Vers la terreur
Afin d’enterrer définitivement la
République de Weimar, Hitler va très
vite instaurer une dictature et mettre en place
un gigantesque programme de conquêtes militaires.
Le 1er février 1933, Hitler obtient d’Hindenburg
la dissolution du parlement, le Reichstag.

Hitler est reçu
par Paul von Hindenburg en janvier 1933 (Photo
collection Viollet)
Alors que les élections se préparent,
les nazis arrosent d’essence les sous-sols
du Reichstag et poussent un pyromane, communiste
notoire, à mettre le feu à l’étage.
Le Parlement brûle dans la nuit du 27 février.

Le Reichstag en
feu (Photo Bundesarchiv, Coblence)
Cet incendie volontaire est l’occasion
d’éliminer l’opposition. Dès
le lendemain, 4000 militants du KPD, le parti
communiste, et de nombreux leaders de gauche,
sont arrêtés puis assassinés
ou déportés vers les premiers camps
de déportation.
Le KPD est dissous et les journaux d’opposition
interdits.

Nuit de victoire
à Berlin en janvier 1933 (Photo Bundesarchiv,
Coblence)
Aux élections du 5 mars, les nazis obtiennent
44% des voix, faute d’opposition et grâce
également à une alliance avec le
centre catholique.
Le 23 mars, le Reichstag vote « l’Acte
d’habilitation », qui donne pour 4
ans, les pleins pouvoirs au chancelier.

Hitler en compagnie
d'Hindenburg (Photo Bundesarchiv, Coblence)
Tout s’enchaîne alors très
vite. Dès le 29 mars, les libertés
fondamentales sont abolies, les partis et syndicats
dissous et le 14 juillet, le NSDAP (Parti national-socialiste
des travailleurs allemands) est proclamé
parti unique.
Un régime de terreur s’installe
sous l’action conjointe des S.A (section
d’assaut), des S.S (garde rapprochée
du régime nazi) et d’une police d’Etat
nouvellement créée : la Gebeime
Staatspolizei ou Gestapo.
Les premiers camps de concentration
Avant même leur loi sur les pleins pouvoirs,
les nazis avaient entamé l’élimination
de leurs adversaires.
Le nombre de prisonniers augmentant rapidement,
le commissaire nazi à la police de Munich,
Heinrich Himmler, a créé près
de Dachau, le premier camp de concentration.

En mai 1933, sur
la place de l'Opéra de Berlin, un autodafé
des livres réprouvés par le gouvernement,
est organisé (Photo L'Illustration / Sygma)
Communistes, fonctionnaires et opposants de tous
bords y sont déportés en masse.
Dès 1933, ce sont trois camps qui sont
ouverts près de Berlin.
Rien qu’en Prusse, il y a eu près
de 15 000 arrestations en mars 1933.
Les premières discriminations
antisémites
En avril 1933, en Prusse, une première
série de mesures est mise en place pour
éliminer les juifs des postes importants.
Ces mesures concernent aussi bien la fonction
publique que le privé.
Médecins, enseignants, hommes de loi,
fonctionnaires ou artistes sont vivement «
encouragés » à abandonner
leur fonction.
Suivent de véritables mesures d’interdiction
d’exercer.

Un membre des SA
posté devant un magasin juif au début
du boycottage (Bidarchiv Preussicher Kulturbesitz,
Berlin)
Beaucoup d’entre eux décident alors
de s’exiler.
Le 7 avril, une loi interdit le mariage entre
Juifs et Aryens.
Amélioration de la race
allemande
En juillet 1933, la loi sur la stérilisation
est adoptée. D’après cette
nouvelle législation, toutes les personnes
atteintes d’une infirmité psychique
ou corporelle, seront soumises à une stérilisation.
Les mineurs de moins de 18 ans pourront être
stérilisés sur demande de leur tuteur.

De jeunes enfants
enrôlés dans les jeunesses hitlériennes
doivent saluer leur maître du salut nazi
(Photo L'Illustration / Sygma)
L’agence de presse Conti écrit :
« Par cette loi, l’Allemagne témoigne
de sa volonté consciente de perfectionner
physiquement la qualité de la race. Elle
met fin à la politique libérale
de repopulation ».
Cette loi n’est une aberration que pour
ceux qui n’ont pas lu Mein Kampf ou ne l’on
pas pris au sérieux.
En effet, Hitler y a largement exposé ses
vues dans son ouvrage, à la fois célèbre
et méconnu, qui annonçait clairement
la politique qu’il allait mener.
La radio, nouvelle arme de
propagande
Pour le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels,
c’est par la radio que tous les foyers allemands
auront accès à la doctrine nazie.
Ses services ont présenté au Salon
de la radiodiffusion un appareil de radio à
fréquence unique.

Le petit "poste
du peuple" (Photo Süddeutscher Verlag,
Munich)
Le poste du peuple (der Volksempfänger)
est vendu 76 marks. Tous les fabricants allemands
doivent réaliser un même type de
poste.
En deux jours, 100 000 postes sont vendus.
Les nazis s’emparent
définitivement du pouvoir
Après avoir pris le pouvoir et l’avoir
consolidé, le national-socialisme se sent
assez fort, au milieu du mois d’octobre,
pour se débarrasser de ses liens qui limitent
sa liberté de manœuvre.
Pour la première fois depuis l’avènement
d’Hitler, la volonté allemande de
se réarmer s’exprime ouvertement.
Il n’est encore question que d’armes
défensives. Cependant, le même mois,
l’Allemagne se retire de la Société
des Nations.

Pour la plupart
issus de milieux défavorisés, les
SA voient dans Hitler un leader capable de les
conduire jusqu'au pouvoir (Photo Collection Viollet)
Hitler souhaite faire ratifier par le peuple
son premier coup d’éclat diplomatique.
Le président Hindenburg dissout le Reichstag
et fixe de nouvelles élections pour le
12 novembre.
C’est à cette occasion que le référendum
sera utilisé pour la première fois.
Mais, les bulletins électoraux ne porteront
qu’un seul nom, celui du N.S.D.A.P, tous les
autres partis étant interdits.

Carte postale commémorant
le "jour historique" du 30 janvier 1933
(Bidarchiv Preussicher Kulturbesitz, Berlin)
Le 12 novembre 1933, les nazis s’arrogent
92,1% des voix. Concernant le référendum
sur la politique de désarmement, 95% des
allemands disent « oui » au réarmement.
Peu de temps après, les derniers domaines
encore préservés tombent sous la
coupe des nazis. La vie culturelle est placée
le 15 novembre sous la tutelle du ministre de
la Propagande, Joseph Goebbels.
V.B (11.04.2006)
Bibliographie principale
La Marche à la Guerre, éditions
Marshall Cavendish. Chronique du 20e siècle
< Histoire
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