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Attila

Les Huns

Au Ve siècle, l’Europe de l’Ouest est terrifiée par de nouveaux envahisseurs : Les Huns. Le roi des Huns, Attila, va bientôt rentrer dans la légende. « Fléau de Dieu », selon ses propres dires, Attila est, dans les manuels d’histoire de France, le prototype de l’ennemi. Son irruption et celle de ses féroces guerriers vont entraîner une vague d’invasions, prélude à la fin de l’Empire d’Occident, que se partagent les Barbares.

Les grandes invasions

Vers 400 après notre ère, les forces qui se pressaient aux portes des empires, que ce soit l’Empire romain, l’Empire perse ou l’Empire chinois, font partout irruption, en Asie, en Europe et même en Afrique.

Poussées par les Huns, originaires d’Asie, des hordes barbares s’infiltrent dans les Empires d’Orient et d’Occident.
En quelques décennies, Wisigoths et Vandales, Francs et Alamans, Ostrogoths et Burgondes, Suèves et Alains désintègrent ainsi, morceau par morceau, les empires constitués depuis des siècles.

Barbare

Barbare à cheval. Une des rares représentations de guerrier hun ou germanique qui date réellement de cette époque (VIe siècle, Badisches Landes museum, Karlsruhe)

C’est la première fois que l’Occident est envahi par des populations asiatiques et est menacé de voir s’établir une civilisation étrangère à la sienne.

Pourtant, ce sont ces empires qui vont transmettre leur culture, leurs institutions et leur religion.
A tel point que les peuples des steppes qui ont franchi la Grande Muraille abandonnant leurs mœurs rudes, adoptent le costume chinois et deviennent les plus fervents défenseurs du bouddhisme.

Dans la crainte des Huns

Si, pendant des décennies, les Barbares se sont installés dans l’Empire de façon assez pacifique, c’est dans le plus grand désordre que, au début du Ve siècle, ils se ruent en masse au-delà du Rhin et du Danube.

Ils ne cherchent pas à piller mais à fuir une nouvelle menace : les Huns.

Les Huns

Les Huns (Barbarians. History Chanel © 2004)

Germains, Vandales, Suèves et Alains fuient, affolés, avec leurs troupeaux et leurs familles devant l’avancée des Huns.

Les Huns sont des nomades, originaires d’Asie, descendant de peuples établis dans les steppes entre Ienisseï et le lac Baïkal.
Il faut souligner que les origines des Huns divergent selon les historiens.
Ils ne s’établissent jamais sauf rarement et après la mort d’Attila. Il ne reste de ce peuple que des tombes et les témoignages des auteurs du monde antique.

Attila

Attila. Le graveur insiste sur l'aspect diabolique en le dotant de cornes (XVe siècle, Musée du Louvre, Paris)

C’est dans le courant du IIIe siècle que les Huns commencent à se répandre en Europe orientale, où ils sèment la terreur par leur sauvagerie.

Au lieu de livrer bataille sur un champ ouvert, les Huns combattent en se déplaçant sans cesse, sans jamais descendre de cheval, en attaquant sans relâche, les armées sur les flancs et par l’arrière.

Quelques témoignages de l’époque nous relatent la férocité de ce peuple :

« Puisse Jésus garder ses fauves loin à l’écart de l’Empire romain. Ils surgissent là où on les attend le moins et ont gagné une réputation de vitesse.
Aucune religion n’est sacrée pour eux, car ils n’en ont aucune. Ils n’ont épargné aucune souche, aucun âge et n’éprouvent même pas un brin de pitié pour les enfants désarmés. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à mettre des nouveau-nés à mort… »

Extrait de la Vulgate de saint Jérôme de Stridon


Attila « le fléau de Dieu »

Le nom d’Attila pourrait dériver d’une racine gothique signifiant « petit père ». On ne sait quasiment rien de la jeunesse d’Attila.
On sait seulement qu’en 435, les deux frères, Attila et Bléda, battent les Romains de Byzance en Crimée.

A partir de 434, le khan, ou roi, des Huns, Attila, après s’être débarrassé par le meurtre de son frère Bléda, gouverne sans conteste sur l’ensemble des hordes hunniques.
La réputation de férocité d’Attila lui vaut le surnom de « Fléau de Dieu ». Il se flatte que « l’herbe ne repousse pas là où son cheval est passé ».

