Le
terrorisme mondial d’al-Qaida
Dans les jours qui suivent le
11 septembre 2001, le monde apprend l’existence
d’al-Qaida et de son leader, Oussama Ben
Laden.
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Le fondateur d’al-Qaida est un personnage bien connu des
services secrets américains et cela bien avant l’attentat
du World Trade Center de New York. Dans les années 1980, les services secrets américains ont aidé Ben Laden dans sa lutte contre les Soviétiques lors de la guerre d’Afghanistan.
Comparaison des messages vidéos d'Oussama Ben Laden, diffusés respectivement le 30 octobre 2004 (à droite) et le 7 septembre 2007 (à gauche), vidéogrammes. Né en 1957, Oussama Ben Laden, est l’un des 54 enfants
d’un richissime magnat saoudien, originaire du Yémen. Le jeune homme se destine aux affaires avec la protection de la famille royale saoudienne dont il est proche. L’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en 1979 constitue un tournant dans sa vie. Proche des milieux islamistes depuis 1973, il se décide à soutenir les musulmans afghans contre les Soviétiques dont l’athéisme officiel en fait l’ennemi par excellence. Il part alors pour l’Afghanistan, où, grâce à sa fortune personnelle, il organise et dirige une troupe de choc composée de près de 20 000 hommes recrutés dans l’ensemble du monde arabe. Durant toutes ces années, Ben Laden est aidé militairement par le gouvernement américain.
Une rue de Kaboul en 2005. By Zedwards . Licence C’est dans ce contexte qu’il fonde en 1988 al-Qaida, « la base », une structure clandestine, à la fois réseau et lieu d’encadrement et de formation des combattants musulmans.
En 1989, la guerre froide touche à sa fin, et Mikhaïl Gorbatchev ordonne le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan. Le conflit a provoqué la réislamisation en profondeur de toute une génération de combattants. Influencé par le wahhabisme, ce courant religieux saoudien marqué par un grand puritanisme et une lecture littérale du Coran, Ben Laden s’est orienté vers l’islamisme le plus radical. Désormais, il prône non seulement la guerre contre les non-musulmans présents sur le sol musulman mais aussi contre tous les non-musulmans qu’il considère comme impies. L’idéologie d’al-Qaida est d’ordre apocalyptique : elle ne vise pas à obtenir quoi que ce soit de l’ennemi mais simplement à le détruire. Quand, en 1990, l’Irak laïque de Saddam Hussein, envahit le Koweït, Ben Laden propose son aide au gouvernement saoudien. Riyad décline son offre et préfère les troupes américaines. Au cours de la première guerre du Golfe, des soldats américains s’installent en Arabie Saoudite, ce qui représente pour Ben Laden une profanation des sites les plus saints de l’islam, notamment La Mecque. Cet évènement marque la décision de Ben Laden d’œuvrer contre le satan américain.
Attentat du 11 septembre 2001 à New York. By Wallyg . Licence Ben Laden s’est trouvé un allié de poids en
la personne de Ayman al-Zawahiri, fondateur du Djihad islamique
en Egypte. Les deux hommes s’exilent en Afghanistan d’où
ils proclament solennellement, en février 1998, la création
du « Front islamique mondial du djihad contre les juifs et
les croisés (Occidentaux) ».
Al-Qaida n’est pas une société secrète ordinaire. Elle ne possède aucune structure centralisée, ni organigramme. C’est en fait une nébuleuse tentaculaire. Tout au plus, sait-on que l’organisation se compose d’un conseil consultatif religieux et de quatre comités : militaire, religieux, financier et médias. Ben Laden en est le porte-parole et le financier. A ses côtés, Ayman al-Zawahiri fait office de stratège et de tête pensante. Avant la riposte américaine en Afghanistan, en 2001 et 2002, al-Qaida dispose d’une vingtaine de camps d’entraînement dispersés sur le territoire.
Attentat de Londres en 2005. By Jaime london boy . Licence Elle est liée à d’autres groupes islamistes du monde entier dont le GIA « Groupe Islamiste Armé », en Algérie. Les membres sont soigneusement recrutés. Leur dévouement est la première condition requise. Ils doivent rompre tous liens avec leur famille. Un enseignement religieux leur est dispensé et les non-musulmans y sont présentés comme des mécréants pour lesquels on ne peut avoir aucune pitié. Ainsi, on a retrouvé dans le testament de Mohammed Atta, un des protagonistes des attentats du 11 septembre, une lettre qui évoque ses futures victimes comme des « ennemis ». Cette doctrine débouche sur le sacrifice de soi. Un document émanant d’al-Qaida précise que « le martyre permet la réalisation de la religion d’Allah tout puissant sur terre ».
Au terme de l’intervention militaire américaine en
Afghanistan à la fin 2001, deux tiers des dirigeants d’al-Qaida
ont été tués ou capturés. On a cru alors
le monde délivré de Ben Laden. Or, les attentats ont
continué. Actuellement, il semble que l’organisation distribue des
sortes de franchises à des groupes islamistes locaux qui
commettent des attentats en son nom. La « base » est devenue une entité insaisissable et mutante qui peut frapper n’importe où et n’importe quand. V.B (03.01.2006) |



