Chaque nouvelle attaque mortelle d’un
requin sur un surfeur ou un plongeur provoque l’émoi.
Ces tragiques accidents sont là pour nous rappeler
que certaines espèces de requins sont dangereuses
pour l’homme. Si les attaques de requins sont très médiatisées, rappelons quand même qu'elles restent assez rares.
Mais, le danger est réel et d’autant plus grand quand
les précautions élémentaires
de sécurité ne sont pas prises.
En effet, certaines heures de la journée
sont fortement déconseillées aux plongeurs
et surfeurs.
Certains pays sont plus concernés par ces
attaques :
L’Australie
L’Afrique du Sud
Les Etats-Unis
Les eaux néo-zélandaises
Statistiques des attaques de requins
En 2007, les attaques de requins ont provoqué la mort d'une seule personne dans le monde, une femme tuée alors qu'elle faisait de la plongée au large de la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique, le plus faible niveau en vingt ans, selon des données de l'Université de Floride. (Source AFP)
Depuis le début 2008, on a déploré cinq attaques mortelles:
Un jeune plongeur a été tué en février en Floride
Un surfeur australien de 16 ans a été tué au sud de Brisbane sur la côte est de l'Australie en avril
Un homme de 66 ans a été tué par un grand requin blanc à proximité d'une plage de San Diego, dans le sud de la Californie en avril
Un surfeur a été mortellement mordu par un requin sur la côte ouest du Mexique en avril
Un surfeur a été tué par un requin sur la côte Pacifique du Mexique en mai
Synthèse des études
sur les attaques de requins
Peu d’études ont été réalisées
sur les causes réelles de ces attaques. Victor Coppleson
rédigea en 1958 une synthèse de ses observations.
Elle reste toujours valable.
La plupart des agressions se sont produites entre 14h et 18h
La météo n’a aucune incidence sur les attaques
Les attaques sont en général le fait d’animaux
isolés
La plupart du temps, le requin s’acharne sur sa victime,
ignorant totalement les autres nageurs
On a noté que certains sites pouvaient faire l’objet
de plusieurs agressions à intervalles rapprochés.
Ces agressions cessent aussi soudainement qu’elles ont commencées.
A ce propos, V.Coppleson défendait la théorie du requin
« vagabond » qui est selon lui, un requin solitaire
plus « rusé » que la moyenne.
L’une des plus terribles séries d’attaques dans
les eaux australiennes est attribuée à un requin tigre
long de 5 m.
L’identification d’un mangeur d’hommes ne peut
se faire que si des fragments de dents sont retrouvés dans
les restes de la victime.
C’est rarement le cas ce qui fait que les identifications
sont souvent erronées.
L’analyse d’un millier d’attaques récentes
a révélé que plus de la moitié des agressions
n’avaient pas de lien direct avec le besoin de se nourrir.
Plus de 75% des victimes n’ont été mordues
qu’une ou deux fois. Les requins n’ont pas essayé
d’arracher des gros morceaux de chair comme ils le font quand
ils chassent.
Attaques de requins dans les eaux australiennes
Avant la pose de filets de protection le long de la côte
orientale, les mers australiennes détenaient le record du
nombre des attaques de requins sur des humains.
Cependant, il faut relativiser car depuis 1901, on ne compte qu’environ
250 agressions dont une centaine mortelles.
Les requins australiens potentiellement dangereux:
Grand requin blanc : ce requin
est responsable d’agressions au large de l’Australie
méridionale
Requin tigre : c’est le plus
dangereux des squales tropicaux. Il s’attaque aussi bien
aux nageurs qu’aux bateaux
Requin cuivre : ce requin a été
impliqué dans de nombreuses attaques contre des surfeurs
et des baigneurs. Cependant, c’est peut-être à
tord car le requin bouledogue, bien plus agressif, évolue
dans les mêmes zones
Peau bleue : ce requin atteint
3,8 m de long. C’est un prédateur du large qui s’attaque
aux hommes et aux bateaux
Requin bouledogue : c’est
un requin qui évolue dans les eaux tropicales et subtropicales
mais aussi dans les estuaires et les fleuves d’eau douce.
