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Animal Objet : Transport, guerre et combats

Au départ, la domestication de l’animal répondait à des besoins vitaux comme se nourrir ou s’habiller. Nos rapports avec le monde animal se sont peu à peu détériorés. Plus nous avons pris conscience de notre pouvoir de dompter notre environnement, plus nous avons rabaissé à l’état d’objet les autres espèces.
Dans un partenariat, les deux parties y trouvent un bénéfice. Malheureusement, le destin de l’animal partenaire a été dans la plupart des cas : la mort.
Transport, jeux du cirque, combats, guerres : l’homme a toujours utilisé l’animal plus souvent pour la pire que pour le meilleur.

Les animaux utilisés pour le transport

Depuis le Paléolithique, les chevaux sauvages ont été chassés pour la viande. Puis, le cheval a été domestiqué il y a 5 500 ans dans les plaines de l’Ukraine. Il a ensuite été attelé à des chars de combat au début du IIe millénaire avant notre ère.
C’est attelé qu’il a été introduit en Mésopotamie et dans tout le Moyen-Orient.

En 2009, des paléontologues ont retrouvé sur des campements de la culture Botal (IVe millénaire avant notre ère), au Kazakhstan, des prémolaires chevalines portant les traces du mors, ainsi que des traces de lait de jument sur des restes de poteries. Cela démontre que la domestication du cheval remonte bien à au moins 5 500 ans.

Chevaux de la grotte de Lascaux

Chevaux peints dans la grotte de Lascaux. (Reproduction de la peinture originale. Domaine public)

L’usage régulier du cheval monté date du Ier millénaire avant notre ère. Dès lors, les hommes ont pu conquérir de nouveaux territoires avec ce moyen de transport.

On ne sait pas pourquoi il s’est écoulé un millénaire entre l’avènement de l’attelage, vers – 2000, et la généralisation de la monte à califourchon, vers – 1000 ans.
Les grandes conquêtes se sont bien sûr effectuées à cru et sans étrier.

Chameaux en Asie, dromadaires en Afrique et lamas en Amérique du Sud, les différentes espèces de camélidés ont fait l’objet d’une domestication par l’homme.

Dromadaire

Tous les camélidés ont été domestiqués. © dinosoria (CC BY-SA 3.0)

Rares sont aujourd’hui ceux qui vivent encore à l’état sauvage.
La domestication des camélidés s’étale entre - 4 000 et – 3 000 ans.
Les nombreux ossements de lamas qui ont été retrouvés au Pérou suggèrent une utilisation précoce de ces animaux comme bêtes de somme.
La plupart des réalisations Incas comme Machu Picchu ou Cuzco ont été construites à l’aide de milliers de lamas charriant d’énormes pierres jusqu’à 3 600 m d’altitude.

Lama

Lama à Machu Picchu . By Ivan Mlinaric

L’âne, d’origine africaine, a été domestiqué en Égypte vers – 5 000 ans. Il s’est ensuite répandu jusqu’en Chine.
L’âne sauvage de Somalie est l’ancêtre de l’âne domestique.

Ane d'Afrique

Âne d'Afrique. © dinosoria (CC BY-SA 3.0)

Avec les ânes d’Afrique et d’Asie ainsi que les zèbres, le cheval de Przewalski est le dernier équidé à l'état sauvage.

Cheval de Przewalski

Cheval de Przewalski. By Jeff Kubina

Les animaux utilisés pour les combats

Les combats d’animaux sont presque aussi anciens que la domestication. Dans un passé très récent, des pays continuaient à pratiquer ce type de « divertissement » : combats de chameaux en Turquie, de taureaux en Iran ou de béliers en Afghanistan.

En France, à Paris, on organisait jusqu’au milieu du 19e siècle des combats de chiens contre des taureaux, des ours ou des sangliers sur l’actuelle place du Colonel Fabien (ancienne place des combats). Ces combats, bien qu’illégaux, ont perduré très longtemps après l’interdiction.

En Chine, on a élevé des grillons comme animaux de combat. Ils étaient enfermés dans des cages en or ou en ivoire. Ils étaient entraînés, nourris et valaient des fortunes. On a retrouvé de nombreux traités sur les grillons de combat qui expliquent en détail les soins à leur apporter pour gagner la victoire.

