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Australopithèque

Australopithecus afarensis
Australopithecus africanus
Australopithecus bahrelghazali

Notre branche (les hominidés) s’est séparée de celle des gorilles, bonobos et chimpanzés, nos plus proches parents, il y a environ 7 millions d’années.
Nous partageons avec le chimpanzé 99,4% d’homologie, pour les gènes fonctionnellement importants.
Tout récemment, Derek Wildman et son équipe plaident pour qu’homme et chimpanzé soient placés sur un pied d’égalité, sur la même branche. Le chimpanzé deviendrait Homo pan troglodytes et le chimpanzé bonobo serait rebaptisé Homo pan paniscus (source : Sciences et Avenir juin 2004)

Il est évident que singes et hominidés ont un ancêtre commun, un primate inconnu.

Les premiers hominidés sont des pré-hommes et parmi eux, on trouve les Australopithèques.

Les premières découvertes

Le premier australopithèque « singe d’Afrique australe » a été découvert en 1924. Il s’agissait du crâne d’un enfant. Mais, ces fossiles ont été un peu oubliés pendant 30 ans. Ce sont les découvertes faites en 1974 dont la petite Lucy qui a permis à ces pré-humains de sortir de l’ombre.

Pas Australopitheque

A Laetoli, il y a 3,75 à 3,5 millions d'années, un Australopithèque a laissé cette empreinte de pied (Capture d'écran Documentaire de la BBC)

A ce jour, rien n’indique que les Australopithecus aient disposé d’un langage articulé. Ils n’avaient aucun outil manufacturé.

Australopithecus. Enfant de Taung

Enfant de Taung découvert en 1924 par Raymond Dart

Il existe plusieurs espèces d’Australopithecus :

Australopithecus africanus (“Australopithèque africain”) de Taung (Afrique du Sud), décrit en 1925 par Raimont Dart. Cette espèce n'est connue qu'en Afrique du Sud dans des gisements compris entre 3,2 et 2,8 millions d'années.

Australopithecus africanus

Baptisé Madame Ples, ce crâne a été découvert sur le site de Sterkfontein en Afrique du Sud. On pense que les australopithèques découverts sur ce site ont été victimes d'un tigre à dents de sabre. © dinosoria.com

Cette espèce est plus grande (1,3 mètre), plus lourde (40 kilogrammes contre 30) et présente un cerveau plus volumineux qu'Australopithecus afarensis.

Australopithecus afarensis (“Australopithèque de l'Afar”) de Lætoli (Tanzanie) et d'Hadar (Ethiopie), décrit par Johanson, Tim White et Yves Coppens en 1978. Cette espèce vivait il y a 4,1 à 2,9 millions d'années dans les états actuels d'Ethiopie, de Tanzanie et du Kenya.

“Lucy”, découverte en 1974, est l’Australopithecus afarensis la plus célèbre. Elle vivait il y a 3,2 millions d'années. Au moment de sa mort, elle avait une vingtaine d'années. Elle mesurait un peu plus d'un mètre pour un poids d'environ trente kilos.

Australopithecus. Lucy

Fragments du squelette de Lucy, l'Australopithèque

Elle utilisait des outils très rudimentaires, sorte de galets brisés, grossièrement retouchés, ainsi que des fragments d'os qui devaient lui servir de grattoirs.

Galet amenagé   Lucy. Australopitheque

Illustration de Lucy. Le galet aménagé est le premier outil

Australopithecus anamensis (“Australopithèque du lac”) de Kanapoi et Allia Bay (Kenya), décrit par Meave Leaky en 1995.
Les fossiles sont constitués de fragments de mâchoires et d'os des membres.

Australopithecus anamensis   Australopithecus anamensis

Australopithecus anamensis. Fragments des os des membres

Cet australopithèque aurait vécu entre 4,4 et 3,2 millions d'années. Ses dents ressemblent à celles d'Australopithecus afarensis, mais le reste du squelette est extrêmement proche de celui d'un homme moderne. Son poids était d’environ 45 à 55 Kg.

Australopithecus bahrelghazali (“Australopithèque du Bahr el Ghazal”, dit “Abel”) de la région de Koro Toro (Tchad), décrit par Michel Brunet en 1996. Cet australopithèque vivait voici 3,5 à 3 millions d'années. C'est donc un contemporain, au sens large, de “Lucy”.

