Ce
continent est resté longtemps inhabité.
Son exploration s’est intensifiée
au XIXe siècle. C’est en 1911 que
le Norvégien Amundsen a atteint le pôle
Sud. Cependant, on considère que le continent
a été aperçu pour la première
fois en 1820 par l'expédition russe de
Mikhail Lazarev et Fabian Gottlieb von Bellingshausen.

Carte de l'Antarctique.
Zoom
Photo . Licence
C’est l’Antarctique qui détient
le record de la température la plus basse
: 89,6°C en dessous de zéro enregistré
à la station russe de Vostok.
Au centre du continent, les températures
varient de – 15°C à -45°C
pendant l’été et de -40°C
à -70°C pendant l’hiver.

By Rita Willaert
Contrairement
à ce que l’on pourrait croire, il
ne neige presque pas aux pôles. La moyenne
annuelle de chutes de neige équivaut à
5 cm de pluie au centre de l’Antarctique.
Tout
gèle en profondeur. Le sol qui gèle
est appelé « pergélisol »
ou « permafrost ».

By Rita Willaert
Ni
les herbivores, ni les carnivores ne peuvent s’installer
dans ces déserts glacés. Pour survivre,
la faune des pôles vit au bord des côtes
ou dans la mer.

Gorfou macaroni
.By Tim Ellis
L’Antarctique
est recouvert à 98% par une calotte glaciaire
appelée « inlandsis ». L’intérieur
du continent est un désert absolu ou seuls
les acariens et quelques insectes peuvent survivre
en permanence.
Le volume de la glace représente 70% des
réserves d’eau douce de la planète.
Des vents violents, appelés « vents
catabatiques » atteignent plus de 300km/h.

By Rita Willaert
L’Antarctique
jouit d’un statut international. Conformément
aux dispositions du traité de Washington
du 1er octobre 1959, les 25 États parties
consultatives ont tenu une conférence consacrée
à la protection de l’environnement
dans l’Antarctique.
Le traité de Washington stipule une internationalisation
fonctionnelle de la zone, caractérisée
par la liberté de recherche scientifique
et par l’interdiction de toute activité
à des fins militaires.

By Rita Willaert
En
1991, les membres signataires ont décidé
le gel de son exploitation manière pour
50 ans. En 1994, la Commission baleinière
internationale a décidé la création
en zone antarctique d’un sanctuaire pour
tous les cétacés.
Plusieurs
États se partagent le continent austral
:
- Antarctique
indépendant :Terre Marie Byrd
-
Argentine : Antarctique argentine
-
Australie : Territoire australien de l'Antarctique
- Chili :Province de l'Antarctique chilien 53°W
à 90°W 1940
- France : Terre Adélie
- Nouvelle-Zélande : Dépendance
de Ross
- Norvège : Terre de la Reine-Maud . Île
Pierre Ier
-
Royaume-Uni : Territoire britannique de l'Antarctique

Pétrel
géant de l'Antarctique .By Tim Ellis
L’instinct
de reproduction du manchot empereur le conduit
à faire le chemin inverse des autres animaux.
Il revient à terre au moment où
la faune fuit vers le nord, là où
le climat est plus doux en hiver.
La femelle pond alors un œuf unique qu’elle
confie au mâle. Il le couve, au chaud dans
un repli de son ventre, pendant trois mois.

Manchot empereur.
By Mike Hipp
Mais,
ce qui permet à la chaîne alimentaire
sur terre et dans la mer de se maintenir, c’est
le krill. Si le krill venait à manquer,
l’ensemble de la chaîne alimentaire
s’effondrerait.
Krill est le nom générique d’environ
85 espèces de crustacés.
Euphausia superba est le plus abondant d’entre
eux. C’est un crustacé rose, transparent,
ressemblant à une crevette, d’environ
4 cm de long.

