L’abeille : une longue évolution
Les premières abeilles sont apparues,
il y a plus de 100 millions d’années,
quand les fleurs ont fait leur apparition.
Les plus anciennes abeilles connues sont parvenues jusqu’à
nous en parfait état de conservation, prisonnières
dans l’ambre.

Un insecte fossilisé
dans l'ambre oligocène de la Baltique.
Licence
Ces insectes vivaient dans l’actuelle région
de la Baltique au cours de l’Eocène supérieur
(environ 70 millions d’années).
Les formes fossiles appartiennent au genre éteint Electrapis.
Ces fossiles sont très proches de l’abeille mellifère
actuelle qui est sophistiquée.
On suppose donc que l’évolution des abeilles
remonte beaucoup plus loin. On ne sait rien de l’ancêtre
commun de tous les Apoïdés.
Les espèces
Il existe plus de 20 000 espèces d’abeilles.
Parmi elles, on distingue celles qui ont adoptées un
mode de vie solitaire et celles qui ont optées pour
un mode de vie en société qui font partie pour
la plupart de la famille des Apidés.
Parmi celles qui vivent en société
:
La famille des Bombinés (Bombinae) : notamment les
bourdons qui sont des abeilles très velues et bien
adaptées au froid
Bourdon. By Eurleif
Il faut distinguer les bourdons des faux-bourdons,
nom donné aux mâles de l'abeille mellifère.
Le bourdon nidifie au sol. Ils remplissent également
un rôle important dans la pollinisation des plantes
à fleurs
Les Trigones et les Mélipones : petites abeilles tropicales
dépourvues de dard
Les abeilles du genre Apis qui ont une organisation
sociale très complexe.

By Joka 2000
Le genre Apis regroupe trois espèces
asiatiques :
- L’abeille géante (Apis dorsata)
- L’abeille naine (Apis florea)
- L’abeille indienne (Apis indica)
Ce genre comporte également l’abeille
mellifère (Apis mellifera) qui est l’abeille
domestique européenne. C’est elle
qui est la plus liée à l’homme
et la plus étudiée.
La fameuse "abeille tueuse" (Apis mellifera scutellata) comme l'ont surnommé les journalistes qui se répand particulièrement en Amérique est le résultat malheureux du croisement entre notre abeille domestique et une sous-espèce sauvage africaine très agressive.
L’organisation sociale
Le nid de l’abeille mellifère, la ruche, renferme
plusieurs catégories d’individus :
Les ouvrières : ce sont
les plus nombreuses. Ce sont des femelles stériles
qui assurent la totalité des tâches non reproductrices
:
- Soigner le couvain (composé des œufs, larves
et nymphes)
- Construire
- Aménager et réparer le nid
- Approvisionner la communauté en nourriture et
matériaux divers
Des ouvrières.
By Bothered By Bees
La reine : elle possède
un abdomen plus long et plus effilée. Elle est reconnaissable
car entourée d’une cour d’ouvrières
qui lui prodiguent soins et nourriture. C’est elle qui
assure le rôle unique de pondeuse.

Une reine. By Aussie
Gall
Les mâles ou faux-bourdons :
ils ne sont présents dans la ruche que pendant la période
de reproduction. Ils se distinguent des ouvrières par
leurs yeux plus gros.

Un mâle. By Aussie Gall
Les mâles : des mal-aimés
Seuls quelques rares élus, parmi les milliers de mâles
d’une société, assureront la fécondation
d’une reine.
Les autres n’ont pas de fonction particulière
et, avant l’arrivée de la mauvaise saison, sont
rejetés du nid vers une mort certaine ou exécutés
à l’intérieur par les ouvrières.
Leurs cadavres sont évacués de la ruche.
Le couvain
Le couvain est constitué par les différents
stades de développement des œufs. Ces œufs
ont été pondus par la reine dans de petites
cellules hexagonales en cire, construites par les ouvrières.
A l’éclosion, ce sont de petites larves voraces
ressemblant à des asticots blanchâtres. Les larves
grossissent.

Les larves grossissent très
rapidement. Licence
A la suite de mues successives, la larve va atteindre le
stade de nymphe, sorte de momie d’abeille qui elle-même
se transformera pour aboutir à l’insecte adulte.
On parle de « métamorphose complète »
de l’abeille.
A l’issue de la dernière mue, dite nymphale,
l’adulte qui émerge, l’imago,
atteint sa taille définitive.

