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Agame des colons

Agama agama est un lézard appelé communément agame des colons ou margouillat. On le surnomme également lézard arc-en-ciel car le mâle peut arborer une tête rouge vif avec un large collier bleu.
Très commun en Afrique, l’agame des colons s’est installé dans les villes et les villages. Cet agamidé est en effet très adaptable dans son milieu naturel. Par contre, il est plus difficile à maintenir en captivité.
Ce lézard est vraiment réservé aux terrariophiles confirmés.

Portrait de l’agame des colons

La coloration varie selon la température, l’humeur et l’origine géographique de chaque individu.
Normalement, le corps est gris. Une zone rougeâtre apparaît au milieu de la queue dont le fond est noir.
Les mâles, surtout dominants, peuvent présenter une vive coloration. Selon les individus, la tête est alors rouge, orange ou jaune. Le collier est bleu vif tandis que le corps, la queue et les pattes sont bleus plus pâles.

Agama agama. Male agame des colons

Agama agama. Mâle agame des colons. By Tambako The Jaguar

Les mâles subordonnés, les femelles et les immatures passent plus inaperçus avec une coloration verdâtre.

Le dos du mâle est surmonté d’une crête avec une rangée de courtes épines. Celle-ci se redresse grâce à des vaisseaux sanguins qui se dilatent quand l’agame se veut menaçant.

La longueur totale varie de 22 à 37 cm (queue comprise). Le mâle est plus long que la femelle.

Agama agama. Agame des colons

Agame des colons. By Wwarby

Comme tous les Agamidés, ce lézard possède une dentition de type acrodonte. Contrairement aux Iguanidés, les dents sont fixées au sommet des maxillaires, et non sur la face interne.

Agama agama possède cinq doigts à chaque patte. Il n’émet aucune vocalise.

Mode de vie

Agama agama possède une aire de répartition qui comprend l’Afrique de l’Ouest et centrale. Il vit dans toutes les régions subsahariennes à tropicales.
Ce lézard a su s’adapter à l’activité humaine en s‘installant près des hommes. Des groupes de plusieurs dizaines d’individus « squattent » les maisons. Ils grimpent le long des murs, montent sur les toits et profitent ainsi des nombreux abris ainsi que des insectes.

Agama agama

Comme tous les lézards, l'agame des colons est un excellent grimpeur. By Mikee Showbiz

Dès le lever du soleil, l’agame des colons s’active à la recherche d’insectes, surtout de fourmis et de sauterelles.
Débordant de vivacité, il bondit et court inlassablement à la poursuite de ses proies. Pour les attraper, il projette hors de sa gueule sa langue fine et gluante à l’extrémité.

Le menu est également composé de termites et de scarabées. Opportuniste, il peut à l’occasion se régaler de petits mammifères, de petits reptiles et de quelques végétaux ou fruits.

Agame des colons ou margouillat

L'agame des colons est également appelé margouillat. By Jackol

L’après-midi, il se repose à l’ombre en attendant la fraicheur du soir.

Les mâles possèdent un territoire qu’ils défendent avec âpreté. Avec de grands mouvements de la tête et du corps, ils cherchent à intimider les intrus.
Si l’intimidation ne suffit pas, le combat s’engage et la robe change de couleur en signe de menace.

Combat entre deux agames des colons

Combat entre deux mâles. By Jason Pratt

Les combats entre mâles sont fréquents et la plupart des mâles perdent une partie de leur queue.
Cette amputation ne les gêne nullement et cela ne les empêchera pas de se battre à nouveau, surtout au moment de la reproduction.

Reproduction

Les femelles atteignent la maturité sexuelle entre quatorze et dix-huit mois et les mâles à deux ans.
Agama agama se reproduit pendant la saison des pluies bien qu'il soit capable de se reproduire tout au long de l'année dans les zones humides.

Gros plan sur Agama agama

Zoom sur la tête d'un agame des colons mâle. By Wwarby

Le mâle s’approche de la femelle et s'incline devant elle. Si elle accepte l’accouplement,  elle arque son dos et relève la tête.
Le mâle saisit son cou et met sa patte sur le dos de la femelle afin de la faire pivoter  pour que les cloaques entrent en contact.
L’accouplement dure habituellement une à deux minutes et chacun repart ensuite de son côté.

La femelle gravide présente des traits rougeâtres sur les flancs. Ovipare, elle dépose entre cinq et sept œufs dans un trou qu’elle creuse avec ses griffes.
Elle choisit un emplacement sablonneux avec un sol humide, exposé à la lumière du soleil mais protégé par des herbes ou du feuillage.

Agama agama

Agama agama est principalement insectivore. By Stig Nygaard

A 29°C, la couvée ne comportera que des mâles et uniquement des femelles si la température varie de 26 à 27°C.

Les jeunes sortent au bout de 8 à 10 semaines. Ils mesurent moins de 4 cm. Dès leur sortie, les nouveau-nés se mettent à la recherche de nourriture.
Ils vivent en solitaire pendant environ 2 mois.
Ensuite, ils intègrent un groupe mené par un mâle dominant accompagné de plusieurs femelles et quelques mâles immatures ou subordonnés.

Si l’un des jeunes veut s’accoupler, il lui faudra vaincre le mâle dominant ou créer son propre territoire.

Agama agama et l’homme

Cette espèce n’est pas menacée. Elle est déconseillée aux terrariophiles débutants car ce lézard supporte très mal la captivité.
Les spécimens vendus ont été prélevés dans la nature. Ils ont dû supporter un voyage éprouvant et arrivent dans un piètre état chez le vendeur.
Nerveux, déboussolé, l’agame se montre agressif et peu maniable.

Agama agama

Agama agama est difficile à maintenir en captivité. By Stig Nygaard

C’est donc une espèce qu’il vaut mieux éviter.

Cependant, si vous craquez quand même pour ce lézard, sachez qu’il lui faut un vaste terrarium semi-arboricole.
Il a besoin de nombreuses cachettes aussi bien en hauteur qu’au sol pour le rassurer.

Points de repères

Température : Jour 35°C (point chaud) et 32°C (point froid). Nuit 26°C (point chaud) et 23°C (point froid)
Humidité : 60 à 70%
UVB et UVA indispensables

Classification: Animalia. Reptilia. Squamata. Iguania. Agamidae. Agama

V. Battaglia (12.01.2009)

 

Références

Reptiles. Agama agama. Editions Proxima 2001
Larousse des animaux. Les lézards. Editions Larousse 2006