Krill ( Euphausia
superba). © Terra Nova
Baleines,
oiseaux ou phoques se nourrissent de krill. Le
krill est si important pur la survie de l’ensemble
des espèces qu’il a été
surnommé « l’or rose de l’Antarctique
».
La
faune ne s’installe sur les rivages que
le temps de l’été austral,
environ 3 mois. Ensuite, les oiseaux et les mammifères
marins repartent en mer se nourrir de calamars,
de poissons et surtout de krill.
Ces crevettes forment des bancs compacts de milliards
d’individus.

By Rita Willaert
Il
existe malheureusement des projets de pêche
intensive du krill qui, s’ils se réalisent,
mettront en péril la survie de milliers
d’espèces des régions polaires.

Eléphants
de mer. By Tim Ellis
En
juillet 2003, alors qu’il plongeait en apnée
dans une station de recherche, un scientifique
a été tué par un léopard
de mer.
Le
léopard de mer est un prédateur
actif qui se nourrit de tout, du krill aux phoques,
oiseaux et jeunes éléphants de mer.
Solitaire et agressif, ses nageoires antérieures
sont armées de griffes.

Léopard
de mer. By Tim Ellis
Le
phoque de Weddell est l’un des habitants
permanents de la banquise. Ses dents sont vitales
car ce sont elles qui lui permettent de racler
la glace. Ce travail maintient ouvert le trou
de glace dans lequel il doit venir respirer régulièrement.

Phoque de
Weddell. By Divedivajade
Parmi
les poissons endémiques à l’Antarctique,
on trouve Chaenocephalus aceratus.
Pour survivre près du point de congélation
de l’eau de mer (-2°C), ce poisson produit
des protéines naturelles antigel, les glycopeptides,
qui empêchent la formation de cristaux de
glace dans le sang.
L’évolution
a souvent permis aux animaux de s’adapter
aux environnements extrêmes. Ainsi, les
notothénioïdes, qui représentent
90% des poissons vivant en Antarctique, fabriquent
un « antigel » biologique. Cette molécule
chimique empêche la formation de cristaux
de glace. Les protéines émises sont
trois cent fois plus efficaces que les antigels
chimiques traditionnels.
Dans
les eaux côtières peu profondes,
évolue le lompe (Cyclopterus lumpus).
La « grosse poule de mer » des Québécois
est connue essentiellement pour ses œufs,
colorés en rouge ou en noir, et vendus
comme faux caviar bon marché.

By Asbjorn
hansen
Le
gorfou macaroni (Eudyptes chrysolophus), qui porte
sur la tête une houppe de plumes dorées,
doit son nom à sa ressemblance avec un
type de chapeau en vogue en Angleterre au XVIIIe
siècle.
A la mi-octobre, le printemps austral, ces oiseaux
se rassemblent en colonies d’au moins 200
000 individus sur l’île de Georgie
du Sud pour la reproduction.

By Tim Ellis
Dans
les airs, l’albatros hurleur (Diomedea exulans)
pousse des grognements en effectuant sa parade
nuptiale. Cet albatros détient le record
de la plus large envergure (3,50 m).

Albatros hurleur. By Anita
Gould
La majeure partie de l’année, il
plane en solitaire au-dessus des océans
australs. Pendant la période de reproduction,
les albatros se regroupent sur les îles
subantarctiques. Chaque couple construit un nid.
Mâle et femelle couvent à tour de
rôle un œuf unique.

By Tim Ellis
Etant
donné sa taille impressionnante, l’albatros
hurleur a besoin du vent pour décoller.
Une fois dans les airs, il peut planer pendant
des heures à plus de 70 km/h, se reposant
seulement de temps en temps la nuit.
C’est un chasseur de haute mer qui adore
les seiches.
Le
pôle sud est un lieu où il est facile
d’étudier l’atmosphère
et plus spécialement la couche d’ozone.
On constate que cette couche s’amenuise
d’année en année.
L’homme
a tout intérêt à préserver
l’Antarctique de toute pollution et activités
humaines. Ce continent pourrait bien un jour devenir
la dernière réserve d’eau
douce du monde et donc notre seule chance de survie.
V.B
(02.05.2007)
Crédit photographique
Les photos sont sous licence creative commons. Autre type de licence mentionnée.
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