Anencéphale
de Vichy et autres monstres célèbres
L'intérêt pour ceux que l’on a qualifié pendant longtemps de « monstres humains » remonte à l'Antiquité. Grecs et Babyloniens, par exemple, voyaient dans ces créatures l'œuvre délibérée des dieux, et les empereurs romains les faisaient rechercher activement dans l'Empire pour les exhiber dans leur palais. Les
« monstres » humains connaissent leur
heure de gloire au XIXe siècle et au début
du XXe siècle. Ils constituent alors l'attraction
principale des foires et des cirques, où
bon nombre d'entre eux font d'ailleurs fortune. Il n'en reste pas moins que malgré le progrès, toutes les monstruosités engendrées par la nature stimulent la curiosité, souvent morbide du public, depuis toujours.
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L'histoire
de l’anencéphale de Vichy est relatée
par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé
Monstres et monstruosités.. Le
6 janvier 1897, une jeune fille de seize ans accouche
à la maternité de Vichy d'un enfant
qui ne survit que quelques minutes. Il est hermaphrodite
et frappé d'une anomalie exceptionnelle
: l'absence de cerveau et de cervelet, ou anencéphalie.
© DR Dans
le cas de l’anencéphale de Vichy,
on constate d’autres anomalies qui rendent
ce cas vraiment énigmatique. Pour le Dr Therre, médecin-chef de la maternité de Vichy à l'époque, ces caractéristiques sont la conséquence non de l'anencéphalie elle-même, mais de l'acte de fécondation. Il se trouve en effet que la jeune fille a vécu jusque-là dans une roulotte en compagnie de son père et d'un singe, «son seul compagnon», affirme-t-elle, car tout contact avec une personne extérieure lui était interdit. Or, ce singe meurt 1e lendemain de l'accouchement de l'adolescente, apparemment sous l'effet du stress causé par la séparation. Le Dr Therre en déduit que l’enfant mis au monde est le fruit des relations sexuelles que la jeune fille a entretenues avec le singe.
Il semble en effet évident que le monstre ne peut être que l'enfant du singe ou du père. Celui-ci et sa fille nient farouchement toute relation incestueuse, fait peut-être confirmé par l'extrême étroitesse et la résistance de l'orifice vaginal déterminées par la sage-femme à l'examen d'entrée à la maternité et indiquant une absence de relation sexuelle normale. Des détails qui confortent le Dr Therre dans son hypothèse d'une origine hybride de l'anencéphale. Mais le médecin n'ignore pas que la science contemporaine considère déjà l'hybridation naturelle entre deux espèces comme impossible, et admet pouvoir se tromper. D'autres cas troublants d'êtres situés à la frontière entre l'homme et le singe sont connus à l'époque contemporaine. Un des plus célèbres est celui de la Laotienne Krao (1872-1926), l'une des vedettes du cirque Barnum et Bailey. Son corps était couvert de poils noirs, elle était capable de projeter ses lèvres en avant comme un chimpanzé et, détail encore plus étrange, elle possédait des pieds préhensiles.
© W & D Downey Au
moment des faits, l’hybridation homme/animal
était considérée officiellement
comme impossible. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Peut-on envisager que dès la fin du XIXe siècle des expériences illégales aient été pratiquées ?
Rendu
célèbre par un film de David Lynch,
Joseph Merrick surnommé Elephant Man, est un cas vraiment exceptionnel
de difformité.
Joseph Merrick incarné par John Hurt dans Elephant Man de David Lynch «C'était sa tête, énorme et informe, qui frappait au premier abord. Une énorme masse osseuse faisait saillie comme un pain sur le front, tandis qu'à l'arrière du crâne pendait un sac spongieux, comme fait de peau tapissée de petits champignons. En surface, elle ressemblait à du chou-fleur brunâtre. Quelques rares cheveux, longs et raides, prenaient racine au sommet du crâne. La protubérance osseuse fermait presque l'un des yeux. La tête atteignait en circonférence la mesure habituelle d'un tour de taille. De la mâchoire supérieure faisait encore saillie une autre protubérance de matière osseuse. Elle sortait de la bouche comme une souche rose, inversant le pli de la lèvre supérieure, et transformant l'orifice buccal en une sorte de goulot mal bouché. (...) Le nez n'était qu'une masse informe de chair (...) Le dos était horrible : y étaient suspendues des masses de chair qui pendaient comme des gibecières jusqu'à mi-cuisse, recouvertes de cette même peau en chou-fleur. Le bras droit était à la fois énorme et informe. (..) Lui aussi était recouvert de cette peau en chou-fleur. La main était grande et maladroite - une ébauche de nageoire ou de pagaie plutôt qu'une main. (..) Le contraste avec l'autre bras était pourtant remarquable : non seulement il était normal, mais la peau était fine, et la main si délicate que bien des dames la lui auraient enviée. Le torse lui aussi était paré d'un sac de chair répugnante, comme un goitre au cou d'un lézard. Les membres inférieurs se présentaient comme le bras droit : ils étaient lourds, comme hydropiques et grossièrement déformés. » Source : Les grandes énigmes, éditions Larousse
Hors norme, le Russe Fédor Machnov mesurait 2,82 m pour 187 kg.
L'Américain Isaac Spragues se met subitement à maigrir à l'âge de dix ans pour ne plus peser que 20 kg jusqu'à la fin de sa vie, tout en ayant une taille normale. Tout aussi maigre est son compatriote J. R. Bass après une «ossification» totale des articulations qui l'immobilise entièrement jusqu'à la fin de ses jours.
Célèbre dans le monde entier pour sa prestation dans le film Freaks de Tod Browning (1932), l'Américain Johnny Eck, dont le corps s'arrête à la taille et qui ne pèse que 28 kg, est un sportif et surtout un musicien émérite à qui il arrive de diriger l'orchestre de Baltimore.
Jumeaux. Giovanni et Giacomo Tocci partagent le même corps en dessous de la taille, ce qui ne les empêche nullement d'épouser deux sueurs et de vivre jusqu'à 63 ans.
Scientific American, December 12, 1891, p. 374. Paul Colston collection. Site de l'auteur Le jumeau de J. J. Libera se présente comme un corps atrophié qui lui sort directement de la poitrine. Pourtant, Libera se marie et a quatre enfants, tout comme Franck Lantini, encore un Italien, qui contrôle parfaitement ses trois jambes de taille pratiquement identique, la surnuméraire étant tout ce qui subsiste de son jumeau. L'un des cas les plus extraordinaires est celui du Mexicain Pascal Pinon avec sa tête parasitaire perchée au-dessus de son crâne et qui peut ouvrir les yeux et la bouche.
V.Battaglia (15.01.2007) |







