Assistance Publique. Sa création Protection de l’enfance L’abandon d’enfant reste, sous l’Ancien
Régime comme après la Révolution
française, extrêmement fréquent.
Aucune loi, au 18e siècle, ne protège
l’enfance. Le 27 juin 1793, sous la Convention,
une loi fonde enfin en France la protection de
l’enfance. |
Ce phénomène d’abandon des enfants en France est récurrent jusqu’au début du 20e siècle. Au début du 19e siècle, Paris compte en moyenne un enfant trouvé pour 158 habitants et un enfant naturel pour trois naissances. La pauvreté est la première cause qui pousse les familles à se débarrasser de leur nouveau-né. A une époque où les moyens contraceptifs n’existent pas et où l’avortement est interdit, l’arrivée d’un enfant non souhaité dans une famille ouvrière ne fait qu’intensifier la misère. La deuxième cause est l’illégitimité
de la naissance. Si aujourd’hui, une femme peut mettre au
monde un enfant sans être mariée, il faut bien comprendre
que cette ouverture d’esprit est en fait très récente. Au 19e siècle, la fille mère n’a droit ni au respect, ni au travail. L’héroïne des Misérables de Victor Hugo, Fantine, reflète parfaitement la condition misérable que l’on réservait à celles qui enfantaient en dehors des liens du mariage. On comprend mieux pourquoi ces jeunes filles préféraient abandonner dans la rue « le fruit du pêché ».
La législation est faite pour protéger l’enfant mais également la mère. Le 28 juin 1793, la mère qui abandonne son nouveau-né est pour la première fois protégée de toutes poursuites. Son anonymat est en plus garanti : « Il sera pourvu par la nation aux frais de gésine de la mère et à tous ses besoins pendant la durée de ses couches. Le secret le plus inviolable sera conservé sur tout ce qui la concerne. » Le 27 novembre 1795, les enfants sont pris en charge : « Les nouveau-nés seront gratuitement accueillis dans les hospices civils de la République. » En mai 1796, on légalise le fait de faire élever par des nourrices des petits orphelins.
Allégorie en l'honneur du rôle de l'Etat en faveur des enfants orphelins. Détail d'une plaquette de Debet-Ponsan. Le décret du 9 janvier 1811 donne une forme définitive,
pour un siècle, à la protection de l’enfance.
Tous les enfants privés de famille avant leurs 12 ans deviennent
« pupilles de l’état. »
Une loi ne peut changer les états d’esprit. Il faut
parfois des siècles avant que les choses changent réellement.
La salle des enfants trouvés à l'hôpital Cochin (gravure du 19e siècle, Paris)
A l’hospice, l’enfant reçoit un collier en os qui porte son numéro d’immatriculation. Le plus rapidement possible, à cause du nombre grandissant
d’abandons, l’hospice envoie les enfants chez une nourrice. Mais, il arrive souvent que les enfants meurent au cours du voyage
ou dans leur foyer d’accueil. Dès que les orphelins atteignent leur 12ème année,
les versements des pensions sont arrêtés.
C’est en février 1805 que l’assistance publique commence à prendre forme. En 1811, les budgets de la protection de l’enfance sont départementalisés. C’est également la création des Commissions hospitalières qui préfigurent des actuelles D.D.A.S.S (Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales). La loi du 24 juillet 1889, dite loi Roussel, élargit la
protection judiciaire aux enfants maltraités. Si aujourd’hui, l’enfant est particulièrement
protégé par la législation, il faut bien dire
que sa mise en place a été très laborieuse
en France comme dans l’ensemble des pays européens.
Le travail dans les mines (gravure du Magasin pittoresque, 1843)
Il faut savoir qu’encore aujourd’hui, on estime la
main d’œuvre enfantine à 300 millions dans le
monde. L’Inde est le pays où la situation est la plus
dramatique.
La fabrication des briques. Une tâche pénible pour les enfants de 5 ans Quant à la protection de l’enfance maltraitée,
les derniers procès en cours montrent à quel point
le problème est loin d’être résolu. V.B (03.2005)
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