L’art du Paléolithique est connu du
grand public grâce aux fresques retrouvées
dans les grottes. Mais, cet art ne se limite pas
aux peintures.
On a retrouvé de très nombreux objets
finement décorés dont les célèbres
Vénus.
Paléolithique: le commencement de l’art
Il y a environ 35 000 ans avant notre époque, l’homme
vivait de la cueillette, de la chasse et de la pèche. L’agriculture
et l’élevage lui étaient alors inconnus.
Pourtant, ces hommes sont déjà des artistes. Les parois
des grottes sont couvertes de représentations peintes et
les objets du quotidien sont décorés.
L’art est bien né au paléolithique.
Les statuettes de Vénus
Homo sapiens a laissé des signes et des images par milliers.
Les premières figurations du culte de la fécondité
apparaissent entre – 35 000 et – 30 000 ans.
Il s’agit de représentations à caractère
sexuel dont certaines sont très réalistes. La plupart
sont féminins.
Vers – 27 000 ans sont sculptées les premières
vénus. Ce sont des statuettes de femmes aux rondeurs disproportionnées.
Elles ont été retrouvées dans toute l’Europe
et en Sibérie.
Elles partageaient toutes un mode de fabrication commun. Elles
sont hautes d’une dizaine de centimètres. Elles sont
dotées de seins et de ventres énormes ainsi que d’un
visage sans traits.
Toutes ces statuettes ont été sculptées entre
– 27 000 et – 17 000 ans.
Façonnées dans différents matériaux
(ivoire de mammouth, bois de cervidés, os, pierre, argile),
ces vénus sont nues pour la plupart.
Beaucoup paraissent enceintes. Leur symbolisme est évident
: fécondité, grossesse, reproduction.
Le plus souvent, les têtes des statuettes ne sont que sommairement
esquissées. La Dame de Brassempouy est une exception. Cette
tête en ivoire ne mesure que 3,8 cm est l'un des rares témoignages
de la représentation d'un visage humain. Elle est datée
de 22 000 ans.
La Vénus de Laussel ou "Dame à la corne"
est un exemplaire intéressant. C'est l'une des rares figures
féminines à tenir un objet. En l'occurence, il s'agit
d'une corne de bison.
L’art pariétal ou art rupestre
L’art pariétal des grottes apparaît il y a environ
– 23 000 ans. Cet art est surtout limité à la
région du sud de la France et du nord de l’Espagne
(région franco cantabrique).
Plus de 200 grottes paléolithiques renfermant des peintures
ont été découvertes. 85% d’entre
elles se situent dans la région franco cantabrique.
Une dizaine ont été découvertes
en Italie et une seule en Europe de l’est.
Cette concentration est probablement due à la
densité de population qui était variable
au Paléolithique supérieur en fonction
du climat.
Grotte Chauvet
On estime que la France comptait environ 2 000 à 3 000 habitants
alors que le reste de l’Europe en comptait environ 10 000.
L’art pariétal européen s’est développé
sur 25 000 ans et s’est épanoui entre 20 000 et 12
000 ans avant notre époque.
Plus de 80% des oeuvres ont été réalisées
sur une période très courte, entre – 17 000
et – 12 000 ans.
On a parfois surnommé l’art paléolithique «
art animalier » car la plupart des peintures et gravures représentent
des rennes, chevaux, mammouths, aurochs …
Mais, il y a également quelques figures humaines et des pictogrammes
(signes géométriques).
Pendant longtemps, on a vu dans l’art rupestre une lente
progression des techniques qui allaient en se perfectionnant.
Mais les dernières découvertes, notamment
la grotte Cosquer en 1991, ont remis en cause cette
chronologie.
Il s’avère que certaines peintures plus
anciennes sont beaucoup plus sophistiquées.
Pour s’éclairer, les peintres disposaient de lampes
à graisse et de torches en bois de genévrier. On a
également retrouvé la trace d’échafaudages
destinés à atteindre les hauts plafonds.
Les couleurs ont été produites grâce aux terres
minérales : ocre, hématite (rouge), limonite (jaune)
et kaolin (blanc).
Etudes et controverses ont longtemps porté sur la nature
et la signification des peintures. On a oublié dans ces interprétations
qu’outre les peintures, des traces de danses rituelles étaient
à proximité.
Dans la grotte du Tuc d’Audoubert, en Ariège, on a
découvert les empreintes de pas de six enfants en six rangées
qui attestent d’une chorégraphie spécifique.
De nombreuses cavernes ont livré des flûtes ce qui
tendrait à prouver que des danses accompagnées de
musique étaient accomplies.
Sculptures du Paléolithique
Les hommes du Paléolithique savaient déjà
décorer leurs armes. Ils possédaient un art mobilier
composé de pendeloques et de plaquettes décorées.
Les matériaux les plus utilisés sont l’ivoire,
l’os de mammouth et le bois de renne.
Par exemple, le propulseur (instrument qui servait à lancer
des armes de jet) est souvent terminé par un crochet en forme
d’animal.
Bijoux et ornements
Durant tout le Paléolithique supérieur,
les hommes fabriquent des bijoux de pierre, d'os, de bois de renne
et d'ivoire.
Nos ancêtres aimaient déjà porter des bracelets
et des pendentifs.
Ils utilisaient également des canines atrophiées
de renne. Certains de ces bijoux sont finement décorés.
Pour porter ces objets en pendentif, une perforation
ou une rainure permet de fixer un lien de suspension
autour du cou ou de coudre l'objet sur un vêtement.
On peut dire que d'une certaine manière, la
mode existait déjà. En effet, de nombreux dessins
et plaquettes montrent des dents et des coquilles qui sont enfilées
aux poignets, aux bras ou aux chevilles.
Un des objets les plus surprenants est
sans doute ce coquillage ramassé il y a 17 000
sur une plage près de Lascaux et retrouvé
dans le Périgord. Nos ancêtres étaient-ils
collectionneurs ?