Aurochs
Bos primigenius, l’aurochs, est l’ancêtre
de la plupart des bovins domestiques dont le taureau.
Plus gros que les races actuelles, c’était
un bovin sauvage et féroce qui parcourait
les forêts d’Europe, d’Asie et
d’Afrique avant de disparaître à
une époque récente.
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L’aurochs a été domestiqué par l’homme il y a environ 6 000 ans. Mais, il était connu de l’homme bien avant. Cet animal est en effet magnifiquement représenté dans les peintures rupestres de Lascaux. Le genre Bos descend peut-être de Leptobos, un taureau plutôt élancé et proche de la gazelle, dont on a découvert des fossiles datant du Pléistocène inférieur en Eurasie. Depuis son lieu d’origine, l’Asie, l’aurochs s’est étendu au reste du monde pendant le Pléistocène. A la fin de la dernière période glaciaire, il occupait un vaste territoire s’étendant de la pointe occidentale de l’Europe jusqu’aux régions les plus orientales d’Asie et des toundras de l’Arctique jusqu’à l’Afrique du Nord et à l’Inde. Reconstitution d'un aurochs. By Onkel-Wart . Licence La chasse intensive, le développement de la domestication
et l’extension des terres agricoles ont
peu à peu décimé l’aurochs
sauvage. Le yack est un descendant direct de l’aurochs. Le Yack. Licence L’aurochs mesurait 3 mètres de long et 2 m au garrot. Il possédait de fortes cornes pointues recouvertes d’une gaine cornée.
La civilisation minoenne accordait une place considérable à cet animal. Selon la légende, Europe était une belle jeune fille que Zeus enleva, déguisé en taureau blanc pour la mener en Crète. D’autres mythes crétois font intervenir le taureau.
Talos, le géant d’airain à tête de taureau,
protégeait l’île de ses envahisseurs.
Statue d'un Minotaure. (Musée national d'archéologie d'Athènes). By Tilemahos Efthimiadis. Licence Les Minoens appréciaient les spectacles. Le spectacle le
plus prisé était également le plus violent
: les jeux tauromachiques. Cette tradition date au moins du IIe millénaire avant notre ère. A Cnossos, les jeux tauromachiques sont représentés dans de nombreux
bas-reliefs, fresques et sceaux. Hommes et femmes participaient
à la tauromachie.
Le taureau est très présent sur les fresques de Cnossos. By Jorge 11 . Licence A une extrémité de l’arène, un taureau
s’apprêtait à charger ; à l’autre
bout, un être désarmé attendait impavide que
la bête fonce sur lui. Il ne subsiste aucun document de ce dangereux passe-temps pratiqué
en Crète par les Minoens vers le milieu du second millénaire
avant notre ère. Les toreros d’aujourd’hui doutent qu’une telle chose soit possible, mais les preuves sont bien là, à Cnossos. Il semble que ces intrépides athlètes étaient des enfants spécialement entraînés à ce sport. Seuls les sportifs risquaient leur vie. Plusieurs peintures crétoises représentent des athlètes couverts de sang.
Certains spécialistes pensent que ce genre de spectacles revêtait un caractère rituel peut-être lié à la fertilité ou au passage de l’enfance à l’âge adulte. Le taureau, symbole viril, masculin, était un motif récurrent
de l’art minoen. Les Crétois vénéraient
la Grande Déesse, une déesse mère. Dans la mythologie grecque, le Minotaure était un hybride
monstrueux d’homme et de taureau. L’aurochs, incarnation de la puissance primordiale, était peut-être le divin responsable des séismes si menaçants et qui finirent par détruire les palais de Cnossos.
Il y a environ 15 000 ans, nos ancêtres peignaient l’aurochs sur les murs des grottes. Les chasseurs-cueilleurs de l’Âge de Pierre chassaient les troupeaux sauvages de bovins pour se procurer de la viande.
L'aurochs représenté sur les murs de la grotte de Lascaux. (Reproduction de la peinture originale). Licence 7 000 ans plus tard, les hommes domestiquèrent les individus les moins féroces pour en exploiter la viande, le lait et la peau. Ces bovins sauvages sont aujourd’hui éteints. L’aurochs, le plus majestueux d’entre tous, si longtemps vénéré pour sa puissance, n’a pas pu résister à l’avancée humaine. A l’image d’ancêtres disparus, tel l’aurochs, les bovins sauvages actuels ont beaucoup de mal à préserver leur mode de vie.
Des Bantengs (bos javanicus) domestiqués . By jim.gifford . Licence De nos jours, il ne reste que quatre genres de buffles et de bœufs qui vivent encore à l’état sauvage :
A part le buffle d’Afrique, tous sont menacés. La
chasse est un élément d’explication du déclin
de ces animaux.
Buffle Africain. © dinosoria.com Aujourd’hui, près de 800 espèces de bovinés
sont domestiqués. Les manipulations génétiques
ont permis d’affiner les qualités de chaque race. Qu’il est loin le temps des grands troupeaux sauvages d’aurochs … V.Battaglia (30.11.2005)
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