Portrait d’ Argentavis magnificens
Cet
oiseau avait des ailes immenses par rapport à
la taille de son cops. Bien que l’on ait
retrouvé que quelques fossiles mais aucun
squelette entier, on estime son envergure à
près de 7,30 m.
Un
oiseau de cette taille ne volait sûrement
pas en battant des ailes. Il devait conserver
son énergie en planant.
Il est fort probable qu’il devait s’élancer
d’une hauteur et profiter des courants thermiques
ascendants.
L’albatros est très maladroit au
décollage. Etant donné son envergure,
on suppose qu’ Argentavis magnificens devait
l’être tout autant.

Albatros hurleur. By Tim Ellis
Pour
la grande majorité des animaux qui ont
disparu, les spécialistes ne font que des
suppositions sur leur mode de vie. Ils ne peuvent
se baser que sur le mode de vie de l’animal
actuel le plus proche.
Argentavis
était plus étroitement apparenté
aux cigognes qu’aux oiseaux de proie. Il
proviendrait d’ailleurs de la même
branche que les cigognes, se séparant d’elles
au début du Tertiaire.
Cependant,
il possédait un bec crochu et très
gros comme les vautours. Etait-il lui aussi un
charognard ?
Chez ses cousins modernes, ce bec puissant sert
à déchirer les chairs.
Au
Miocène supérieur, les grandes plaines
d’Amérique du Sud étaient
riches en mammifères herbivores. La nourriture
était donc abondante pour un prédateur
aussi bien qu’un charognard.
Pourquoi Argentavis magnificens a-t-il
disparu ?
Si
l’on suppose qu’Argentavis magnificens
était un charognard, on peut en déduire
que toute modification climatique lui était
préjudiciable.
En effet, un changement du biotope a toujours
un impact sur la faune. Herbivores et carnivores
migrent ou disparaissent quand les ressources
alimentaires ne sont plus suffisantes.
Au
Miocène, il y a eut de nombreux changements
climatiques causés par la dérive
des continents.
Il y a environ 23 millions d’années,
le climat commença à devenir plus
chaud et plus sec. De grands changements au niveau
des plaques tectoniques eurent des conséquences
sur le climat à
l’échelle de la planète, dans
la distribution des chutes de pluie et donc dans
celle de la végétation.
Au début du Miocène, en Amérique
du Sud, les ongulés se diversifièrent
et s’adaptèrent à l’émergence
des grandes savanes.

Illustration d'Argentavis
magnificens. © kawa3104.hp.infoseek.co
A
la fin du Miocène, il y a eut une baisse
constante des températures de la planète
et une augmentation de la sécheresse.
Le monde s’apprêtait à entrer
dans une période plus froide d’alternance
de glaciations et de phases interglaciaires.
Dans le monde entier, commença une réduction
considérable du nombre des espèces.
Les herbivores ne pouvant s’adapter à
ce nouveau climat et à cette nouvelle végétation,
ils entraînèrent dans leur perte
leurs prédateurs.
Il
est donc fort probable que le sort d’Argentavis
a été étroitement lié
à celui des premiers mammifères
d’Amérique du Sud.
V.B
(30.05.2007)
Références
bibliograpgiques
The
Origin and Evolution of Birds Yale University
Press, Feduccia. A, 1996. Le livre de la vie de
Stephen Jay Gould, éditions Seuil. Dinosaures
et autres animaux de la préhistoire, éditions
Könemann.
< Monde Animal Préhistorique |