Fiches détaillées sur les principaux Australopithèques

Australopithecus afarensis

Les sites les plus importants de découvertes d’ Australopithecus afarensis « singe du sud » sont Laetoli, en Tanzanie (3,75 à 3,5 millions d’années), Hadar en Éthiopie (3,3 à 2,9 millions d’années) et deux sites en Afrique du Sud : Sterkfontein et Makapansgat, vieux de 3 à 2,5 millions d’années.

Australopithecus afarensis

Crâne partiel

Les canines des Australopithecus afarensis sont beaucoup plus petites que celles des grands singes mais plus larges et plus pointues que les nôtres.
La bipédie ne fait aucun doute quand on observe leurs empreintes de pas fossilisées.

Australopithecus afarensis

Sur le site de Hadar, on a exhumé de nombreux fossiles dont le squelette aux 2/3 complet de Lucy.
La petite australopithèque mesurait environ 1 m, possédait de longs bras et des jambes courtes.
Son torse est proche de celui des grands singes. Cependant, son bassin indique qu’elle marchait debout mais pas de la même manière qu’un être humain.

Australopithecus afarensis

Crâne reconstitué de la première famille de Hadar, en Ethiopie. Il est généralement considéré comme étant celui d'un Australopithecus afarensis mais la controverse continue. © dinosoria.com

Si l’on devait dresser un portrait de l’australopithecus afarensis, on pourrait en faire la description suivante :

  • Taille d’environ 1 m à 1,30 m
  • Poids entre 25 et 30 kg
  • Un crâne petit, sans front, avec un bourrelet au-dessus des orbites et un occiput anguleux
  • Une face assez massive mais dont le menton fait défaut
  • Des canines proches de celles des hommes avec peu d’espace entre canine et prémolaire
  • Le volume du cerveau est compris entre 300 et 500 ml

Australopithecus africanus

Les fossiles découverts en Afrique du Sud ont été baptisés Australopithecus africanus.
Ils appartiennent à une espèce différente des Australopithecus exhumés en Ethiopie et en Tanzanie.

Australopithecus africanus

Squelette partiel qui révèle que cet hominidé était bipède mais sa démarche n'était pas celle d'un homme moderne

Ces hominidés avaient une face large et massive, avec des pommettes et une mâchoire proéminente.
La capacité crânienne de sept spécimens s’étend de 420 à 500 cm3.
Leurs canines sont plus petites que celles de Lucy et leurs molaires très développées.

Australopithecus africanus

Leur morphologie indique la bipédie. Cependant, ils pouvaient également grimper aux arbres.

Australopithecus africanus

Crâne Australopithecus africanus. © dinosoria.com

Depuis sa découverte, la controverse fait rage pour savoir si cet australopithèque se place comme ancêtre direct de la lignée humaine.

Australopithecus bahrelghazali

L’unique fossile d’ Australopithecus bahrelghazali a été découvert en 1995 par Michel Brunet. Baptisé Abel, c’est le premier hominidé découvert à l’ouest de la Rift Valley.
C’est aussi le premier qui a remis en cause la théorie d’Yves Coppens, le co-découvreur de Lucy.
Les restes sont très fragmentaires : la partie antérieure d’une mâchoire.

Australopithecus bahrelghazali

Il présente des traits anatomiques pour certains très primitifs mais pour d’autres « évolués » :

  • Il est à ce jour le seul australopithèque à posséder, comme la plupart des gorilles et chimpanzés, trois racines entièrement distinctes à ses prémolaires inférieures et supérieures ( l'homme actuel n’en a qu’une seule)
  • Incisives et canines fortes comme pour les australopithèques
  • Émail des dents moins épais que celui de Lucy
  • Des prémolaires qui ressemblent à des molaires comme chez l'Homme
  • La partie antérieure de la mâchoire est réduite et quasi verticale

On ne sait quasiment rien de cet hominidé et encore moins de son mode de vie.
Seules ses dents confirment qu’il s’agit bien d’un australopithèque contemporain de Lucy.

V.Battaglia (11.2004)

Lucy, l'Australopithèque . Paranthropus . Australopithecus sédiba

Références principales

Berceaux de l'humanité : Des origines à l'Age de bronze.Pascal Picq Sous la direction d'Yves Coppens. Larousse. 2003
Homo : Histoire plurielle d'un genre très singulier de Claude-Louis Gallien, Yves Coppens et Quadrige. Quadrige 2002
Lucy & son temps. Pascal Picq et Nicole Verrechia. Regard d'aujourd'hui 2000

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