Une faune massacrée pour quelques barils
de pétrole
Le Sénat américain s’est déclaré
favorable aux forages pétroliers dans la réserve
naturelle. Le Président Américain a appuyé
sa demande en affirmant que cette nouvelle ressource de pétrole
permettrait à son pays de renforcer son indépendance
énergétique.
Depuis, quelques années, la Chine achète énormément
de pétrole. Cette demande accrue a fait monter le prix
du baril.
C'est tout l'Alaska qui a besoin d'être protégé
de l'activité industrielle humaine.

Oléoduc qui achemine le pétrole. By Rickz
En 1994, un pipeline sibérien s'est
rompu, déversant des milliers de tonnes de pétrole
brut dans les rivières qui se jettent dans la mer de
Barents. Cette catastrophe écologique risque de se
reproduire car le réseau de pipelines russe est dans
un état de délabrement avancé
Il faut souligner que depuis 1991 déjà, le
parti républicain, largement soutenu par l’industrie
pétrolière, tente de soulever l’interdiction
dans la réserve de l’ANWR pour en exploiter les
gisements pétroliers.

Alaska. By B.Mully
Jusqu’à présent, les sénateurs
démocrates et certains républicains, avaient
réussi à bloquer ce projet.
Face à l’opposition des organisations de défense
de l’environnement, M.Bush a assuré : «
Le forage se limitera à un « petit coin »
de quelques hectares au milieu des 200 000 hectares protégés
».
Or, on sait très bien qu’une telle activité
industrielle est une source de pollution supplémentaire
et perturbera gravement la faune locale.

Pour acheminer pétrole
et gaz, d'immenses oléoducs franchissent les hautes
montagnes de l'Alaska. Ces oléoducs font obstacles
à la migration de la faune.
Cette mesure a été introduite dans le projet
de budget 2005-2006. Elle nécessitera pour passer 51
voix contre 60.
Les débats budgétaires doivent durer plusieurs
mois. L’incertitude est donc grande quant à l’avenir
de cette réserve naturelle.
La faune à protéger
La seule présence humaine dans cette zone située
au nord du cercle polaire est une population de 210 esquimaux
du village de Kaktovik. Ils vivent essentiellement de pêche
et de chasse.
Cette réserve abrite une faune qui est déjà
menacée par le réchauffement de la planète.

L'Alaska vu du ciel. By Jack French
Sur la surface immaculée de la banquise, l’ours
polaire est parfaitement adapté à l’environnement
hostile de l’arctique. Pourra t-il encore longtemps
sillonner nonchalamment son domaine ?
Un ours polaire se déplace sur de grandes distances.
Toute activité humaine est une menace pour cette espèce.

Ours polaire. By
Vmselde
L’extrême arctique est un désert blanc
recouvert de calotte glaciaire. Elle abrite une faune très
spécifique et très fragile à tout changement,
notamment climatique.

Canis lupus. By Dobak
Le loup, le renard arctique et l’hermine sont les principaux
prédateurs terrestres avec, au sommet de la chaîne
alimentaire, l’ours polaire qui se nourrit presque exclusivement
de phoques.

Le renard polaire
. By Ftch
L’avifaune est très variée. Le sterne
arctique est un migrateur au « long cours ». De
l’arctique, il migre en Antarctique puis revient.
On y trouve également le Harfang des neiges qui se
nourrit principalement de lemmings. On peut également
citer la mouette blanche qui, elle, vit en permanence dans
l’antarctique. Elle se nourrit des restes de phoques
laissés par l’ours polaire.

L'Hermine . By Michaël
64
Aujourd’hui, les atteintes à l’environnement
arctique se multiplient : pollutions industrielles, déversement
de déchets radioactifs, marées noires et pluies
acides.
Toutes ces agressions constituent une véritable menace
pour l’avenir de la faune.
L’ours polaire souffre particulièrement des
déchets toxiques. Certains ours sont atteints de rachitisme.
Un ours adulte recueilli par un chercheur ne pesait plus que
90 kg !
Réchauffement : Danger !
Le réchauffement de la planète est une menace
à moyen terme pour la faune polaire mais également
pour l’homme.
Un réchauffement, même minime, ferait fondre
les glaces des pôles, fractionnant les territoires.
Ce fractionnement perturbera le cycle de reproduction des
espèces déjà fragilisées.

La réserve abrite également
le grizzli . By Glenn
De plus, les immenses masses glacées assureront moins
bien leur fonction de « réfrigérateur
» terrestre. Cela accélèrera encore plus
le réchauffement planétaire.
Ces phénomènes doivent être pris très
au sérieux si on ne veut pas que d’ici moins
de 50 ans, la jeune génération actuelle vit
dans une fournaise.
L’arctique doit être absolument protégé
pour l’homme comme pour la faune. Il est aberrant que
dans le contexte actuel où la menace d’un changement
climatique se précise, un pays comme les Etats-Unis
puisse prendre une décision aussi inconsciente.
Véronique Battaglia (Mars 2005)
Le
réchauffement de la planète
Crédit photographique
Les photos sont sous licence creative commons et proviennent du site Flickr
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Réserves naturelles
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