Dans un autre registre, les Romains élevaient des murènes qu’ils pouvaient orner de bijoux et qu’ils nourrissaient parfois d’esclaves.

Murène

Murène. © dinosoria.com . (CC BY-SA 3.0)

Les coqs ont pendant longtemps été utilisés pour les combats. Des races particulièrement agressives ont été sélectionnées à cet usage, surtout en Angleterre, en Belgique, dans le Nord de la France et en Espagne. Les combats de coqs existent d'ailleurs toujours en Asie, en Indonésie, mais également à La Réunion (département français).

Les jeux du cirque au temps des Romains sont devenus célèbres grâce au cinéma. Cependant, ces versions romancées ne disent pas que lors de l’inauguration du Colisée, on a sacrifié plus de 9 000 animaux en une seule journée.
Ces combats dans les arènes sont la cause principale de l’extinction des éléphants et des lions d’Afrique du Nord et du Proche-Orient.
L’extermination de ces deux espèces, à la population déjà bien décimée, a été achevée entre le 18e et le 19e siècle.

En 61 avant notre ère, plus de 1 000 ours bruns furent capturés en Italie pour un gigantesque combat de cirque.
Mais, plus récemment, les ours furent victimes de la bêtise humaine. Aveuglés et enchaînés à un pieu, les ours devaient affronter une horde de chiens. Les spectateurs les aiguillonnaient avec des bâtons et des fouets. Ce « sport » barbare pour un public de crétins n’a pris fin qu’au 19e siècle en Angleterre.

Ours brun

Ours brun d’Europe (Ursus arctos arctos). By Poplinre

En 2004, un scandale a éclaté en Asie où l’on a découvert que des combats entre singes étaient clandestinement organisés. La bêtise humaine est intemporelle.

Chimpanze

Le regard dubitatif de ce chimpanzé en dit long sur l'image que nous lui renvoyons. © dinosoria.com. (CC BY-SA 3.0)

Enfin, la corrida avec mise à mort du taureau est toujours pratiquée en Espagne et en France. Quel plaisir de voir un animal agoniser sous les cris hystériques d’un public primaire. Certains appellent ça un sport alors que ce n’est que de la barbarie qui devrait être interdite dans un pays qui se dit civilisé.

Corrida

La corrida, un sport ? Cette boucherie ! By Dominique Sanchez

Toujours en Espagne, sachez que les courses de lévriers sont entachées d’actes ignobles. Les chiens qui ne peuvent plus servir au bout de quelques années sont battus, tués et même brûlés vifs. Une association française (SOS Lévriers) essaye de récupérer autant de lévriers qu’elle peut. Cette pratique barbare est également valable pour l'Irlande.

Les animaux utilisés pour la guerre

Les animaux ont tenu dans la guerre divers rôles : messagers, montures ou armes vivantes.

Le pigeon a été utilisé en Perse et en Égypte dès le début du Ier millénaire avant notre ère.

De nombreux conquérants dont Alexandre Le Grand ont utilisé l’éléphant comme monture de combat.

Elephant d'Asie

Éléphant d'Asie domestiqué. © dinosoria.com . (CC BY-SA 3.0)

Mais, il faut savoir qu’un éléphant n’est pas contrôlable quand il est pris de panique. Les cornacs avaient d’ailleurs appris à les sacrifier au moyen d’une lame enfoncée en un endroit précis de la tête.
Les ennemis connaissaient bien sûr cette faiblesse et lançaient sur les éléphants affolés des javelots enduits de poix enflammée.
Pour venir à bout des éléphants qui fuyaient en cassant tout sur leur passage, on n’hésitait pas à leur couper les jarrets à la hache.

Pendant la Première Guerre mondiale, environ 9 millions de chevaux sont morts pendant les combats.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des dauphins dressés devaient mettre des mines sur les navires ennemis. De leur côté, les Russes avaient harnaché des chiens de mines qu'ils lançaient sur les chars allemands.

En Asie, les macaques ont été utilisés comme éclaireurs suicides lors de la guerre opposant l’Inde au Pakistan en 1971.

V, BATTAGLIA (11.2005)

La domestication des animaux .      L'Animal dans la religion

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