Dès le 29 mars, les libertés fondamentales sont abolies, les partis et syndicats dissous et le 14 juillet, le NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) est proclamé parti unique.

Un régime de terreur s’installe sous l’action conjointe des S.A (section d’assaut), des S.S (garde rapprochée du régime nazi) et d’une police d’Etat nouvellement créée : la Gebeime Staatspolizei ou Gestapo.

Les premiers camps de concentration

Avant même leur loi sur les pleins pouvoirs, les nazis avaient entamé l’élimination de leurs adversaires.

Le nombre de prisonniers augmentant rapidement, le commissaire nazi à la police de Munich, Heinrich Himmler, a créé près de Dachau, le premier camp de concentration.

En mai 1933, sur la place de l'Opéra de Berlin, un autodafé des livres réprouvés par le gouvernement, est organisé (Photo L'Illustration / Sygma)

Communistes, fonctionnaires et opposants de tous bords y sont déportés en masse. Dès 1933, ce sont trois camps qui sont ouverts près de Berlin.

Rien qu’en Prusse, il y a eu près de 15 000 arrestations en mars 1933.

Les premières discriminations antisémites

En avril 1933, en Prusse, une première série de mesures est mise en place pour éliminer les juifs des postes importants.
Ces mesures concernent aussi bien la fonction publique que le privé.

Médecins, enseignants, hommes de loi, fonctionnaires ou artistes sont vivement « encouragés » à abandonner leur fonction.
Suivent de véritables mesures d’interdiction d’exercer.

Un membre des SA posté devant un magasin juif au début du boycottage (Bidarchiv Preussicher Kulturbesitz, Berlin)

Beaucoup d’entre eux décident alors de s’exiler.

Le 7 avril, une loi interdit le mariage entre Juifs et Aryens.

Amélioration de la race allemande

En juillet 1933, la loi sur la stérilisation est adoptée. D’après cette nouvelle législation, toutes les personnes atteintes d’une infirmité psychique ou corporelle, seront soumises à une stérilisation.

Les mineurs de moins de 18 ans pourront être stérilisés sur demande de leur tuteur.

De jeunes enfants enrôlés dans les jeunesses hitlériennes doivent saluer leur maître du salut nazi (Photo L'Illustration / Sygma)

L’agence de presse Conti écrit : « Par cette loi, l’Allemagne témoigne de sa volonté consciente de perfectionner physiquement la qualité de la race. Elle met fin à la politique libérale de repopulation ».

Cette loi n’est une aberration que pour ceux qui n’ont pas lu Mein Kampf ou ne l’on pas pris au sérieux.
En effet, Hitler y a largement exposé ses vues dans son ouvrage, à la fois célèbre et méconnu, qui annonçait clairement la politique qu’il allait mener.

La radio, nouvelle arme de propagande

Pour le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, c’est par la radio que tous les foyers allemands auront accès à la doctrine nazie.

Ses services ont présenté au Salon de la radiodiffusion un appareil de radio à fréquence unique.

Le petit "poste du peuple" (Photo Süddeutscher Verlag, Munich)

Le poste du peuple (der Volksempfänger) est vendu 76 marks. Tous les fabricants allemands doivent réaliser un même type de poste.
En deux jours, 100 000 postes sont vendus.

Les nazis s’emparent définitivement du pouvoir

Après avoir pris le pouvoir et l’avoir consolidé, le national-socialisme se sent assez fort, au milieu du mois d’octobre, pour se débarrasser de ses liens qui limitent sa liberté de manœuvre.

Pour la première fois depuis l’avènement d’Hitler, la volonté allemande de se réarmer s’exprime ouvertement.
Il n’est encore question que d’armes défensives. Cependant, le même mois, l’Allemagne se retire de la Société des Nations.

Pour la plupart issus de milieux défavorisés, les SA voient dans Hitler un leader capable de les conduire jusqu'au pouvoir (Photo Collection Viollet)

Hitler souhaite faire ratifier par le peuple son premier coup d’éclat diplomatique.

Le président Hindenburg dissout le Reichstag et fixe de nouvelles élections pour le 12 novembre.

C’est à cette occasion que le référendum sera utilisé pour la première fois. Mais, les bulletins électoraux ne porteront qu’un seul nom, celui du N.S.D.A.P, tous les autres partis étant interdits.

Carte postale commémorant le "jour historique" du 30 janvier 1933 (Bidarchiv Preussicher Kulturbesitz, Berlin)

Le 12 novembre 1933, les nazis s’arrogent 92,1% des voix. Concernant le référendum sur la politique de désarmement, 95% des allemands disent « oui » au réarmement.

Peu de temps après, les derniers domaines encore préservés tombent sous la coupe des nazis. La vie culturelle est placée le 15 novembre sous la tutelle du ministre de la Propagande, Joseph Goebbels.

V.B (11.04.2006)

Bibliographie principale

La Marche à la Guerre, éditions Marshall Cavendish. Chronique du 20e siècle

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