L’origine de l’art préhistorique Les premières sculptures de la Préhistoire Des milliers d’années avant les célèbres
Vénus du gravettien, nos ancêtres sculptaient
des êtres hybrides, des animaux et des danseuses. |
On pense souvent que les hommes préhistoriques ont inventé
l’art figuratif en peignant notamment des animaux sur les
parois des grottes.
Grotte Chauvet. © dinosoria.com Les célèbres Vénus du gravettien, âgées d’environ 28 000 ans, sont quant à elles considérées comme les premiers symboles de la féminité et de la fertilité. Elles marquent les premières valeurs de l’humanité, centrées sur la mère.
Vénus de Laussel ou "Dame à la corde". 44 cm de haut. Bas-relief sur roche. Musée d'Aquitaine. © dinosoria.com Ces idées schématiques ont été remises
en cause par la découverte de statuettes qui remontent à
au moins 34 000 ans, pour les plus anciennes.
Il y a 35 000 ans, l’homme de Cro-Magnon, en Europe, sculpte,
grave, poli et peint l’ivoire et la pierre. L’archéologue américain, Nicolas Conard, a
notamment mis au jour ce qui pourrait être la plus ancienne
des œuvres d’art. Il s’agit de figurines d’os ou d’ivoire en forme de cheval principalement et à forme humaine.
Figurine en forme de cheval. Musée d'Ulm. © dinosoria.com La représentation de l’homme est assez ambiguë car il s’agit d’êtres hybrides avec un corps d’homme et un visage caché, comme par une cagoule, ou avec une tête animale. Ces figurent seraient plutôt masculines comme en atteste
la proéminence visible à l’entrejambe.
"Femme-lionne". © dinosoria.com L’homme-lion mesure 28,6 cm de haut. Les morceaux de cette
statue en ivoire de mammouth ont été retrouvés
en 1939 parmi des centaines de fragments.
On l’appelle « Fanny » ou encore « la Danseuse
». Elle a été découverte en 1988 près
de Stratzing, en Autriche. Elle ne ressemble nullement aux opulentes Vénus ultérieures.
Elle s’apparente plus à une jeune danseuse.
Vénus baptisée "La danseuse". © dinosoria.com De même, la Dame à la capuche, trouvée à Brassempouy (Landes, en France) qui date de – 29 000 ans, semble trop frêle pour incarner une lourde déesse de la fertilité.
Dame de Brassempouy. (Musée des Antiquités nationales). © dinosoria.com L’aurignacien n’était peut-être pas plus matriarcal que ne l’est notre époque.
C’est dans la première moitié du XXe siècle que ces statuettes ont été exhumées. Elles sont datées de – 32 000 ans. Le bestiaire est très riche : cheval, lion ou bison. Les statuettes ont été sculptées dans l’ivoire.
Statuette de Vogelherd. © dinosoria.com Ces figurines, au modelé remarquable, ont le corps orné de petites cupules et de croisillons gravés. Il est difficile de croire, face à ces réalisations exemplaires, que l’art en était alors à ses débuts. Elles témoignent d’une tradition artistique certainement bien plus ancienne.
Taillée dans du tuf basaltique, cette figurine a été
découverte sur le site acheuléen de Berekhat Ram,
à la frontière israélo-syrienne. Œuvre probable d’Homo erectus, la statuette a été retrouvée entre deux niveaux de cendres volcaniques datés de – 230 000 ans et – 800 000 ans.
Vénus de Berekhat Ram. © dinosoria.com Face aux doutes soulevés par cette découverte, les analyses microscopiques effectués par l’anthropologue américain A.Marchack, ont incontestablement démontré que cette figurine a été taillée par l’homme. Une autre création d’Homo erectus aux formes humaines
plus marquées a été dégagée en
1999, à Tan-Tan, dans le sud du Maroc.
Les statuettes de l’aurignacien ont été rarement
retrouvées à proximité de tombes. Elles ne
faisaient donc pas forcément partie d’un rite funéraire. Cependant, cet art démontre que les facultés d’abstraction
de ces hommes n’étaient pas si différentes des
nôtres. Les statuettes ne sont nullement figées. La femme danse et le cheval galope. Il faudra attendre l’époque magdalénienne (Grottes de Lascaux et d’Altamira) pour retrouver cette dynamique figurative.
Vache et cheval polychromes qui figurent dans l'une des frises principales. (Reproduction de la peinture originale). Licence L’art de l’aurignacien qui semble surgir du néant reste à ce jour une énigme. V.Battaglia (13.12.2005) La femme des origines, image de la femme dans la préhistoire
occidentale, Claudine Cohen, Belin-Herscher, 2003 |








