L’anencéphale de Vichy
L'histoire
de l’anencéphale de Vichy est relatée
par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé
Monstres et monstruosités..
Mais déjà, en 1933, le cas est évoqué
dans un opuscule publié à compte
d'auteur par le Dr Therre, l'Anencéphale
à type «simiesque» de la maternité
de l'hôpital de Vichy.
Le
6 janvier 1897, une jeune fille de seize ans accouche
à la maternité de Vichy d'un enfant
qui ne survit que quelques minutes. Il est hermaphrodite
et frappé d'une anomalie exceptionnelle
: l'absence de cerveau et de cervelet, ou anencéphalie.
En effet, l’anencéphalie est caractérisée
par l’absence de crâne et d'encéphale
(cerveau, cervelet et tronc cérébral)
chez le fœtus ou le nouveau-né.
À la place subsiste une masse de tissus
rougeâtre dans laquelle on trouve souvent
des restes méningés ou des neurones.
De nos jours, la fréquence de l'anencéphalie
est de 0,5 pour 1 000 naissances.
Cette anomalie peut se détecter dès
la 13e semaine de grossesse, par échographie.
Si une interruption volontaire de grossesse n'a
pu être pratiquée, le nouveau-né,
néanmoins pourvu d'une face et d'yeux,
a des mouvements lents et stéréotypés
de la tête et des membres. Il a parfois
des réflexes.
Les anencéphales meurent habituellement
au bout de quelques jours.

© DR
Dans
le cas de l’anencéphale de Vichy,
on constate d’autres anomalies qui rendent
ce cas vraiment énigmatique.
Le nouveau-né ressemble incroyablement
à un singe. Il a de longs membres, de gros
yeux ronds et une conformation du thorax spécifique
aux anthropoïdes. Seul lui manque le gros
orteil opposable aux autres, différence
fondamentale entre le singe et l'homme.
Pour
le Dr Therre, médecin-chef de la maternité
de Vichy à l'époque, ces caractéristiques
sont la conséquence non de l'anencéphalie
elle-même, mais de l'acte de fécondation.
Il se trouve en effet que la jeune fille a vécu
jusque-là dans une roulotte en compagnie
de son père et d'un singe, «son seul
compagnon», affirme-t-elle, car tout contact
avec une personne extérieure lui était
interdit. Or, ce singe meurt 1e lendemain de l'accouchement
de l'adolescente, apparemment sous l'effet du
stress causé par la séparation.
Le Dr Therre en déduit que l’enfant
mis au monde est le fruit des relations sexuelles
que la jeune fille a entretenues avec le singe.
Une hybridation impossible ?
Il
semble en effet évident que le monstre
ne peut être que l'enfant du singe ou du
père. Celui-ci et sa fille nient farouchement
toute relation incestueuse, fait peut-être
confirmé par l'extrême étroitesse
et la résistance de l'orifice vaginal déterminées
par la sage-femme à l'examen d'entrée
à la maternité et indiquant une
absence de relation sexuelle normale.
Des
détails qui confortent le Dr Therre dans
son hypothèse d'une origine hybride de
l'anencéphale. Mais le médecin n'ignore
pas que la science contemporaine considère
déjà l'hybridation naturelle entre
deux espèces comme impossible, et admet
pouvoir se tromper.
D'autres
cas troublants d'êtres situés à
la frontière entre l'homme et le singe
sont connus à l'époque contemporaine.
Un des plus célèbres est celui de
la Laotienne Krao (1872-1926), l'une des vedettes
du cirque Barnum et Bailey. Son corps était
couvert de poils noirs, elle était capable
de projeter ses lèvres en avant comme un
chimpanzé et, détail encore plus
étrange, elle possédait des pieds
préhensiles.