Il fréquente les eaux peu profondes proches du rivage
Requin Mako : ce requin a été
identifié lors d’attaques contre des bateaux. C’est
un réel danger pour les plongeurs
Le samedi 7 janvier 2006, une plongeuse de 21
ans est morte après avoir été attaquée
au large de la capitale provinciale Brisbane, en Australie. D’après
les témoins, la jeune femme a été attaquée
par plusieurs requins au large de la plage Amity, nom qui avait
été donné à l'île fictive où
se déroulait le film "Les Dents de la mer".
Les autorités ont mentionné la présence de
requins taureaux.
Cependant, cette espèce n’est pas réputée
pour attaquer l’homme. En l’absence de plus d’informations,
il est impossible dans l’immédiat d’affirmer
que le requin taureau est impliqué dans cette attaque.
Attaques de requins dans les eaux américaines
Chaque année, on dénombre une douzaine d’attaques
et on déplore un ou deux morts dans les eaux américaines.
En comparaison, près de 500 américains meurent foudroyés
chaque année.
Aux Etats-Unis, la majorité des agressions a lieu dans le
sud de la Californie et en Floride. Au large de la Californie, à
Hawaï notamment, environ une attaque par an est perpétrée
par un grand requin blanc.
En parallèle, de nombreux plongeurs rencontrent ce requin
qui se contente de les observer sans attaquer.
L’année 2001 a été baptisée « l’année du requin » en Amérique du Nord. En effet, 51 attaques se sont produites de la Floride à la Virginie pendant l’été.
Le requin le plus dangereux des eaux américaines reste le
requin tigre. Il est commun dans le sud des Etats-Unis et
se nourrit souvent dans les eaux peu profondes.
Le requin bouledogue vient en deuxième
position. Il est nécrophage et prédateur. Ses dents
triangulaires et finement crénelées sont parfois confondues
avec celles du grand requin blanc.
Le requin citron a également
été accusé d’agressions.
Il évolue en eau très peu profonde
et est très abondant en Floride. Une dizaine
d’attaques non mortelles ont été
rapportées.
Le littoral sud africain s’étire sur 2 954 Km. Il
est fréquenté par près d’une
centaine d’espèces de requins.
L’Afrique du Sud détient avec l’Australie
le record des attaques.
Cinq espèces ont été impliquées
avec certitude dans des agressions dont certaines
mortelles : le requin bouledogue, le requin océanique,
le requin tigre, le requin taureau, le grand requin
blanc.
Il faut souligner que le requin taureau est considéré
comme inoffensif pour l’homme. Il est presque certain que
ses attaques ont été le fait de provocations volontaires
ou non. Elles n’ont jamais été mortelles.
Par contre, les quatre autres espèces sont bien plus dangereuses.
Le requin océanique évolue
uniquement sur les hauts fonds. Il peut devenir dangereux pour les
plongeurs du grand large.
De même, il constitue un réel danger pour les rescapés
d’une catastrophe aérienne ou maritime.
Le grand requin blanc semble éprouver une certaine timidité
vis-à-vis de l’homme. Le plus souvent, il s’approche
des plongeurs sans les attaquer n’en déplaise aux admirateurs
de films à sensation.
Cependant, le grand blanc et le Mako ont été responsables
d’attaques de bateaux au large de la province du Cap.
Entre 1936 et 1977, 25 agressions de ce type ont eu lieu.
A plusieurs reprises, les squales ont endommagé les embarcations
; ils ont même sauté dans certaines d’entre elles
!
Il est à noter que ces dernières années, seulement
trois incidents non mortels ont été rapportés
à l’est du Cap.
Mako
La protection des plages par des filets le long du littoral du
Natal a pratiquement éliminé tout risque d’agression
sur des baigneurs.
Attaques de requins sur les côtes du Mexique
Les mois d'avril et de mai 2008 ont été plutôt sombres au Mexique avec trois attaques de requins dont deux mortelles.
Les attaques ont été perpétrées contre des surfeurs sur la côte Pacifique du Mexique. D’après les experts, le nombre d’attaques est anormalement élevé.
En effet, sur les 10 dernières années, on comptabilisait au maximum 5 attaques par an sur ces côtes.
Des spécialistes venus de Californie pensent que la pollution et les perturbations climatiques seraient responsables de cette soudaine frénésie.
