L’histoire d’Alamo
L’histoire d’Alamo commence dans les années
1820, lorsque le Mexique, confronté à des révoltes
d’indiens, décide d’ouvrir ses territoires du
Nord aux pionniers américains, alors considérés
comme une force stabilisatrice dans la région.
Nous sommes alors en pleine Conquête de l'Ouest en Amérique.

Pionniers vers l'Oregon. By Mary Harrsch
Bien qu’ils aient prêté serment de respecter
les lois mexicaines pour pouvoir s’installer, les colons américains
s’insurgent rapidement contre les levées d’impôts,
l’absence de jury lors des procès et l’abolition
de l’esclavage.
En 1835, ils se révoltent contre le gouvernement mexicain.
Le général Antonio Lõpez de Santa Anna, président
du Mexique, transfère rapidement des troupes dans la région,
bien déterminé à étouffer la rébellion
dans l’œuf.

Le général Santa Anna (Domaine public)
Après avoir mené une série de batailles contre
les insurgés, Santa Anna se concentre sur un groupe de Texans
qui occupent depuis décembre une forteresse à San
Antonio : fort Alamo.
Le commandant de l’armée texane, Sam Houston, a ordonné
l’abandon du fort, mais des hommes dirigés par James
Bowie et William Travis ont décidé de passer outre
et de le défendre coûte que coûte.

James
Bowie. (Monument commémoratif d'Alamo). By The Jacobin
Le contrôle de cette région est essentiel pour les
mexicains. Aussi, dès janvier, Santa Anna arrive devant le
fort avec une armée de 2 400 hommes.
Le siège de fort Alamo
Le siège commence le 23 février 1836. Les défenseurs
du fort ne sont que 145. Des renforts les feront passer à
187, huit jours plus tard.
Le déséquilibre des forces est tel que défendre
ce fort semble une action suicidaire. Travis s’en rend d’ailleurs
bien compte car le 3 mars il offre la possibilité à
ceux qui le souhaitent de quitter Alamo en se faufilant entre les
lignes ennemies.
Un seul homme saisira cette chance : Louis Rose. Ce sera le seul
homme survivant.

William B.Travis (Domaine public)
La légende veut que Travis ait tracé une ligne sur
le sol et ait demandé à tous ceux qui acceptaient
de mourir avec lui de l’enjamber.
Mais, cette anecdote n’est connue que par le récit,
postérieur de 40 ans au siège, d’un homme qui
l’aurait entendue de la bouche de ses parents, lesquelles
l’auraient recueillis de Rose lui-même …

Canon du fort Alamo. By Stephen Witherden
Travis n’ignorait pas qu’il n’y avait aucun espoir.
Une légende, invérifiable, prétend qu’il
a envoyé une messagère à Santa Anna pour lui
dire que les Américains acceptaient de se rendre s’ils
avaient la vie sauve.
Si l’histoire est vraie, Santa Anna, a refusé l’offre,
puisqu’il engagea le combat décisif dans la nuit du
5 mars.
L’assaut final d’Alamo
Les Américains réussirent d’abord à
repousser les Mexicains mais, épuisés par le siège,
ils ne parvinrent pas à maintenir leur effort.
Après un deuxième assaut infructueux au matin, Santa
Anna en lance un troisième dans la journée.
Le 6 mars, à 21 heures, le fort est pris par les Mexicains.
Officiellement, 200 mexicains sont morts et 400 sont blessés.
Mais, ces chiffres sont contestables. Santa Anna a en effet transmis
de faux rapports pour masquer les dommages subis par son armée.
Certains historiens ont avancé les chiffres de 1 600 morts
et blessés.

Dessin de l'assaut final sur Fort Alamo. By Stephen Witherden
Il a été prouvé assez récemment que
plusieurs Texans, dont Davy Crockett, ont survécu à
l’assaut et ont été exécutés après
coup.
On sait aussi que les cadavres des hommes furent dépouillés
de leurs vêtements puis brûlés, et que les femmes,
les enfants et l’esclave de Travis furent épargnés.

Aube sur Alamo, tableau de H.A. Mccardle (Domaine public)
Les spécialistes de l’histoire militaire considèrent
aujourd’hui que la décision des Texans de défendre
le fort était irréaliste. Cependant, la personnalité
des combattants, Davy Crockett, James Bowie et William Travis, était
si exceptionnelle que leur mort ne pouvait qu’engendrer un
mythe patriotique.

Davy Crockett (Monument commémoratif d'Alamo). By The Jacobin
Leur extraordinaire vaillance contribua ainsi à galvaniser
les troupes conduites par Sam Houston, le futur président
de l’éphémère république du Texas.
Six semaines plus tard, elles écrasèrent les forces
mexicaines à San Jacinto.
En 1848, le Mexique, par le traité de Guadalupe-Hidalgo, cède à l’Union américaine le Texas mais aussi la Californie, l’Arizona, le Nevada, l’Utah et le Nouveau-Mexique.
Il est à souligner que Bowie et Crockett ont été
plus glorieux, morts, que vivants. L’officier Bowie avait
été dégradé et Crockett venait de perdre
l’élection au Sénat du Tennessee.
La fiabilité des témoignages
Nous connaissons les détails de la bataille d’Alamo
par les récits des survivants, qu’il s’agisse
de civils épargnés ou de soldats mexicains.
La version des Mexicains insiste moins, bien sûr, sur l’héroïsme
des Texans.

Eglise restaurée de fort Alamo. By Tom Haymes
Parmi les récits des civils, les plus fiables sont ceux
de l’esclave noir du colonel Travis, Joe, et du fils d’un
soldat texan, qui était alors âgé de 8 ans.
Les femmes, pour la plupart, étaient cachées, et n’ont
donc pas vu toute la bataille.
Enfin, des hommes qui errèrent autour de San Antonio des
semaines après la bataille, prétendants être
les seuls survivants, sont à l’origine de la plupart
des légendes concernant Alamo.
V.B (4.11.2005)
Références bibliographiques et crédit photographique
La conquête de l’Ouest. L’Histoire du Monde N°95. Editions Larousse 1993
Historia N° 386. 1979
Sacrificed At The Alamo : Tragedy And Triumph In The Texas Revolution Military History Of Texas Series, No - 3. Richard Bruce. Editeur : Mcwhiney Foundation Press.
2004
Les photos, sauf mention contraire, sont sous licence creative commons
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