Mer d’Aral : témoignage d’un internaute Après avoir vu le film « Une Vérité qui dérange » réalisé par Al Gore, et consulté le dossier consacré à la mer d’Aral sur Terra Nova, nous avons décidé de profiter de nos vacances en Ouzbékistan, pour aller vérifier ce qui était dit concernant la mer d’Aral. Dossier de Pierre A. FRADIN
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Après plus de 3 heures d’une route chaotique au revêtement quasiment inexistant, nous arrivons à Moynak, ancien port de pèche.
Désolation à Moyrak. © Pierre A. FRADIN Au détour d’un chemin poussiéreux, nous comprenons que nous sommes au bord de la Mer d’Aral. C’est la désolation : du sable à perte de vue, sur lequel pousse une végétation malingre.
Le pire c’est l’amoncellement de carcasses rouillées de bateaux abandonnés en vrac au détour des dunes arides, autant de bateaux morts témoins des conséquences de la bêtise humaine. Une coque a bien été repeinte récemment en blanc, pourquoi ? Peut- être pour témoigner et pour résister au temps et ne pas se trouver enfouie à jamais dans ce néant.
© Pierre A. FRADIN Nous partons ensuite pour le nord de ce port fantôme, où il existe un promontoire sur lequel est construit un ancien monument à l’abandon, à la gloire des morts de la Deuxième Guerre Mondiale.
Un bord de plage aride © Pierre A. FRADIN Au loin, au niveau de la ligne d’horizon, il est possible de voir le profil d’une sorte d’étang, pauvre poche d’eau où des hommes immergés jusqu’à la taille essayent de pêcher. Mais que peuvent-ils bien pêcher dans cette mare nauséabonde ? Le village de Moynak semble à l’abandon. Des familles, les anciens pécheurs trop pauvres pour partir, survivent dans une misère totale, dans cette ville fantôme.
© Pierre A. FRADIN La pollution est partout dans cette ville. Des transformateurs au pyralène rouillés, éventrés, sont abandonnés le long des rues. La poussière et le sable recouvrent tout. Un homme rencontré sur place, à voix basse nous dit qu’il existe beaucoup d’enfants anormaux ici mais qu’ils sont cachés à l’intérieur des maisons.
A l’origine, il y avait des milliers d’îles mais aujourd’hui il n’en subsiste que deux : Vozrozhdeniya et Barsakelmes.
Bateau échoué sur la mer d'Aral © Pierre A. FRADIN L’ancienne île de Vozrozhdeniya, « île de la Renaissance » » actuellement devenue une péninsule à cause du retrait des eaux, est balayée par les mêmes vents. Cette île était en fait utilisée comme décharge des déchets toxiques en tout genre.
© Pierre A. FRADIN La population semble avoir perdue tout espoir. Ce coin d’Asie Centrale n’intéresse plus personne malgré les effets d’annonces des médias. La mobilisation générale semble déjà lointaine et les fonds récoltés ne sont sûrement pas arrivés jusqu’à Moynak.
Les rares circuits touristiques proposent une étape au lac Aidarkul. Voilà un lac de 15 000 kilomètres carrés, en perpétuelle expansion à cause du barrage non fermé, qui laisse une surface inexploitée.
Lac Aidarkul. © Pierre A. FRADIN La première idée qui m’est venue à l’esprit est pourquoi ne pas y installer la population de Moynak qui agonise au bord d’une mer de sable ? Pierre A. FRADIN (04.01.2008)
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