© W &
D Downey
Au
moment des faits, l’hybridation homme/animal
était considérée officiellement
comme impossible. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Un débat est actuellement en cours en Grande-Bretagne
sur une question essentielle : Faut-il autoriser
la création d’embryons hybrides,
à la fois humains et animaux, pour les
besoins de la recherche
biomédicale ?
Peut-on
envisager que dès la fin du XIXe siècle
des expériences illégales aient
été pratiquées ?
Elephant Man
Rendu
célèbre par un film de David Lynch,
Joseph Merrick est un cas vraiment exceptionnel
de difformité.
Voici la description qu'en fit sir Frederick Treves,
le médecin qui le recueillit en 1886, dans
ses souvenirs publiés en 1923.

Joseph Merrick
incarné par John Hurt dans Elephant Man
de David Lynch
«C'était
sa tête, énorme et informe, qui frappait
au premier abord. Une énorme masse osseuse
faisait saillie comme un pain sur le front, tandis
qu'à l'arrière du crâne pendait
un sac spongieux, comme fait de peau tapissée
de petits champignons. En surface, elle ressemblait
à du chou-fleur brunâtre. Quelques
rares cheveux, longs et raides, prenaient racine
au sommet du crâne. La protubérance
osseuse fermait presque l'un des yeux. La tête
atteignait en circonférence la mesure habituelle
d'un tour de taille. De la mâchoire supérieure
faisait encore saillie une autre protubérance
de matière osseuse. Elle sortait de la
bouche comme une souche rose, inversant le pli
de la lèvre supérieure, et transformant
l'orifice buccal en une sorte de goulot mal bouché.
(...) Le nez n'était qu'une masse informe
de chair (...) Le dos était horrible :
y étaient suspendues des masses de chair
qui pendaient comme des gibecières jusqu'à
mi-cuisse, recouvertes de cette même peau
en chou-fleur. Le bras droit était à
la fois énorme et informe. (..) Lui aussi
était recouvert de cette peau en chou-fleur.
La main était grande et maladroite - une
ébauche de nageoire ou de pagaie plutôt
qu'une main. (..) Le contraste avec l'autre bras
était pourtant remarquable : non seulement
il était normal, mais la peau était
fine, et la main si délicate que bien des
dames la lui auraient enviée. Le torse
lui aussi était paré d'un sac de
chair répugnante, comme un goitre au cou
d'un lézard. Les membres inférieurs
se présentaient comme le bras droit : ils
étaient lourds, comme hydropiques et grossièrement
déformés. »
Source
: Les grandes énigmes, éditions
Larousse
Quelques malformations et anomalies célèbres
Hors
norme, le Russe Fédor Machnov mesurait
2,82 m pour 187 kg.

Site
de l'auteur
L'Américain
Isaac Spragues se met subitement à maigrir
à l'âge de dix ans pour ne plus peser
que 20 kg jusqu'à la fin de sa vie, tout
en ayant une taille normale. Tout aussi maigre
est son compatriote J. R. Bass après une
«ossification» totale des articulations
qui l'immobilise entièrement jusqu'à
la fin de ses jours.

Site
de l'auteur
Célèbre
dans le monde entier pour sa prestation dans le
film Freaks de Tod Browning (1932), l'Américain
Johnny Eck, dont le corps s'arrête à
la taille et qui ne pèse que 28 kg, est
un sportif et surtout un musicien émérite
à qui il arrive de diriger l'orchestre
de Baltimore.

Site
de l'auteur
Jumeaux.
Giovanni et Giacomo Tocci partagent le même
corps en dessous de la taille, ce qui ne les empêche
nullement d'épouser deux sueurs et de vivre
jusqu'à 63 ans.

Scientific
American, December 12, 1891, p. 374. Paul Colston
collection. Site
de l'auteur
Le
jumeau de J. J. Libera se présente comme
un corps atrophié qui lui sort directement
de la poitrine. Pourtant, Libera se marie et a
quatre enfants, tout comme Franck Lantini, encore
un Italien, qui contrôle parfaitement ses
trois jambes de taille pratiquement identique,
la surnuméraire étant tout ce qui
subsiste de son jumeau.
L'un
des cas les plus extraordinaires est celui du
Mexicain Pascal Pinon avec sa tête parasitaire
perchée au-dessus de son crâne et
qui peut ouvrir les yeux et la bouche.

V.B
(15.01.2007)
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