Dans les jours qui suivent le
11 septembre 2001, le monde apprend l’existence
d’al-Qaida et de son leader, Oussama Ben
Laden.
Puissante organisation clandestine, al-Qaida,
« la base », a déclaré
la guerre à l’Occident.
L’ennemi mondial numéro un
Le fondateur d’al-Qaida est un personnage bien connu des
services secrets américains et cela bien avant l’attentat
du World Trade Center de New York.
Ce n’est pas un hasard si le visage de Ben Laden a circulé
sur tous les écrans du monde dès le lendemain de l’effondrement
des twin towers.
Dans les années 1980, les services secrets américains
ont aidé Ben Laden dans sa lutte contre les Soviétiques
lors de la guerre d’Afghanistan.
Né en 1957, Oussama Ben Laden, est l’un des 54 enfants
d’un richissime magnat saoudien, originaire du Yémen.
Il a reçut une éducation « à l’occidentale
», fréquentant de prestigieuses universités
britanniques où il étudie l’économie.
Le jeune homme se destine aux affaires avec la protection de la
famille royale saoudienne dont il est proche.
L’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques
en 1979 constitue un tournant dans sa vie. Proche des milieux islamistes
depuis 1973, il se décide à soutenir les musulmans
afghans contre les Soviétiques dont l’athéisme
officiel en fait l’ennemi par excellence.
Kaboul en 1996
Il part alors pour l’Afghanistan, où, grâce
à sa fortune personnelle, il organise et dirige une troupe
de choc composée de près de 20 000 hommes recrutés
dans l’ensemble du monde arabe.
Durant toutes ces années, Ben Laden est aidé militairement
par le gouvernement américain.
C’est dans ce contexte qu’il fonde en 1988 al-Qaida,
« la base », une structure clandestine, à la
fois réseau et lieu d’encadrement et de formation des
combattants musulmans.
Le Satan américain
En 1989, la guerre froide touche à sa fin, et Mikhaïl
Gorbatchev ordonne le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan.
Le conflit a provoqué la réislamisation en profondeur
de toute une génération de combattants. Influencé
par le wahhabisme, ce courant religieux saoudien marqué par
un grand puritanisme et une lecture littérale du Coran, Ben
Laden s’est orienté vers l’islamisme le plus
radical.
Désormais, il prône non seulement la guerre contre
les non-musulmans présents sur le sol musulman mais aussi
contre tous les non-musulmans qu’il considère comme
impies.
26 février 1993. Evacuation
des blessés après un attentat au World Trade Center
de New York
L’idéologie d’al-Qaida est d’ordre apocalyptique
: elle ne vise pas à obtenir quoi que ce soit de l’ennemi
mais simplement à le détruire.
Quand, en 1990, l’Irak laïque de Saddam Hussein, envahit
le Koweït, Ben Laden propose son aide au gouvernement saoudien.
Riyad décline son offre et préfère les troupes
américaines.
Au cours de la première guerre du Golfe, des soldats américains
s’installent en Arabie Saoudite, ce qui représente
pour Ben Laden une profanation des sites les plus saints de l’islam,
notamment La Mecque.
Cet évènement marque la décision de Ben Laden
d’œuvrer contre le satan américain.
Attentat du 11 septembre 2001 à
New York
Ben Laden s’est trouvé un allié de poids en
la personne de Ayman al-Zawahiri, fondateur du Djihad islamique
en Egypte.
Zawahiri est considéré comme le second de l’al-Qaida
mais surtout comme le véritable stratège des attentats
suicides du 11 septembre.
Les deux hommes s’exilent en Afghanistan d’où
ils proclament solennellement, en février 1998, la création
du « Front islamique mondial du djihad contre les juifs et
les croisés (Occidentaux) ».
Dans ce communiqué, ils accusent les Etats-Unis d’occuper
les lieux saints de l’islam et affirment que « tuer
les Américains et leurs alliés civils et militaires
est un devoir individuel pour chaque musulman ».
La structure d’al-Qaida
Al-Qaida n’est pas une société secrète
ordinaire. Elle ne possède aucune structure centralisée,
ni organigramme. C’est en fait une nébuleuse tentaculaire.
Tout au plus, sait-on que l’organisation se compose d’un
conseil consultatif religieux et de quatre comités : militaire,
religieux, financier et médias.
Ben Laden en est le porte-parole et le financier. A ses côtés,
Ayman al-Zawahiri fait office de stratège et de tête
pensante.
Avant la riposte américaine en Afghanistan, en 2001 et 2002,
al-Qaida dispose d’une vingtaine de camps d’entraînement
dispersés sur le territoire.
Un camp d'entraînement en Afghanistan
avant 2001
Elle est liée à d’autres groupes islamistes
du monde entier dont le GIA « Groupe Islamiste Armé
», en Algérie.
Les membres sont soigneusement recrutés. Leur dévouement
est la première condition requise. Ils doivent rompre tous
liens avec leur famille. Un enseignement religieux leur est dispensé
et les non-musulmans y sont présentés comme des mécréants
pour lesquels on ne peut avoir aucune pitié.
Ainsi, on a retrouvé dans le testament de Mohammed Atta,
un des protagonistes des attentats du 11 septembre, une lettre qui
évoque ses futures victimes comme des « ennemis ».
Attentats en 1998
Cette doctrine débouche sur le sacrifice de soi. Un document
émanant d’al-Qaida précise que « le martyre
permet la réalisation de la religion d’Allah tout puissant
sur terre ».
Les principaux attentats liés à
al-Qaida
1993 : premier attentat, à l’explosif, contre le World
Trade Center de New York qui a fait 6 morts
1996 : Attentat à Khobar en Arabie Saoudite contre des cibles
américaines, 19 morts
1998 : Deux explosions à Nairobi, Kenya, et Dar es Salam,
Tanzanie, 224 morts
2000 : Un canot piégé percute l’USS-Cole en
rade d’Aden au Yémen, 17 morts
2001 : Le 9 septembre, le commandant Massoud, opposant de Ben Laden
en Afghanistan, est assassiné par deux faux journalistes,
membres d’al-Qaida. Deux jours plus tard, les attentats du
11 septembre feront 3 000 morts
2002 : Attentats à Djerba contre une synagogue, à
Karachi, à Djakarta et à Bali
2003 : Attentats à Riyad en Arabie Saoudite, au Maroc, à
Bagdad et à deux reprises à Istanbul
2004 : Attentats sanglants de Madrid, 191 morts et 1 400 blessés
2005 : Attentats à Londres, au moins 30 morts et des centaines
de blessés
Au terme de l’intervention militaire américaine en
Afghanistan à la fin 2001, deux tiers des dirigeants d’al-Qaida
ont été tués ou capturés. On a cru alors
le monde délivré de Ben Laden. Or, les attentats ont
continué.
Ben Laden se manifeste régulièrement sur les ondes
pour commenter l’action de ses groupes.
Actuellement, il semble que l’organisation distribue des
sortes de franchises à des groupes islamistes locaux qui
commettent des attentats en son nom.
Ce fut le cas à Londres en 2005. Elle relie à travers
le monde des hommes convaincus qu’il faut lutter contre l’Amérique
et ses alliés occidentaux.
La « base » est devenue une entité insaisissable
et mutante qui peut frapper n’importe où et n’importe
quand.