Selon le spécialiste américain George Burgess, qui dirige le programme de recherche sur les requins de l'université de Floride et tient un registre statistique sur Internet (International Shark Attack File), les requins ont peut-être été influencés par les courants froids du phénomène climatique La Niña
Des puces électroniques vont être posées sur un millier de squales afin de répertorier les espèces et savoir si des espèces réputées dangereuses auraient migré sur les côtes.
Les trois attaques se sont produites très près du rivage et à très faible profondeur. Ces requins n’ont pas été identifiés.
Les autres attaques à travers le monde
Des attaques de requins sont très rares en Nouvelle Zélande.
On en a dénombré qu’une dizaine en près
de 100 ans.
Des attaques se produisent également dans la ceinture tropicale
du Pacifique.
Les attaques en eau douce
En Inde, dans la baie du Bengale, au milieu des Sundarbans, de nombreuses attaques de requin se produisent.
Dans les cours d’eau, la population pêche au filet. Ces pêcheurs, d’une très grande pauvreté, tirent les filets pendant des heures, pour moins d’un euro par jour.
Les eaux du Gange sont très boueuses et il est donc difficile de savoir quelle espèce est responsable de ces attaques.
Cependant, il est fort probable qu’il s’agit du requin bouledogue.
Deux cas d’attaques de requins
Une des attaques de requin les plus célèbres et tragiques
s’est produite en 1963 dans les eaux de
Sydney. Ce jour là, la populaire actrice
Marcia Hathaway et son fiancé s’avancèrent
dans l’eau profonde d’à peine
75 cm.
Soudain l’actrice hurla « j’ai
été mordue par une pieuvre ! ».
Son fiancé était à quelques
mètres quand il vit un requin saisir la
jambe de l’actrice. Puis, dans une nouvelle
attaque, les dents du squale se prirent dans les
fils du maillot de bain.
Les amis de l’actrice se ruèrent
et réussirent à libérer la
jeune femme, la jambe en sang, de la mâchoire
du requin.
Cette plage était malheureusement inaccessible
par la route et le temps que l’on transporte
l’actrice à la ville la plus proche,
elle mourut d’hémorragie, moins de
30 mn après l’attaque.
Ce deuxième fait est plus étrange. En 1935, un requin
tigre fut offert à l’aquarium de Coogee (Australie).
Au bout de quelques jours, le requin devint fou et commença
à éperonner les parois de sa prison. Puis, devant
le public horrifié, il régurgita le bras d’un
être humain.
La police fut alertée. Le bras présentait un tatouage
qui permit d’identifier la victime, James Smith.
Rapidement, la police arrêta un suspect pour meurtre. Après
avoir été dépecé, le corps avait été
jeté dans une malle sauf ce bras jeté directement
dans l’eau et avalé par notre requin tigre.
On ne comprend pas pourquoi le bras est resté intact avant
d’être régurgité 8 jours plus tard.
La solution : des médias qui informent
Il est intéressant de constater que selon les pays, les
attaques de requins sont rapportées de manière radicalement
différente par les médias.
Aux Etats-Unis, la presse n’hésite pas à monter
en épingle la moindre agression ce qui
n’est pas le cas en Afrique du Sud où
les attaques sont pourtant plus fréquentes.
On peut dire sans hésiter que la solution
passe avant tout par l’information du public.
Il est grand temps de comprendre que la mer n’est pas le
milieu naturel de l’homme. S’y introduire implique donc
une certaine prise de risque.
Il serait aberrant de vouloir éradiquer tout ce qui peut
constituer une menace sur Terre.
Une civilisation qui se dit évoluée doit simplement
admettre que toute incursion dans un environnement étranger
demande un minimum de prudence.
Les médias ont un rôle essentiel à jouer dans
cette information. Espérons qu’ils en prennent conscience
avant que notre planète ne devienne vide de toute diversité
animale.
V.B (08.2004) M.à.J 05.2008
Dossiers complémentaires
sur les requinset les attaques de requin
Requins en Liberté de Gérard Soury Editions Nathan
Les Requins John D.Stevens Editions Bordas
Les grands prédateurs Editions Atlas
L'encyclopédie des grands chasseurs du monde animal Time
Life