Zoom sur les alvéoles.
By Sir Mildred Pierce
Dans une ruche, les couvains de même stade de développement
sont regroupés dans des cellules mitoyennes.
La reine pond au fur et à mesure dans les cellules
vides. Les cellules restées ouvertes pendant les stades
larvaires sont ensuite closes d’un fin opercule de cire.
La carrière d’une ouvrière
Les ouvrières sont spécialisées dans
plusieurs tâches. Cette division du travail ou «
polyéthisme » est une caractéristique
commune à tous les insectes sociaux.
L’âge est un facteur important
:
Une jeune ouvrière s’occupe surtout des tâches
ménagères à l’intérieur
de la ruche : évacuation des déchets, nettoyage
du couvain.
A partir du 3ème jour de vie adulte, elle se transforme
en nourrice. Des modifications physiologiques importantes
s’effectuent. Des glandes dites « mammaires »
se développent et produisent la gelée royale.
Les larves en sont nourries durant les trois premiers jours
de leur croissance ainsi qu’avec un mélange de
miel et de pollen.
By Thesix
Elles donneront,
ainsi nourries, de futures ouvrières.
Une larve, uniquement nourrie de gelée royale, produira
une nouvelle reine.
Vers le 10ème jour, les glandes mammaires s’atrophient.
La nourrice devient alors femme d’entretien. C’est
à cette période que dans la partie inférieure
de son abdomen se forment d’autres glandes qui sécrètent
la cire.

By Thesix
Pendant une semaine, les glandes travaillent à plein
temps. L’ouvrière se fait bâtisseuse. Elle
participe à la construction des cellules formant les
rayons.
Certains servent au stockage de la nourriture, d’autres
abritent le couvain.
Avant le 20ème jour, les glandes cirières régressent.
L’ouvrière bâtisseuse devient
gardienne à l’entrée de la
ruche.
Elle deviendra après quelques temps butineuse.

By Aussie
Gall
Quand elle aura l’expérience de
la vie extérieure, elle se spécialisera
dans une mission.
Certaines butineuses ne visitent qu’une
seule sorte de fleur pour être plus efficace
dans leur récolte.
Caractéristiques et longévité
Comme chez tous les insectes, le corps d’une abeille
est composé de trois parties distinctes :
- La tête
- Le thorax
- L’abdomen
Ces trois yeux simples, ocelles, servent à analyser
l’intensité lumineuse. Associés
aux yeux composés, ils offrent un champ
de vision proche de 360°.

By Max xx
Sur la surface des antennes sont disposées des structures
microscopiques qui servent de récepteurs chimiques.
Les pattes antérieures sont dotées d’un
crochet qui sert à nettoyer les antennes afin de toujours
maintenir le contact entre congénères. Ce sont
les pattes médianes qui possèdent une épine
servant au décrochage des pelotes de pollen. Les pattes
postérieures sont, elles, munies de poils courts qui
servent de brosse pour enlever le pollen qui recouvre le corps
de l’ouvrière.
By Sashomasho
Seule les femelles ont un aiguillon, situé à
l’extrémité de l’abdomen. Il est
relié à la glande à poison.
Une abeille peut voler à 30 km/h. Une ouvrière,
née l’été, ne vit que
50 jours environ car elle se tue à la tâche.
Sa sœur, née en automne, peut vivre
6 mois car l’activité est moins importante.
Un mâle ne vit qu’environ 50 jours.
La reine, quant à elle, peut vivre 5 à
6 ans.

By Aussie
Gall
La couleur varie selon les espèces. On peut citer
l’abeille noire (Apis mellifera mellifera) qu’on
trouve en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne ; l’abeille
italienne (Apis mellifera lingustica) qui est plus rousse
; l’abeille carnolienne (Apis mellifera carnica) élevée
dans les Alpes et en Europe de l’est qui est plus claire.
La reproduction
La reine stérilise chimiquement ses ouvrières.
Elle produit une sécrétion ou phéromone
appelée « substance royale ».
Les ouvrières absorbent cette substance lors des léchages
et échanges alimentaires (trophallaxies).
Cette substance sucrée est très attractive pour
les ouvrières d’où cette cour autour d’elle.
De plus, elle sert de carte d’identité à
chaque reine. Aucune ne sécrète la même.
La phéromone royale bloque le développement
ovarien des ouvrières. Cette stérilisation cesse
si la reine disparaît.
Si c’est le cas, les ouvrières peuvent à
nouveau pondre. Mais, elles ne feront que des
mâles. Cette bizarrerie de la nature, par
laquelle une cellule sexuelle femelle donne un
mâle, caractérise les Hyménoptères.