Attila

Attila marchant avec son armée sur Paris (1828-1891; Elie Delaunay, Panthéon, Paris)

Cependant, il semble que la légende ait accentué la barbarie de ce chef effrayant. Il était certes, cruel, à l’image de son époque mais c’était également une fin politique et un grand stratège.
Il possédait de plus un haut niveau de culture.

En Europe centrale, Attila est un héros national. Sa statue orne une place de Budapest.

En Allemagne, il est Etzel, un des personnages de la légende du Nibelung. En Italie, Verdi lui a consacré un opéra, Attila.

Attila à l’assaut de la Gaule

Après son avènement, le roi des Huns dirige d’abord ses ambitions vers l’Orient. En 443, ses soldats arrivent jusqu’à Constantinople et en 448, ils s’enfoncent en Grèce.

Cependant, sans raison connue, Attila abandonne l’Orient pour se tourner vers l’Occident. En 451, il traverse le Rhin, détruit Metz, Reims, Troyes et terrorise les Gaulois.
Paris est à son tour menacé mais une jeune fille, Geneviève, organise la résistance. Aujourd’hui, la statue de sainte Geneviève, qui, du haut du pont de la Tournelle à Paris, semble guetter l’arrivée des envahisseurs, témoigne de la vénération que la petite bergère de Nanterre a suscitée au fil des siècles.

Sainte Geneviève

Sainte Geneviève ravitaille les Parisiens assiégés (Puvis de Chavannes 1824-1898, Panthéon, Paris)

Attila contourne Paris et assiège Orléans. Il peut ainsi envahir le royaume des Wisigoths. Mais, il est arrêté par Aetius qui a rassemblé une armée composée de Romains, de Francs, d’Alains et de Burgondes.

Ce vainqueur d’Attila connaît bien la tactique des Huns. En effet, Aetius a été élevé, en tant qu’otage, à la cour du roi.

A l’ouest de Troyes, au lieu dit Campus Mauriacus « Champs Catalauniques », en juin 451, le Romain Aetius et le Wisigoth Théodoric, obligent les Huns à se retirer précipitamment vers le Rhin.
La Gaule est sauvée.

La mort d’Attila

Suite à sa défaite en Gaulle, Attila entre en Italie en 452. Il s’empare de plusieurs villes dont Milan, Padoue et Pavie.

Attila se serait sûrement emparé de Rome si l’évêque de la ville, Léon le Grand, n’avait versé un tribut considérable pour persuader les Huns de quitter l’Italie.

Saint Léon et Attila

Saint Léon et Attila (XVIIe siècle, Palais des Papes, Avignon)

A peine rentré dans son royaume, Attila se marie et meurt à 58 ans, la nuit de ses noces, en 453. On suppose qu’il a été victime d’une apoplexie, après une journée passée à festoyer.

La mort d'Attila

La mort d'Attila (J. Villeclère, 19e siècle, Musée des Beaux-Arts, Nice)

Son empire ne survit pas à sa disparition. Les Huns se replient alors vers la mer Noire. Ils laissent derrière eux une réputation durable de terreur.
Pourtant, ils ont été les premiers Barbares à être arrêtés dans leur marche vers l’ouest. Une coalition de Romains et de Germains, réunis pour la première fois en une force commune « européenne », a repoussé l’envahisseur asiatique.

Les croyances religieuses des Huns

On sait peu de choses sur les croyances des Huns. Cependant, il apparaît que les Huns croient aux esprits, aux démons et aux forces naturelles. La superstition tient une grande place. Ils croient également aux présages et aux symboles magiques.

Léon le Grand arrêtant Attila

Léon le Grand arrêtant Attila (Fresque de Raphaël, Vatican)

Les prêtres et les chamans, experts en sacrifices, étaient très importants. Ils faisaient des prophéties et rendaient l’avis des dieux en observant les entrailles et en brûlant les os des taureaux.

V.B (04.04.2006)

Bibliographie

Civilisations disparues, Nov’edit. L’Histoire du Monde, éditions Larousse

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