By Clownfish
Les ouvrières gavent de gelée royale les larves
afin qu’elles donnent de nouvelles reines. Les jeunes
reines n’hésitent pas à s’entretuer
pour accéder au pouvoir si elles sortent en même
temps de leurs cellules.
Sinon la première à sortir massacre celles qui
sont encore dans leur cellule.
Ainsi, la nouvelle reine attire les mâles grâce
à la phéromone afin d’être fécondée.
Un vol nuptial unique s’effectue entre la reine et plusieurs
faux-bourdons. Pour les mâles, le plaisir est de courte
durée. La reproduction se termine, pour eux, par un
abdomen arraché et une mort rapide.
La récolte du pollen et du nectar
Les abeilles s’éloignent par fois considérablement
de la ruche pour récolter le pollen et le nectar.
Le nectar est un liquide sucré, sécrété
par les plantes alors que le pollen est une fine poussière
produite par les organes mâles des fleurs, les étamines.
Sa fonction est d’atteindre l’organe femelle des
fleurs, le pistil, et de féconder l’ovule.
Quand une butineuse arrive sur une fleur, elle aspire avec
sa trompe le nectar. Le liquide est stocké dans un
réservoir spécialisé appelé le
jabot.

By Barnoid
Pour le pollen, elle gratte les étamines de la fleur.
Là, avec sa bouche, elle l’humecte de quelques
gouttes de nectar régurgitées. Elle fabrique
ainsi une boulette de pollen bien collante.
Tout en volant, elle fait passer cette boulette jusqu’à
ses pattes arrière. Une structure en creux, la corbeille,
permet de recueillir le précieux chargement.
Elle peut ainsi se constituer deux pelotes de pollen.
By Bothered
by Bees
De retour à la ruche, elle dépose son chargement
de pollen dans les cellules de stockage et le nectar, qu’elle
régurgite, sera ensuite transformé en miel.
L’abeille assure la pollinisation de nombreuses plantes
en faisant ses récoltes.
La danse de l’abeille
Quand une butineuse trouve une source alimentaire particulièrement
intéressante, elle communique sa trouvaille à
ses congénères en pratiquant une danse que l’on
a décryptée.
Elle revient à la ruche en ligne droite puis régurgite
une partie de sa récolte de nectar. Là,
elle exécute une séries de mouvements
stéréotypés. Elle frétille
de l’abdomen puis effectue un rapide demi-cercle.
Elle refait le trajet frétillant et fait
un demi-tour mais en sens inverse.

By Tim &
Selena Middleton
Elle refait cette chorégraphie pendant plusieurs minutes
tout en émettant des vibrations sonores avec ses ailes.
Les ouvrières, attirées par son manège,
finissent par la suivre et reproduisent la danse. Tout à
coup, elles quittent la ruche et se rendent au lieu précisé
par l’éclaireuse.
On sait que l’axe du trajet frétillant indique
une direction par rapport au soleil. Les distances
sont indiquées en fonction de la rapidité
des frétillements. Plus ils sont rapides,
plus la source alimentaire est proche.

By Foto Dawg
Les odeurs qu’elle véhicule renseignent sur
la nature de la trouvaille.
Il s’agit d’un vrai langage entre abeilles.
Le miel et la cire
Les abeilles sont friandes de toutes les substances sucrées.
Elles récoltent par exemple le miellat qui tombe sur
les feuilles des arbres. Le miel de sapin, tant apprécié,
n’est rien d’autre qu’un produit dérivé
des excréments de pucerons.
Le miel résulte d’un processus complexe. Pour
simplifier, il faut savoir que le nectar subit des modifications
chimiques sous l’action des sucs digestifs.
Il est partiellement déshydraté puis à
nouveau ingurgité pour faire des allers-retours entre
la bouche et le jabot.
A l’issue de cette série de malaxages et sous
l’effet de certains enzymes, le nectar se
transforme en une pâte moins fluide.

By Sashomasho
La pâte est stockée à l’intérieur
des cellules et poursuit sa lente transformation en miel.
Il constitue l’aliment de réserve de la ruche
pendant l’hiver.
Les premiers documents faisant référence à
l’apiculture remontent à l’Egypte
antique. Mais, les bienfaits du miel étaient
déjà connus de nos ancêtres.
Une gravure rupestre, dans la grotte de l’Araignée
en Espagne, représente une scène
où un homme entouré d’abeilles
récolte le miel d’une ruche sauvage,
il y a plus de 8 000 ans.

By Toholio
Pendant des millénaires, la cire était la seule
matière ayant des propriétés plastiques.
Elle servait notamment à sceller les bouteilles et
récipients.
Elle a ensuite été utilisée pour l’éclairage
domestique. Ce n’est qu’au 19e siècle qu’on
lui a trouvé des produits de substitution.
Actuellement, le pire ennemi des abeilles sont les pesticides
et tous les traitements insecticides.
V.B (01.2005)
Classification abeille domestique
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Sous-classe Pterygota
Infra-classe Neoptera
Super-ordre Endopterygota
Ordre Hymenoptera
Sous-ordre Apocrita
Super-famille Apoidea
Famille Apidae
Sous-famille Apinae
Genre: Apis
Espèce: Apis mellifera
Référence bibliographique et crédit photographique
L'Abeille, collection Marshall Cavendish 1993
Les photos, sauf mention contraire, sont sous licence creative commons
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